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MESSAGE DE NOËL DE MGR URBAIN NGASSONGO, EVEQUE DE GAMBOMA : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2, 14)

MESSAGE DE NOËL DE MGR URBAIN NGASSONGO, EVEQUE DE GAMBOMA : «Gloire à Dieu au plus haut  des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2, 14)

A l’occasion des festivités de la Nativité du Seigneur, Mgr Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma, a publié un message intitulé: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2, 14). L’évêque de Gamboma y affirme: «La venue de Dieu dans notre histoire est une œuvre rédemptrice et créatrice de la paix humaine. Car en lui, notre Rédempteur et Sauveur, «Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent» (Ps 84, 11). Qu’il donne au Congo, toujours en quête de bien-être, de vivre l’horizon de caractère humain qui approche à grand pas dans un esprit de justice et de paix.» Nous publions ci-dessous l’intégralité du message.

Frères et sœurs en Christ,

Etant donné que nombreux parmi vous ne pourront pas participer à la célébration de la Nativité du Seigneur le 25 décembre, à cause des mesures prises par le gouvernement, je voudrais vous faire parvenir ce message de Noël pour affermir votre foi et vous exprimer ma compassion. Malgré tout, vivez ce temps dans la joie en gardant votre espérance dans le Christ Jésus notre Sauveur.
«Le verbe s’est fait «chair» et il a habité parmi nous» (Jn 1,14), s’exclame saint Jean aux premières phrases de son Evangile. Et ainsi se résume dans cette exclamation johannique toute la vérité de foi que nous professions et que nous célébrions aujourd’hui: Le mystère de l’Incarnation qui se veut rédempteur pour chaque homme, pour tout homme, pour tout l’homme.
Noël, c’est le mystère des paradoxes:
1. Paradoxe du Dieu infiniment grand qui s’est fait infiniment petit.
2. Paradoxe du Dieu invisible qui s’est fait visible d’où le nom «Emmanuel» (Dieu avec nous).
3. Paradoxe du vrai Dieu qui s’est fait vraiment Homme: il a tout connu de l’homme, à l’exception du péché (He 4, 15), parce qu’il nous entraîne hors du péché, là où il est, là où il vit.
Noël, c’est la fête du non-conformisme de Dieu qui quitte son éternité pour s’insérer dans le temps de notre humanité, s’incarner dans nos limites et nos faiblesses, notre petitesse et nos lenteurs. Avec la Covid-19, nous expérimentons la visibilité et l’invisibilité de notre faiblesse humaine. En laissant Dieu naître dans l’humus de cette fragilité, il rend l’homme capable de fertiliser et de féconder des projets de développement capables de pulvériser ce petit machin (Covid-19). Nous saluons déjà les efforts des vaillants hommes de paix qui mettent à la disposition de l’humanité des remèdes efficaces. Cependant, avec le Christ et l’enseignement de l’Eglise nous sommes appelés à la vigilance.
La venue de Dieu dans notre histoire est une œuvre rédemptrice et créatrice de la paix humaine. Car en lui, notre Rédempteur et Sauveur, «Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent» (Ps 84, 11).
Qu’il donne au Congo, toujours en quête de bien-être, de vivre l’horizon de caractère humain qui approche à grand pas dans un esprit de justice et de paix. C’est là un événement important pour la bonne gouvernance qui ne peut laisser indifférent nos consciences de citoyens chrétiens.
La foi est en effet ordonnée à donner à tous les domaines de la vie le sens de Dieu. Le Pape François déclare à ce propos: «l’une des pires hérésies possibles de notre époque, c’est de penser que le Seigneur et nos Communautés n’ont rien à dire et à apporter à ce monde nouveau qui est en gestation»1. Nous devons par conséquent, sans arrière-pensée ni parti-pris mais par fidélité à Dieu, promouvoir avec le mieux-être, le progrès humain et spirituel de tous. Car, pour le pape Paul VI «combattre la misère et lutter contre l’injustice, c’est travailler à la construction de la paix».
Noël est une fête qui ne laisse personne totalement indifférent. C’est l’Incarnation de la paix dans le monde et dans nos milieux de vie. Cette incarnation de la paix qui vient de Dieu sauve la paix humaine. Il existe dans nos réalités humaines des structures de paix. Mais notre action est de s’ouvrir à la vraie paix qui se visibilise dans la personne de Jésus-Christ. Nous sommes donc appelés à laisser Jésus naître dans nos cœurs pour que nous soyons des boussoles vivantes de l’amour, la justice et la paix. Que la naissance de Jésus fasse de nous de véritables semeurs de la paix dans le monde, dans notre pays, nos familles et surtout dans l’ADN de notre tissu culturel des Plateaux.
Dans son encyclique Populorum Progressio de 1967, le pape Paul VI affirmait que le «développement est le nouveau nom de la paix». Cette paix poursuit-il «ne se réduit pas à une absence de guerre, fruit de l’équilibre toujours précaire des forces. Elle se construit jour après jour, dans la poursuite d’un ordre voulu de Dieu, qui comporte une justice plus parfaite entre les hommes».
Il est vrai que la paix (la béatitude le reconnaît) est une construction. Elle demande ardeur, travail, sueur, jour après jour. Mais nous savons également que toute réalité humaine connaît un lent déclin et nécessite une incessante surenchère. Alors, résonne à nos oreilles, cette phrase du Christ: «Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix, non pas comme le monde la donne…» (Jn 14, 27).
L’Eglise proclame l’«Evangélisation de la paix» (Ep 6,15). En annonçant Jésus-Christ, qui est la paix en personne (Ep 2,14), la nouvelle évangélisation engage tout baptisé à être instrument de pacification et témoin crédible d’une vie réconciliée (Cf. Pape François, Evangelii Gaudium, p. 188).
La réconciliation, ce mystère de la Rédemption, est le fait que le Christ nous unit au Père et, à ce moment-là, nous donne les uns aux autres comme frères. Nul ne choisit son frère, il le reçoit de son père. C’est une grâce d’être ainsi donnés les uns aux autres. Dans l’Eglise, cet endroit où nous nous retrouvons si différents, Dieu nous présente les uns aux autres comme frères. Le geste de la paix constitue la reconnaissance que le voisin, à qui vous ne parleriez pas dans la rue à cause de son appartenance ethnique, politique etc. vous est présenté comme frère à aimer par Dieu (Cf. Albert Rouet, Le Christ des béatitudes p. 161)
Croire est ce travail, où reconnaissant Dieu comme Père, nous accomplissons l’œuvre de fraternité. Alors nous pouvons travailler pour la paix, non pas au prix de nos marchandages, de nos compromissions ou de nos violences, mais en reconnaissant le plus réellement possible que tout homme est donné comme frère.
Dieu seul, à ce moment-là, donne la lumière et la force qui permettent d’établir une paix qui soit à la fois puissance de la vie et la force de la justice, parce que Dieu seul traite chaque homme avec un infini respect par le total amour du Christ mourant pour chacun d’entre nous.
«Heureux ceux qui travaillent pour la paix, ils seront appelés fils de Dieu» (Mt 5,9).
L’artisan de paix accomplit l’œuvre du Fils. L’artisan de paix continue le mystère unique de la rédemption qui, réconciliant toute l’humanité avec Dieu, nous réconcilie les uns et les autres comme frères, et nous redonnant notre vocation: «Je serai ton Père, tu seras mon fils pour toujours» (2S 7, 14; He 1,5; Cf. Albert Rouet, Le Christ des béatitudes p. 162).
Les yeux fixés sur l’Emmanuel (Dieu avec nous), nous le prions de nous aider à être les témoins de la paix véritable.
Que Notre Dame de la paix nous accompagne dans la réalisation de l’œuvre de la paix de Dieu dans nos milieux existentiels.
Donné à Gamboma le 24 Décembre 2020, en la solennité de la Nativité du Seigneur.

Mgr Urbain Ngassongo
Evêque de Gamboma

Note:
1 Homélie de la Messe à la Basilique Santa Maria la Antigua, Panama le 26 janvier 2019

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

2 août 2021 4 h 52 min

Editorial

A notre santé !

Il y a un contraste sidérant à constater, avec l’homme de la rue, que «les deux industries les plus dynamiques du pays» sont la bière et la morgue. Chaque jour que Dieu fait, nous nous donnons en spectacle attablés aux bistrots, seuls ou avec des amis, hommes ou femmes, devant un alignement de bouteilles ou de cannettes bien moussantes dès 9h du matin. C’est d’ailleurs le meilleur indicateur pour savoir si les salaires ont été virés dans les banques.

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