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XVIIIe Dimanche du Temps Ordinaire – A- «Donnez-leur vous-mêmes à manger» Textes: Is 55,1-3; Ps 144 (145), 8-9,15-16, 17-18; Rm 8, 35.37-39; Mt 14,13-21

Après avoir reçu la nouvelle de la mort de Jean le Baptiste, Jésus se retire dans un endroit désert. Plusieurs fois, en effet, nous retrouvons Jésus dans des lieux déserts, immergé dans la prière, dans la recherche de la volonté du Père. Il s’agit là d’une priorité, pour avoir la lumière et la force nécessaires dans l’action missionnaire quotidienne. Mais les priorités de Jésus ne sont jamais dictées par son «agenda». Les projets personnels, même s’ils découlent de la sagesse et de l’amour, ne sont jamais des tyrans. «L’agenda» de Jésus, lui aussi, est soumis à la volonté du Père, à la manifestation de son amour. Et la volonté du Père se manifeste aussi dans les situations changeantes de la vie quotidienne, dans les rencontres occasionnelles, dans les imprévus. C’est ainsi que Jésus montre à ses disciples qu’il faut être toujours prêt à abandonner nos bons projets et nos attentes légitimes, quand il s’agit de faire face aux imprévus de la charité.
Et voilà cet imprévu de la charité qui se manifeste tout d’un coup: la foule est là, elle a rejoint Jésus dans cet endroit désert. Assoiffés, ils cherchent le Seigneur, ils ont envie de le voir, de l’écouter, de le suivre. Là, c’est la priorité de l’amour sur l’agenda! Jésus observe cette foule, et est saisi de compassion pour elle.
La compassion de Jésus n’est pas tout simplement de la pitié humaine. Selon le sens le plus profond et original de ce mot, compassion signifie souffrir avec quelqu’un, en prenant sa place. Et la compassion de Jésus fait partie du mystère de l’incarnation: il est venu prendre nos infirmités et nos faiblesses, il les connaît, il les éprouve, il les rédime. Quand Jésus voit la foule, dans sa compassion il connaît parfaitement ce dont ces gens ont besoin, il le sait encore mieux qu’eux-mêmes. Avant sa puissance, c’est sa compassion qui va donner à la foule un grand signe de l’amour de Dieu.
Mais avant de passer à l’action et d’accomplir ce grand signe de révélation et d’amour, la compassion de Jésus a encore une chose à faire: les disciples sont là et il faudra les aider à mieux comprendre l’événement qui va se passer et qui changera leur perspective sur leur mission. Le soir venu, ils ont leur solution: il faut aller manger quelque chose, que chacun se débrouille! «Seigneur, renvoie la foule». Et alors Jésus, tout d’abord, appelle ses disciples à changer leur perspective: «Donnez-leur vous-mêmes à manger».
Dans ce commandement, il y a une grande révélation pour les disciples. Bien sûr, ils n’ont aucune idée sur la possibilité d’accomplir l’invitation que Jésus vient de leur donner. Comment donner à manger à cinq mille personnes? Mais le commandement de Jésus, ne demande pas tout d’abord aux disciples de trouver une solution possible. En effet, il n’y aurait aucune solution possible. Le commandement de Jésus impose tout d’abord aux disciples de prendre soin de la foule, de se mettre à sa place. Par son commandement, Jésus appelle les disciples à la compassion. Il semble nous dire: souvent dans votre mission, vous n’aurez pas de solutions possibles aux nécessités de la foule; que vous ne pensiez pas alors de n’avoir plus rien à faire pour elle; que sa nécessité, même si elle est insoluble, soit votre nécessité. La compassion est à la base de toute solution. Peut-être que vous ne trouverez pas de solution, si cela ne dépend pas de vous-mêmes; mais vous ne pourrez jamais renoncer à la compassion: cela dépend bien de votre cœur et de votre amour. Et peut-être que, dans la compassion, vous trouverez une solution aussi.
Mais pour arriver à la solution liée à la nécessité de la foule, Jésus montre encore deux conditions: avec la compassion, il faut aussi le partage et la prière. Cinq pains et deux poissons: cela n’est rien pour cinq mille personnes. Mais Jésus demande aux disciples de les lui apporter. Jésus ne nous demande pas de partager tout ce qui serait nécessaire pour résoudre les problèmes de la foule – nous ne l’aurions jamais – mais de partager ce que nous avons. Et c’est le partage de notre pauvreté qui devient l’instrument de la bénédiction de Dieu.
La compassion et le partage sont offerts au Seigneur dans la prière. En levant les yeux au Père, en prononçant sa bénédiction, il multipliera toujours les pauvres ressources de notre amour.
P. Francesco BRANCACCIO

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

21 janvier 2021 8 h 52 min

Editorial

Quand commencent les guerres

C’est une lapalissade : tous les événements de notre pays ont, comme tous les faits sociaux, un début et une fin. Mais ils ont surtout une cause et des acteurs. La cause peut être bonne, les acteurs mauvais. La cause peut avoir une finalité noble, mais son déroulé se faire dans la douleur. Au bout de tout, il y a le ressenti de ce qui devait être, de ce qui aurait dû être.

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