Vème Dimanche de Pâques A : Jésus-Christ est le chemin, la vérité et la vie

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Textes:  Ac 6,1-7; 1P 2,4-9; Jn 14,1-12

Chers frères et sœurs,

L’évangile de ce dimanche est tiré du discours des adieux de Jésus. Du point de vue liturgique, il nous prépare déjà à l’Ascension, que nous allons célébrer dans deux semaines. Le Christ donne à ses disciples ses dernières recommandations. Tout ce récit est comme marqué d’un caractère d’intimité. La mort prochaine est suggérée, la résurrection aussi: «A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père…». Passer de ce monde au Père est, pour Jésus, une pâque. La pâque de Jésus ouvre, aux mortels que nous sommes, le chemin de l’éternité de Dieu. C’est donc à juste titre que Jésus déclare: «Je suis le chemin, la vérité, la vie».

D’abord, Jésus est le chemin de Dieu vers l’humanité et le chemin de l’humanité vers Dieu. Le chemin suppose, au moins, un seuil de départ et un parcours, ce qui relie un lieu à un autre: en Jésus, Dieu rejoint Dieu, en passant par l’humanité; le corps humain se fait la charnière du ciel et de la terre. Comme le dit saint Augustin, la route que Jésus a parcourue, c’est la chair assumée pour nous. Il est venu à nous, assumer une chair visible, c’est le chemin de la venue chez nous. C’est parce qu’il est venu chez nous, qu’il s’est fait l’un de nous, que Jésus peut cheminer avec nous vers le Père. En Jésus, c’est Dieu lui-même qui est venu dans la chair, de sorte que, désormais, le chemin vers Dieu passe par un cheminement en Dieu, dans un corps humain. Il convient donc de dire que Jésus est le chemin de Dieu en nous, en notre humanité, en notre chair. Jésus-chemin nous rencontre, quand nous acceptons de nous ouvrir à ce qui ne s’est pas encore déposé dans la stabilité sédimentaire du désespoir, à ce qui vient à nous sous la figure de la nouveauté, pour nous libérer des mains des «mauvais bergers», de ceux qui bâtissent leur gloire en «mangeant» la vie des autres. Accueillir Jésus comme chemin, c’est l’entendre nous dire, aujourd’hui, que rien n’est perdu, nous pouvons encore faire mieux, avec Dieu. Ensuite, Jésus est la vérité. Il n’est pas une vérité quelconque, mais l’Unique vérité. Jésus est la vérité parce que toute sa vie terrestre était en adéquation avec la volonté de Dieu: l’homme tel que voulu par Dieu, totalement transparent à Dieu. Jésus nous révèle Dieu, à travers l’accomplissement des signes, des œuvres de miséricorde, il nous révèle le cœur miséricordieux de Dieu. Jésus est le vrai Messie parce que ses œuvres sont conformes au contenu de l’annonce des temps messianiques faite par les prophètes, temps messianiques comme temps de la manifestation de la miséricorde de Dieu. Comme vérité, il est la plénitude de la révélation. De par son être, Jésus accomplit et achève tout ce que l’on peut connaître sur Dieu, à savoir l’amour comme don de sa propre vie; Dieu est amour, et l’amour consiste à se donner pour faire vivre les autres. Jésus est la transcription de Dieu en corps humain, l’ostensoir de l’amour de Dieu dans une peau humaine. Il est Dieu en chair, en os et en action, non pas pour enfermer Dieu dans un corps humain mortel, mais pour ouvrir l’humain au divin, pour faire participer l’humanité à la vie de Dieu. C’est pourquoi, croire en lui, c’est-à-dire accepter qu’il vient de Dieu, donne la vie éternelle. Enfin, Jésus est la vie. La vie est l’autre nom de Dieu. Il est la vie en tant que socle, le fond englobant auquel participent les vivants: par lui tout a été fait. Mais par sa résurrection, il nous ouvre les portes de la vie éternelle, en tant que premier-né d’entre les morts. Tel le sang dans un organisme, la vie innerve chaque organe, sans se laisser apprivoiser et privatiser; Jésus-vie fait vivre chacun de nous de la vie même de Dieu. La vie, quoi qu’invisible est partout, et nourrit toute chose. Le signe qui montre que nous avons accueilli Jésus-vie et que nous vivons de lui, c’est le don que nous faisons de nous-mêmes, à travers le service du prochain.

Fr. Claver BOUNDJA, O.p.