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LIVRE : L’abbé Jean-Michel Tchitembo a publié deux ouvrages

LIVRE : L’abbé Jean-Michel Tchitembo  a publié deux ouvrages

Mettant à profit son temps libre pendant la période de confinement imposé par la pandémie de la COVID-19, l’abbé Jean-Michel Tchitembo a parachevé la rédaction de deux ouvrages littéraires, en forme d’Essais dans la catégorie des Essais. L’un intitulé: «En vue d’une vie lumineuse» et l’autre «Elan œcuménique et dialogue interreligieux. Pour une Eglise-famille de Dieu au Congo Brazzaville». Deux livres complémentaires à certains égards, publiés simultanément aux éditions l’Harmatan. Partant de l’exemple de la vie de ses parents, l’auteur montre dans le premier livre comment porter et supporter les vicissitudes de la vie. Et dans l’autre, l’abbé Tchitembo prône l’unité des Eglises chrétiennes et la tolérance entre les religions au Congo Brazzaville, dans le respect de la diversité.

*Qu’est-ce qui a motivé la rédaction de ‘’En vue d’une lumineuse’’
**Depuis plus de 25 ans je me disais qu’un jour il faut que j’écrive, mais que j’écrive surtout sur ma famille, mes parents. Pourquoi, me demanderez-vous? Simplement parce que en tant que fils aîné d’une fratrie de huit enfants, et en tant que prêtre, j’ai pris le temps d’observer papa et maman; j’ai compris que chacun d’eux avait des points forts, des points faibles, à tel point que beaucoup de personnes dans le quartier ont cru que notre famille pouvait déraper ou allait exploser, surtout au regard des attitudes et comportements de papa. Mais voilà que compte tenu du comportement et surtout du sens du mariage qu’avait ma mère, elle a su porter et supporter les vicissitudes du mariage. Ainsi, je peux dire que si les enfants Tchitembo ont réussi leur vie, c’est grâce à papa et à maman, mais surtout à maman qui a fait preuve de grande patience. J’ai beaucoup entendu et vu, par conséquent j’avais beaucoup de choses à partager, pour que cela serve d’exemple si possible. Car de nos jours, pour un moins que rien, de nombreux mariages se cassent et par conséquent beaucoup d’enfants se perdent. Beaucoup d’enfants dits de la rue sont issus de parents divorcés. Ce que je présente donc comme un hommage à mes parents peut éveiller certaines consciences, certains comportements et attitudes dans le mariage.

*Tout de même, vous ne parlez pas que de vos parents du début à la fin ce livre ! Ce n’est pas courant de parler de sa famille dans un ouvrage?
**Certes, la première motivation c’est de parler de ma famille et de mes parents. Mais il n’y a pas que cela. Vous verrez que dans ce livre certains chapitres reprennent mes écrits des récollections, des retraites, des cours que j’ai donnés au Grand séminaire Cardinal Emile Biayenda. Il y a aussi des choses et des faits qui m’ont marqué pendant mon cheminement, d’abord en tant qu’humain tout court, et ensuite comme séminariste et prêtre depuis 35 ans. Je me suis dit que je vais les mettre ensemble, en ayant toujours l’idée en tête qu’au-delà, il s’agit d’éveiller certaines consciences à travers la vie de ma famille, de mes parents.

*Comment interpréter le sens du message que vous voulez faire passer dans ce livre?
**L’ouvrage «En vue d’une vie lumineuse» ne doit pas être lu comme un roman, mais plutôt comme une proposition de temps de méditations, de prise de conscience; car dans la vie il ne faut jamais baisser les bras. Il y a des thèmes abordés dans cet ouvrage qui permettent de redonner confiance, de remotiver et surtout de vivre dans l’espérance des jours ou des lendemains meilleurs.

*Votre second livre porte le titre de «Elan œcuménique et dialogue interreligieux. Eglise famille de Dieu au Congo Brazzaville». Pourquoi un livre sur ce sujet et au Congo Brazzaville?
**Cet ouvrage est le fruit d’un cours que j’ai reçu en DEA et que j’ai moi-même dispensé au Grand séminaire de Théologie Cardinal Emile Biayenda. J’ai fait travailler de nombreux étudiants séminaristes sur ce sujet et leurs réflexions étaient très intéressantes. D’ailleurs dans la dédicace, je reconnais que c’est grâce à eux que j’ai porté l’attention particulière sur ce thème.
J’ai personnellement fait des études de communication, raison pour laquelle dans ce livre je fais appel à la radio, la télévision, les journaux et aux réseaux sociaux comme supports pour que l’œcuménisme et le dialogue interreligieux prennent racines dans notre pays le Congo. Je pense que ce n’est pas à cause de notre diversité que nous allons créer l’inimitié. Il faudrait plutôt saluer et se servir de la diversité pour que chacun de nous soit motivé par une pensée ou un élan intérieur de dialogue. Nous ne devons donc pas dire à l’autre que ta manière de prier est mauvaise.

*Quel est l’objet précis de ce second livre?
**Le but pour moi est d’attirer l’attention des uns et des autres, sur le fait que nous avons à cultiver en nous le respect des autres croyances, chrétiennes, animistes ou autres soient elles. Nous avons le devoir de les respecter. Chacun sur terre nous formons une famille, et cette famille est animée par un créateur que chacun appelle d’un nom quelques fois différent des uns ou des autres. Ce créateur nous invite à vivre dans une famille où il y a des lois et des règles. D’où les groupes de mots: «Famille de Dieu» et «Eglise famille de Dieu».
Famille de Dieu nous le sommes tous. Mais nous ne pouvons pas tous devenir «Eglise famille de Dieu» parce que cela pourrait vouloir dire venez dans mon Eglise où il y a toute la vérité. Mon Eglise a une part de vérité. Cependant nous disons que Dieu est un mystère. Et si Dieu est un mystère, cela veut dire qu’il y a une part de mystère que ne maîtrise pas l’une ou l’autre religion, l’une ou l’autre Eglise. Raison pour laquelle je mets cet ouvrage au service des uns et des autres, pour que ce soit une motivation, une prise de conscience de nos inimitiés, afin que nous puissions favoriser la fraternité, l’amitié et le respect des uns et des autres par rapport à leur culte, par rapport à leur croyance.

*Quelle liaison peut-on établir entre vos deux ouvrages?
**Il y a deux mots qui expriment la liaison entre les deux livres: «Fraternité» et «Amour». Lorsque je parle de mes parents dans le premier livre, j’invite à l’amour. Quand je parle de l’œcuménique dans le second livre il s’agit de la fraternité, de l’unité des Eglises chrétiennes. Et quand je parle de dialogue interreligieux, c’est tout simplement la tolérance, la fraternité par rapport aux autres. C’est la force qui doit nous animer intérieurement pour participer au bon vivre des uns et des autres.

*Dans l’un et l’autre de ces deux livres vous portez une attention particulière sur la jeunesse. Dans quel but ?
**Il y a effectivement un chapitre intitulé «Jeunesse soyez les bâtisseurs d’un monde meilleur». Le contenu de ce chapitre m’a été inspiré par une lettre pastorale que Mgr Anatole Milandou avait adressée aux jeunes. J’ai partagé la réflexion sur cette lettre pastorale avec un mouvement de jeunes qu’on appelle les Bilengé ya mwinda (jeunes de la lumière) de Saint Pierre Claver de Bacongo. Nous avons médité sur ce message de l’archevêque. En m’appuyant sur cette orientation pastorale de Mgr Milandou, j’ai voulu attirer l’attention des jeunes sur le fait qu’ils doivent savoir qu’ils sont les héritiers de demain. Et pour qu’il en soit ainsi, les jeunes doivent être des hommes d’action, action dans le sens de l’unité des chrétiens et le dialogue avec les autres religions, dans le respect et la tolérance.

*Croyez-vous à un dialogue interreligieux, avec les religions non chrétiennes par exemple?
**J’ai abordé cet aspect dans mon ouvrage et je reconnais que ce n’est pas facile. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on ne peut pas en parler. L’écrivain est un éveilleur de conscience. Si ce dialogue ne peut pas se faire aujourd’hui, cela pourrait être possible demain. Si ce dialogue est impossible à l’instant, il peut néanmoins être entretenu dans le cœur de chacun. Car il faut croire en Dieu, le Dieu qui est mystère et croire aussi en l’homme. En tant qu’écrivain, j’ai le devoir d’éveiller les consciences. Je sais bien que c’est un travail de longue haleine que d’inviter des peuples à vivre l’œcuménisme, et à plus forte raison de vivre le dialogue interreligieux, parce que chacun veut sauvegarder sa part de vérité, et même enfouir la part de vérité de l’autre. Cependant, en tant qu’humain, nous sommes obligés de prôner l’unité dans le respect de la diversité.

*Un vœu, un message à l’endroit des lecteurs?
**Je voudrais dire à tous ceux qui voudraient lire ces deux livres, c’est de ne surtout pas les lire comme un roman. Il s’agit plutôt de comprendre le message que je proclame à travers les pages. Et que chacun, par rapport à ce qu’il est en fasse comme des règles de citoyenneté ou de vie simplement. Car dans la vie de tous les jours, tous nous devons rechercher la paix et la tranquillité. Que nous soyons chrétiens catholiques, protestants, etc. ce sont là des sentiments spirituels. Mais il y a un élément clé c’est de savoir que nous sommes tous des hommes condamnés à vivre en communion, dans le respect des limites des autres.

Propos recueillis par
Jean BANZOUZI MALONGA
Contacts de l’abbé Tchitembo: 05 504 65 20
L’abbé Jean-Michel Tchitembo est prêtre de l’Archidiocèse de Pointe-Noire. Universitaire, il est depuis 2011 dans le diocèse de Cambrai, nommé curé solidaire à la paroisse Saint-Denis en Solesmois, en France. Et depuis 2017, il est prêtre associé à la paroisse Notre-Dame du Saint-Cordon dans le Doyenné de Valenciennes.

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

2 août 2021 4 h 31 min

Editorial

A notre santé !

Il y a un contraste sidérant à constater, avec l’homme de la rue, que «les deux industries les plus dynamiques du pays» sont la bière et la morgue. Chaque jour que Dieu fait, nous nous donnons en spectacle attablés aux bistrots, seuls ou avec des amis, hommes ou femmes, devant un alignement de bouteilles ou de cannettes bien moussantes dès 9h du matin. C’est d’ailleurs le meilleur indicateur pour savoir si les salaires ont été virés dans les banques.

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