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PROJET DE MODIFICATION DE LA LOI ELECTORALE : Guy-Brice Parfait Kolélas parle d’ un «déni de démocratie»

PROJET DE MODIFICATION DE LA LOI ELECTORALE : Guy-Brice Parfait Kolélas parle d’ un «déni de démocratie»

L’avant-projet de loi complétant et modifiant certaines dispositions de la loi électorale suscite suspicions et interrogations de l’opposition. Le président de l’Union des démocrates humanistes-Yuki (UDH-Yuki), Guy Brice Parfait Kolélas, par exemple, a évoqué la question lors d’un point de presse animé dimanche 9 août dernier à Brazzaville. Il s’est interrogé sur les objectifs réels de certaines nouvelles dispositions de cet avant-projet et a dit son opposition à un «déni de démocratie».

L’opposant a rappelé que samedi 8 août dernier, le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou a déposé au Parlement, pour examen et adoption, un avant-projet de loi électorale contenant plusieurs dispositions qui violent, selon lui, la constitution du 25 octobre 2015, notamment le vote par anticipation des agents de la Force publique et l’établissement d’une liste électorale spéciale.
Les arguments du Gouvernement justifiant ces deux dispositions ne convainquent pas Guy Brice Parfait Kolélas. Pour lui, l’article 89 règle le problème des agents de la Force publique, qui ont toujours exercé leur droit de vote: «(…) Toutefois sous réserve du contrôle de leur pièce d’identité, de leur carte d’électeur et de leur titre de mission, sont admis à voter en dehors de leurs lieux d’inscription, les fonctionnaires civils et militaires, les magistrats en missions et toute autre personne en déplacement pour raison de service ou de campagne électorale». Et l’opposant de trancher: «Rien donc, ne justifie ni le vote par anticipation de la force publique, ni la mise en place d’une liste électorale spéciale des militaires, gendarmes et policiers. Rien absolument rien ne justifie cela, sinon que le désespoir de perdre les élections présidentielles de mars 2021».
Le président de l’UDH-Yuki a par ailleurs relevé deux faits. Primo: le Président de la République, président du comité central du PCT, pressenti candidat de ce même parti à l’élection présidentielle de 2021, est en sa qualité de chef suprême des armées le patron de la Force publique pour laquelle, ce projet de loi instruit l’établissement d’une liste spéciale pour le vote des agents de la Force publique. Secundo: le ministre de l’Intérieur est également membre du Parti congolais du travail (PCT).
Au regard des faits sus relevés, Guy Brice Parfait Kolélas estime que «le Président de la République et le ministre de l’Intérieur, tous deux membres du PCT, parti au pouvoir, manifestent l’intention d’utiliser à des fins personnelles et électorales les agents de la Force publique» et ce en violation de l’article 205 de la constitution. Et le jeu électoral, pense-t-il, risque d’être faussé: «Si nous acceptons, aujourd’hui, l’établissement d’une liste d’enrôlement spéciale des agents de la Force publique et admettons en même temps le vote par anticipation des militaires, gendarmes et policiers sous prétexte de leur laisser une marge pour mieux sécuriser les élections le jour du scrutin, nous validerons alors la fraude par le double vote et le bourrage des urnes au profit du candidat du PCT. Car nous ne connaissons pas les effectifs réels des agents de la Force publique, d’autant plus que la biométrie n’a jamais vu le jour. (…) Chers compatriotes le pouvoir veut encore vous voler la victoire comme en mars 2016. C’est un déni de démocratie».
L’article 5 de la constitution du 25 octobre 2015 stipule que «la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce au moyen du suffrage universel, par ses représentants élus ou par voie de référendum. Aucune fraction du peuple, aucun corps de l’Etat ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice». Mais, regrette Guy-Brice Parfait Kolelas, ces mêmes élus s’apprêtent à voter un projet de loi qui ‘’consacrera la confiscation du pouvoir par le PCT et sa majorité présidentielle’’. «Nous devons arrêter cette mascarade, mieux cette tricherie politique en demandant aux mandants d’exiger une descente spéciale des élus nationaux dans leurs circonscriptions respectives afin qu’ils viennent s’expliquer devant eux sur les tenants de ce projet et recueillir desdits mandants le sens de leur vote à l’assemblée nationale (…)», a-t-il fulminé.
S’adressant au ministre de l’Intérieur, au secrétaire général du PCT, et aux cadres politiques et élus de la majorité présidentielle, Guy-Brice Parfait Kolélas a dit: «Le Congo notre pays plonge inexorablement dans l’abîme des incertitudes économiques, sociales et politiques. L’avenir des Congolais est sombre. C’est devant ce constat que dans un passé récent nous vous avions proposé un compromis politique historique où il n’y aurait pour seul vainqueur que le peuple congolais. Vous l’avez rejeté pour recourir donc à une manipulation de la loi électorale qui ne vous honore pas. Qu’avez-vous fait des conclusions des concertations politiques qui se sont tenues à Ewo, Ouesso, Dolisie et Sibiti ?». C’est pourquoi il revient, selon Parfait Kolélas, «à l’opposition politique congolaise et toutes les forces vives de la nation d’en tirer toutes les conséquences».

Pascal AZAD DOKO

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

1 décembre 2020 16 h 22 min

Editorial

Tout est réglé

Il y a une jurisprudence africaine en matière d’élections. Au moment où nos délégués s’apprêtent à quitter Madingou après leur participation à la concertation politique de Madingou, il ne serait pas inutile de rappeler que, en principe, c’est pour mieux préparer la présidentielle de mars prochain que cette rencontre de trois jours a eu lieu. Mieux préparer, c’est-à-dire ôter sur le chemin de ce scrutin majeur les obstacles qui pourraient conduire à la contestation des résultats.

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