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POLITIQUE : Portrait de quelques femmes leaders en Afrique centrale

POLITIQUE : Portrait de quelques femmes leaders en Afrique centrale

Dans le combat politique ou du développement, les femmes d’Afrique centrale sont loin de s’être cantonnées dans des rôles de figurantes. Parmi elles: Catherine Samba-Panza de Centrafrique, Edith Lucie Bongo-Ondimba du Congo, Rose Francine Rogombé, Marie-Madeleine Mborantsuo et Rose Christiane Ossouka Raponda du Gabon. Dans leur engagement, ces femmes accompagnent au quotidien la vie de la région connue naguère sous le nom d’Afrique équatoriale française (AEF).

Grandes figures de la politique et des affaires publiques, elles ont marqué pour certaines et continuent encore de marquer pour d’autres leur époque. Même si la question de la parité homme-femme demeure un vieux débat, ces femmes comme beaucoup parmi elles aujourd’hui et avant, se positionnent sérieusement dans les sphères qui les occupent.
Catherine Samba-Panza est sous le feu des projecteurs ces jours-ci, avec son intention de briguer en indépendante la prochaine présidentielle de fin décembre 2020 dans son pays. Pendant longtemps, elle affirmait pourtant ne pas avoir la fibre politique. Si sa candidature est retenue, elle fera face au chef de l’Etat actuel, Faustin Archange Touadéra, qui s’est déjà prononcé pour un second mandat.
Présidente de transition en Centrafrique du 23 janvier 2014 au 30 mars 2016, celle qui est née d’un père camerounais et d’une mère centrafricaine grandit à Bangui où son oncle maternel, diplomate, fut son tuteur. De confession chrétienne, elle parle français et arabe et entame des études de droit en France. Née le 26 juin 1954 à Fort-Lamy (actuellement N’Djamena) au Tchad, Catherine Samba-Panza fut chef de l’Etat au lendemain de la période tumultueuse qui a vu successivement le renversement de François Bozizé puis de Michel Djotodia.
Elle est détentrice de divers diplômes: une licence en sciences de l’information et de la communication, ainsi qu’un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en droit des assurances obtenus à l’université Panthéon-Assas (Paris II). Dans les années 1990, à Bangui qui coïncide avec l’entame de sa carrière politique, elle fonde et dirige une société de courtage en assurance.
Militante, actrice de proue de la société civile, elle a également été formatrice en droits humains au sein du programme Afrique d’Amnesty international. En 2003, peu après le coup d’Etat de François Bozizé, elle co-préside le dialogue national. Deux mois après le renversement du régime de celui-ci par la SELEKA, en mai 2013, elle est nommée maire de Bangui par le nouveau régime. Visiblement, elle n’a jusqu’ici été affiliée à aucun parti politique.
Autre femme du genre, Edith Lucie Bongo-Ondimba a elle aussi fait sensation en politique. Venue du Congo, pays dirigé de 1979 à 1992 puis depuis 1997 par son père Denis Sassou-Nguesso, c’est plutôt au Gabon que l’ex-Première dame a le plus émergé aux côtés de son époux Omar Bongo-Ondimba. Médecin formé à l’Institut national des sciences de la Santé (INSSA), l’actuelle Faculté des sciences de la Santé (FSSA) de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, elle ne s’est pas contentée que de son privilège de fille de président ou d’enfant vivant au Palais. Née le 10 mars 1964 à Brazzaville et décédée le 14 mars 2009, elle s’est distinguée par un travail laborieux et a été une référence intellectuelle mondialement reconnue. Titulaire d’une thèse de doctarat sur les maladies infantiles, nombreuses sont les œuvres caritatives qu’elle a léguées à la postérité au Congo et au Gabon. A Oyo dans le département de la Cuvette, se dresse avec fierté la nouvelle église Notre-Dame de l’Assomption construite après sa mort qui fait partie de ses rêves et inspirations.
Elle participe à la création en 2003 de l’Organisation des Premières dames d’Afrique contre le sida (OPDAS), dont elle fut la toute première présidente. Elle était membre de l’association Médecins du monde et s’est vu décerner la médaille de Reconnaissance des laboratoires Mérieux, le 31 mai 1996, à Libreville. Elle a également été distinguée, à titre posthume, de la reconnaissance de la société ENI pour son action contre le sida.
A côté de ces deux premières se dressent trois Gabonaises de haute stature. D’abord, Rose Francine Rogombé, qui a vu le jour le 20 septembre 1942 à Lambaréné et morte le 10 avril 2015. Juriste et femme d’Etat, elle était membre du Parti démocratique gabonais (PDG). Présidente du Sénat entre 2009 et 2015 elle a, à ce titre, exercé les fonctions de Présidente de la République par intérim de juin à octobre 2009 à la suite du décès d’Omar Bongo-Ondimba.
Après ses études à la Faculté de droit de Nancy (France), elle devient magistrate au Gabon. Elle entre au gouvernement en tant que secrétaire d’Etat à la promotion de la Femme. Elle quitte la politique durant la transition vers le multipartisme au début des années 1990 et se consacre au droit. Elle devient vice-présidente de la Cour criminelle spéciale. Elle fut conseillère municipale à partir d’avril 2008 et sénatrice du 1er arrondissement de Lambaréné, chef-lieu du Moyen-Ogooué le 1er janvier 2009. «L’expropriation pour cause d’utilité publique au Gabon», est l’une de ses publications en 1970.
Marie-Madeleine Mborantsuo, dite «3M», née le 18 avril 1955 à Franceville, est une autre magistrate. Elle est présidente de la Cour constitutionnelle depuis sa création en 1991. Après son baccalauréat en 1975, elle décroche une maîtrise de droit à l’université de Libreville puis est intégrée au corps de la magistrature, comme auditrice à la Chambre des comptes de la Cour suprême. En 1983, à l’âge de 28 ans, elle est nommée présidente de cette juridiction, qu’elle contribue à organiser, à la demande du Président Omar Bongo, sur le modèle français. En 1990, alors que le Président Omar Bongo autorise des réformes démocratiques, elle est membre de la Commission des institutions, chargée de repenser les institutions. Elle participe ainsi à élaborer la Constitution transitoire de 1990, qui instaure le multipartisme.
L’actuelle Première ministre a quant à elle été nommée le 16 juillet de cette année par le Président Ali Bongo Ondimba. Rose Christiane Ossouka Raponda, née en 1964 à Libreville est économiste de formation et issue du système Bongo. Elle est la première femme à assumer ce poste dans son pays. C’est une habituée de la scène politique gabonaise. Elle diplômée de l’Institut gabonais de l’Economie et des finances. Après avoir été directrice générale adjointe de la banque de l’habitat du Gabon, elle fait ses débuts au sein de l’exécutif en 2012, en devenant ministre du Budget sous le gouvernement de Raymond Ndong Sima. Puis, en 2014, elle remporte la mairie de Libreville sous l’étiquette du parti présidentiel, le PDG, devenant ainsi la première femme à ce poste. A la suite de la tentative de coup d’Etat de janvier 2019, elle accède au poste de ministre de la Défense qu’elle a exercé jusqu’à sa nomination à la tête du Gouvernement.
Agée de 56 ans, elle bénéficie du soutien de la présidente de la Cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo, et est proche de la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba. Son nom aurait même déjà été évoqué pour le poste de Première ministre lors du remaniement ministériel de janvier 2019.

Aristide Ghislain NGOUMA

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Heure de Brazzaville

25 septembre 2020, 03: 49

Editorial

MUTATIONS?

Ni les quatre ans passés depuis les dernières élections, ni la période de confinement que nous venons de subir ne semblent avoir prise sur nous. Oui, nous nous plaignons bien des gênes occasionnées par les masques contre la COVID-19, dénonçons l’inutilité du couvre-feu nocturne, donnant à voir l’impossibilité à maintenir une distanciation dans les marchés, les guichets et les quartiers. Mais dans la réalité, l’impact profond que nous étions en droit d’attendre d’un tel chambardement du monde a du mal à se dessiner.

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