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VIE DES PARTIS : Bonaventure Mbaya appelle à ne pas parler de «mbochisation» du pouvoir

VIE DES PARTIS : Bonaventure Mbaya appelle à ne pas parler de «mbochisation» du pouvoir

Président de la Convergence citoyenne, parti situé à l’opposition, membre de la Fédération de l’opposition congolaise (FOC), Bonaventure Mbaya était en face de la presse le 31 janvier dernier. A l’occasion de la rentrée politique de son parti, il a lancé un vibrant appel à tous les anciens des Forces du changement de la Conférence nationale souveraine ainsi qu’à tous les fidèles partisans de Bernard Kolelas, d’André Milongo, de Pascal Lissouba, de Charles David Ganao, de Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, ainsi qu’à tous les déçus du PCT qui souhaitent une meilleure gouvernance nationale, de se retrouver au nom de l’unité nationale pour sauver le Congo.

Pour Bonaventure Mbaya, le constat sur l’état des lieux du Congo demeure catastrophique pour l’ensemble de la nation, malgré la signature de l’accord avec le FMI, en juillet 2019. Il estime que le bilan de l’année 2019 vient de confirmer la mauvaise gouvernance du Congo à travers la mauvaise volonté du pouvoir en place à prendre des initiatives crédibles pour décrisper la situation politique nationale et son incapacité à s’engager dans les réformes recommandées par les partenaires multilatéraux du Congo pour redresser la situation économique et sociale du pays.
Bonaventure Mbaya relève cependant que la confirmation de la mauvaise gouvernance du Congo en 2019, sanctionnée par la suspension de l’accord avec le FMI et le rejet du dossier du Congo lors du dernier Conseil d’administration du Fonds monétaire International est amplifiée par la déception et le niveau de mécontentement des Congolais, vis-à-vis du pouvoir en place.
Cette mauvaise gouvernance, selon lui, «contribue gravement à la division des Congolais et à l’indexation de nos frères Mbochis par une majorité de nos compatriotes qui dénoncent une Mbochisation de l’Etat et du pouvoir qui serait à l’origine de cette mauvaise gouvernance génératrice de la crise qui fait souffrir tous les congolais».
Et d’ajouter: «La Convergence citoyenne, associée à l’alliance social-démocratie du Congo, a conscience que cette Mbochisation n’est que l’œuvre de quelques cadres Mbochis détenteurs du pouvoir d’Etat, qui ont choisi d’instrumentaliser leur ethnie d’origine pour gérer le pouvoir d’EtaT, mais qu’en réalité cette politique ne profite pas à tous nos frères Mbochis. Nous avons les preuves que de nombreux compatriotes Mbochis et d’autres ressortissants du nord du Congo sont également victimes, comme tous les autres compatriotes, de cette mauvaise gouvernance», a-t-il précisé.
Le président de la Convergence citoyenne a rappelé que cette mauvaise gouvernance a également permis à ses animateurs au pouvoir de mettre en place la politique de l’achat des consciences et du diviser pour régner. «Ils ont ainsi réussi à atomiser tous les grands partis démocratiques issus de la Conférence nationale souveraine, en y créant et en y soutenant des tendances favorables au pouvoir, qui ont fini par faire imploser ces partis. Le MCDDI, l’UDR-MWINDA, l’UPADS, l’UFD et le RDPS ont connu cette situation avec l’existence en leur sein de toutes les tendances qui ont trahi la vision et l’esprit des fondateurs de ces partis. Ces tendances ont fini par rejoindre le PCT ou la majorité présidentielle après avoir marginalisé et contribué à affaiblir les tendances restées fidèles à la vision et à l’esprit des grands leaders fondateurs de ces grands partis», a expliqué Bonaventure Mbaya.
La persistance de cette mauvaise gouvernance et la crise qu’elle a engendrée, a-t-il poursuivi, «ont causé un grand désastre national sur tous les plans. Ce désastre, qui a porté un coup dur à la concorde et à l’unité nationale, exige une solution immédiate pour mettre un terme à la souffrance collective des Congolais. Pour les besoins de cette solution à la crise actuelle du Congo, il est indispensable que les forces conscientes des conséquences de la mal gouvernance du pays puissent se retrouver dans un cadre consensuel pour envisager les conditions du changement et de la rupture par rapport à la mauvaise gouvernance actuelle».
Dans cette optique, il a lancé un appel à tous les anciens des Forces du changement de la Conférence nationale souveraine ainsi qu’à tous les fidèles partisans de Bernard Kolelas, d’André Milongo, de Pascal Lissouba, de Charles David Ganao, de Jean-Pierre Tchystère-Tchicaya, ainsi qu’à tous les déçus du PCT qui souhaitent une meilleure gouvernance nationale. «Retrouvons-nous ensemble, au nom de l’unité nationale pour sauver le Congo», a-t-il proposé.
Il a, en outre, réaffirmé la fidélité de son parti, Convergence citoyenne, et de l’alliance social-démocrate aux valeurs de paix, de démocratie, de liberté, de solidarité et de justice sociale. «Valeurs qui fondent la social-démocratie, doctrine que nous avons en partage au sein de la grande famille socialiste et progressiste mondiale et à laquelle nous sommes si fortement attachés», a-t-il soutenu.
Face au danger de déstabilisation qui guette et menace le pays et toute la sous-région d’Afrique centrale, «nous n’avons jusqu’à ce jour ménagé aucun effort pour un véritable dialogue national inclusif, seul cadre crédible pour aboutir à un compromis politique, positif et constructif», a-t-il affirmé.
Tout en reconnaissant la pertinence et le bilan fondés de la nécessité d’un dialogue national inclusif, le président de la Convergence citoyenne a souligné que les Congolais s’accordent préalablement sur le concept du dialogue national inclusif dont il est question. Parce que selon lui, le pays a connu sept dialogues sous l’égide du PCT: «Tous ces dialogues n’ont en définitive été que des occasions marquées pour la réconciliation nationale. Ces différents dialogues ont plus contribué à réinstaller le PCT comme parti-Etat, à consolider le pouvoir en place dans sa mauvaise gouvernance et à anéantir les avancées démocratiques mises en place par l’historique conférence nationale souveraine et par la transmission en 1991 et 1992 ».

Pascal AZAD DOKO

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Heure de Brazzaville

29 septembre 2020, 16: 57

Editorial

UNE PRESSE LIBRE ?

A l’approche des échéances électorales, nous avons été rappelés à l’ordre : que les médias ne servent pas de porte-voix aux ambitions de haine et aux antagonismes des partis politiques. Le Conseil supérieur de la liberté de communication de qui émane ce rappel semble sincère. Son interpellation semble partir du désir de bien faire. Dans la salle où il avait réuni les journalistes mardi dernier, aucun confrère n’a voulu poser de question à la fin de l’exposé.

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