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LES DROITS DE L’HOMME PAR TEMPS DU CORONAVIRUS DANS LA SANGHA : Sensibiliser et informer toujours sur les illégalités forestières

LES DROITS DE L’HOMME PAR TEMPS DU CORONAVIRUS DANS LA SANGHA : Sensibiliser et informer toujours sur les illégalités forestières

L’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) et la Rencontre pour la paix des droits de l’homme (RPDH) ont organisé une mission d’éveil sur les illégalités et l’exploitation forestières, ainsi que sur l’impact de la conservation de la biodiversité et sur la COVID-19, dans quelques villages des sous-préfectures de Souanké et Sembé dans la Sangha, du 18 au 24 août 2020. Cette mission a été conduite par Mme Nina Cynthia Kiyindou Yombo, chargée du programme ressources naturelles et droits des communautés forestières à l’OCDH et de René Darnel Bemba, chargé de plaidoyer à la RPDH.

De nombreux villages de ces deux districts ont été touchés par la mission de terrain, y compris les rencontres avec les autorités départementales de la Sangha, à Souanké et à Sembé. Plusieurs sujets ont été inscrits à l’ordre du jour de cette mission. Les sujets ont porté essentiellement sur les aspects sociaux, économiques et sécuritaires touchant les droits de l’homme, particulièrement en milieu autochtone. En échangeant sur la COVID-19 avec les communautés, notamment les femmes, elles ont apprécié à leur juste valeur les mesures prises par le Gouvernement afin de limiter les risques de propagation de la pandémie. Elles ont émis le vœu de voir le Gouvernement les mettre en pratique. Les communautés sont isolées et les personnes ont des problèmes médicaux. Or, le droit à la vie et le droit à la santé figurent parmi les principaux droits de l’homme. Les ONG encouragent le Gouvernement à continuer de prendre les mesures pour limiter la progression de la pandémie du Coronavirus qui frappe le monde entier, y compris le Congo par l’effectivité de la gratuité des soins et le suivi des patients, ainsi que par le confinement effectif de leurs proches. Ces organisations ont demandé aux communautés d’observer avec rigueur et responsabilité les mesures édictées par les pouvoirs publics pour stopper la chaîne de contamination du virus. Le respect de la distanciation a été difficile à observer. Ces femmes ont demandé la distribution des denrées alimentaires, des matériels de protection contre la COVID-19.
Mme Blandine Nguiri, du village Kokoua, situé sur les abords du parc Odzala-Kokoua et l’unité forestière d’aménagement de la Société industrielle forestière du Congo (SIFCO) dans la sous-préfecture de Sembé, a souligné l’étroitesse de l’espace où pratiquer leurs activités agricoles.
«Nous sommes confrontés aussi au conflit hommes-éléphants. Ce problème nous embête énormément. Notre production a considérablement baissé».
Concernant le coronavirus, «nous n’avons pas encore vu quelqu’un qui en souffre. On nous a distribué des bavettes. Pendant le confinement, nous avons continué à pratiquer «les activités habituelles pour vivre».
Les communautés locales et les peuples autochtones déplorent notamment l’absence d’un mécanisme de compensation effective des victimes du conflit homme-faune, la faible implication des communautés locales et populations autochtones dans les rencontres préludes à la mise du cadre de concertation et des institutions de gestion du fonds de développement local (FDL), les déchets des planches brûlés et les huiles moteur versées dans le cours d’eau qui arrose le village Cabosse qui ont pollué les eaux et la faible exécution des cahiers des charges dans l’ensemble. Cette mission a permis à toutes les autorités d’être informées de la nouvelle loi régissant les forêts et leur exploitation.
Gustave Mebiang, président du village Boumdel dans le district de Souanké a expliqué le mécanisme de gestion des conflits avec la société forestière SEFYD évoluant dans la zone. «Je suis fatigué: quand je me rapproche des responsables de la SEFYD, la directrice générale nous demande d’aller voir le Président de la République. Nous allons même à la capitale du département, mais nous n’arrivons pas à résoudre nos problèmes. On n’a plus assez d’espace pour travailler. La chasse n’est plus pratiquée. Entre nous chefs des villages, nous sommes bloqués, nous sommes des paysans dans la forêt. Concernant les mesures du coronavirus, elles ont produit des impacts négatifs. On entend parler de la maladie, personne ne souffre de la COVID-19, mais nous ne sentons rien. Nous avons des bavettes. Les mains sont lavées régulièrement. Nous ne voulons pas des attroupements».

Philippe BANZ
De retour de la Sangha

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Heure de Brazzaville

25 septembre 2020, 04: 00

Editorial

MUTATIONS?

Ni les quatre ans passés depuis les dernières élections, ni la période de confinement que nous venons de subir ne semblent avoir prise sur nous. Oui, nous nous plaignons bien des gênes occasionnées par les masques contre la COVID-19, dénonçons l’inutilité du couvre-feu nocturne, donnant à voir l’impossibilité à maintenir une distanciation dans les marchés, les guichets et les quartiers. Mais dans la réalité, l’impact profond que nous étions en droit d’attendre d’un tel chambardement du monde a du mal à se dessiner.

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