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Le port obligatoire et correct du masque, une mesure en danger au Congo

Le port obligatoire et correct du masque, une mesure en danger au Congo

En attendant la découverte puis la mise sur le marché d’un vaccin efficace contre la COVID-19, le port obligatoire et correct du masque d’une part, et le lavage régulier des mains à l’eau avec du savon ou avec un gel hydroalcoolique d’autre part, sont les deux mesures barrières qui permettent d’endiguer voire d’enrayer l’infection au virus COVID-19.

Lorsque la pandémie du Coronavirus COVID-19 a éclaté en Chine en décembre 2019 et s’est répandue ensuite dans les autres continents, l’Afrique était comme un spectateur regardant ce qui se passait loin d’elle. Le Congo n’a connu son premier cas de COVID-19 déclaré que le 14 mars 2020. Et nous étions tous surpris!
Depuis la deuxième quinzaine du mois d’octobre 2020, la deuxième vague de COVID-19 a fait surface dans de nombreux pays d’Europe et d’autres continents. Une fois de plus, l’Afrique se comporte comme un spectateur qui regarde de loin ce qui se passe.
«Le port obligatoire du masque pour toute personne dans les espaces publics fermés ou ouverts», au Congo, est une mesure annoncée par le président de la République lors de son message à la nation le 30 avril 2020.
Le caractère de cette mesure étant obligatoire, des sanctions ont été envisagées vis-à-vis des contrevenants. C’est d’ailleurs cette démarche qui a été adoptée dans tous les pays où cette mésure a été prise.
Au Congo, l’arrêté n° 5610 du 18 mai 2020 fixe les sanctions pour tout contrevenant au «port obligatoire et correct du masque». En son article 1 l’arrêté dispose: «le masque doit couvrir intégralement le nez et la bouche». Et l’article 7 fixe l’amende à 5.000 F.CFA si le contrevenant est à pied et à 20.000 F.CFA s’il est dans un véhicule. L’amende est payée contre une quittance du trésor public.
Notre réflexion s’articule autour de quatre observations:
– Suite à la bavure de la Force publique à Nkayi dans le département de la Bouenza liée au décès de la jeune femme de 23 ans, Merveille Bazonzela, les populations ont décidé de ne plus porter le masque pendant plusieurs jours;
– Dans les marchés domaniaux ouverts désormais 5 jours sur 7, le port obligatoire et correct du masque n’est pas respecté comme le montrent régulièrement les reportages de nos chaînes de télévision nationales;
– En dépit de l’heureuse décision prise par le Conseil municipal de la mairie de Brazzaville de multiplier les autobus en circulation afin de faciliter la mobilité des élèves et étudiants suite à la reprise des cours le 21 septembre 2020 dans les établissements d’enseignement supérieur et le 12 octobre 2020 pour le secondaire et le primaire, on observe que le port obligatoire et correct du masque n’est pas respecté: ni à l’intérieur des autobus, ni lorsque les élèves, les étudiants et les populations tierces sont à pied dans les artères et ruelles de Brazzaville;
– Certains agents de la police routière ne portent pas toujours de manière correcte le masque lorsqu’ils régulent la circulation.
Ces faits têtus montrent que la mesure du port obligatoire et correct du masque est une mesure en survie, ou encore en danger de disparition alors qu’elle doit nous protéger contre le danger du virus COVID-19.
En cette période de COVID-19 où la commission Economie et finances du Sénat effectue des descentes dans des administrations, il serait certainement opportun qu’elle fasse le point sur le montant des amendes collectées contre quittance du trésor public. Cela aurait un triple avantage: apprécier la qualité du contrôle du port obligatoire et correct du masque à travers le niveau des recettes réalisées; une valeur pédagogique vis-à-vis des contrevenants qui seraient tenter de croire que les amendes n’existent pas; souligner que ces amendes sont susceptibles de contribuer de manière significative au budget de l’Etat qui manque cruellement de ressources.
L’article 8 de l’arrêté stipule: «les préfets de département, les maires de commune, les sous-préfets, les administrateurs-maires et les agents de la Force publique en service sont tenus de veiller à la stricte application des dispositions du présent arrêté, qui sera enregistré et publié au journal officiel de la République du Congo».
Cependant, le constat journalier indique que les populations ne changent pas de comportement. Elles portent désormais le masque avec négligence et désinvolture sans être inquiétées. Ce qui favorise la circulation du virus COVID-19 dans notre pays et nous expose aussi à cette deuxième vague que nous regardons de loin mais qui finira par nous surprendre.

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

25 février 2021 14 h 16 min

Editorial

Un coup K.O. ?

Si les choses restent en l’état, la prochaine élection présidentielle, en mars, aura tout d’une consultation sans grand enjeu. La décision annoncée par l’UPADS, de ne présenter aucun candidat à cette échéance électorale et de n’en soutenir aucun, pourrait ôter tout son crédit à cette consultation majeure. Ce serait même pire qu’un boycott électoral. Car la plupart des grands leaders de l’opposition ont fait savoir leur refus d’aller au vote.

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