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MICHEL MAMPOUYA, COORDONNATEUR DE L’INITIATIVE POUR LA DÉMOCRATIE AU CONGO (IDC) : «L’IDC n’est ni silencieuse, ni inerte»

MICHEL MAMPOUYA, COORDONNATEUR DE L’INITIATIVE POUR LA DÉMOCRATIE AU CONGO (IDC) : «L’IDC n’est ni silencieuse, ni inerte»

Président du Parti pour la sauvegarde des valeurs républicaines (PSVR) et coordonnateur de l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), une plateforme politique membre de la Fédération de l’opposition congolaise (FOC), Michel Mampouya a, dans cette interview, évoqué l’état de santé de leur compagnon Jean Marie Michel Mokoko et de la tenue prochaine de la session extraordinaire du Conseil national de l’IDC. Il a indiqué que cette fois-ci, ils ont choisi de privilégier le contact direct avec les institutions du régime. « Au cours de son Conseil national, l’IDC va apprécier l’aboutissement heureux ou non de notre démarche commune et en tirer les conséquences», a déclaré Michel Mampouya.

*Monsieur le coordonnateur de l’IDC, on n’entend plus parler de votre groupement politique. Pourquoi ce silence?
**Je vous remercie pour la question. L’IDC n’est ni silencieuse, ni inerte. Nous menons notre combat pour la démocratie et l’alternance au pouvoir dans un contexte de graves restrictions et privations des libertés fondamentales, comme en témoigne l’interdiction de la marche pacifique projetée par la société civile, il y a quelques jours à Brazzaville, afin d’exiger des meilleurs soins médicaux à l’étranger pour Jean Marie Michel Mokoko.
* Ne pensez-vous pas que cette interdiction est liée à la protection de la population contre la COVID-19 ?
** La protection de la population contre la COVID-19 est un faux prétexte utilisé abusivement par le pouvoir. Car bien encadrée, cette manifestation aurait mieux respecté les mesures de protection que ce que nous observons dans les marchés, transports publics ou les assemblées politiques tenues dans nos arrondissements par le Parti congolais du travail (PCT).
Toutefois, l’IDC qui agit toujours en cohésion avec le directoire de la Fédération de l’Opposition congolaise va tenir une session extraordinaire du Conseil national, ce vendredi 23 juillet 2020, consacrée à la gouvernance générale de notre pays, qui est saigné à blanc et livré à l’incertitude des lendemains. Plus personne n’ignore que la pandémie de la COVID-19 n’est qu’une cause aggravante de la crise nationale aigüe et multidimensionnelle, qui perdure depuis de nombreuses années de règne du régime actuel.
*Comment l’IDC se préoccupe-t-elle de la situation de votre compagnon, Jean Marie Michel Mokoko?
**L’IDC est très affectée par l’état de santé toujours préoccupant de notre compagnon Jean Michel Marie Mokoko. Vous savez bien que notre fédération de l’opposition congolaise compte deux de ses leaders dans les geôles du pouvoir : Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sans oublier les autres prisonniers d’opinion qui y croupissent au péril de leur vie en ces temps de pandémie de COVID-19. Nous n’avons jamais cessé de réclamer avec force sa libération ainsi que celle d’André Okombi Salissa, à la suite des procès iniques qui n’ont pas pu prouver la matérialité des faits d’atteinte à la sûreté de l’État.
Souvenons-nous, entre autres : la manifestation symbolique de notre fédération, le 27 novembre 2017 au rond-point de Moungali, dans le quatrième arrondissement, où la Force publique avait tiré sans sommation sur notre groupe, faisant un blessé par balle, le garde du corps de la présidente Claudine Munari.
Immédiatement après, huit membres du directoire de la FOC étaient arrêtés devant la résidence de la présidente Munari, puis séquestrés dans les locaux de la sécurité d’État dans les conditions fort pénibles. Ainsi, neuf jours durant, nos compagnons feu Paul Ndouna, Albert Makitat-Mbama, feu Yembet-Kibamba, Pesset, Ngot Cyrvert Delhiat, Gisldas Diandanda et Michel Mampouya étaient soumis à l’interrogatoire.
Et ceux des compagnons rentrant de la manifestation et arrivés les premiers chez Claudine Munari avaient été embastillés avec elle pendant la même durée. En plus, les agents de la Force publique qui avaient fait irruption dans sa résidence, tiraient sur les pneus et brisaient les vitres de son véhicule de marque Toyota Prado ainsi que celui de son directeur de cabinet, garé à l’extérieur. Mais cette fois-ci, nous avons choisi de privilégier le contact direct avec les institutions du régime: la Présidence de la République, la Primature et le Secrétariat général du PCT. Aussi, au nom de notre fédération de l’opposition, la présidente Claudine Munari a-t-elle pu communiquer, dialoguer avec le directeur de cabinet du Président de la République, Florent Ntsiba, le vice-Premier ministre, Firmin Ayessa, et le secrétaire générale du PCT, Pierre Moussa, sur l’obligation morale et politique d’évacuer le malade Jean Marie Michel Mokoko dans un pays qui dispose des structures de santé mieux équipées, de préférence en France. Notons que le président nigérien, Mamadou Issoufou, avait autorisé son opposant emblématique Hama Amadou, ancien président de l’assemblée nationale du Niger pourtant prisonnier, à se faire soigner en France.
* Que va-t-il se passer, si jamais votre démarche n’aboutit pas?
** Au cours de son Conseil national du 23 juillet prochain, l’IDC va apprécier l’aboutissement heureux ou non de notre démarche commune et en tirer les conséquences.
En attendant, le contact physique a été enfin établi avec notre compagnon Jean Marie Michel Mokoko, à travers les visites de la présidente Munari, Clément Miérass et Albert Makita-Mbama, à l’hôpital central des armées Pierre Mobengo de Brazzaville. Nous osons croire que le régime aux commandes du Congo va accepter de sauver la vie de Jean Marie Michel Mokoko, pour l’intérêt de la paix sociale et de l’unité nationale.

Propos recueillis par
Pascal Azad DOKO

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

1 décembre 2020 15 h 32 min

Editorial

Tout est réglé

Il y a une jurisprudence africaine en matière d’élections. Au moment où nos délégués s’apprêtent à quitter Madingou après leur participation à la concertation politique de Madingou, il ne serait pas inutile de rappeler que, en principe, c’est pour mieux préparer la présidentielle de mars prochain que cette rencontre de trois jours a eu lieu. Mieux préparer, c’est-à-dire ôter sur le chemin de ce scrutin majeur les obstacles qui pourraient conduire à la contestation des résultats.

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