IIIème Dimanche de Pâques-A- : «Toujours en chemin…comme les pèlerins d’Emmaüs»

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Textes: Act. 2.14-22b-33, IP1.17-22, Lc. 24.13-35.

La résurrection du Seigneur, depuis le jour de la pentecôte, est au cœur de la prédication des apôtres. Elle est donc, faut-il le marteler, le fondement de la foi chrétienne. Cet évènement n’est pas à ranger dans le passé, en nous disant: «C’est une affaire classée, plus question d’y revenir». L’expérience des pèlerins d’Emmaüs nous le rappelle. C’est le chemin parcouru par les premiers disciples avant d’en arriver à professer avec assurance et détermination: «C’est vrai, le Seigneur est ressuscité»! Ces disciples avaient reconnu en Jésus de Nazareth, «un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple». Beaucoup d’entre eux, avaient misé en cet homme. Du coup, ces deux disciples se retrouvent dans la situation qu’a connue, tant de fois, le peuple de l’ancienne Alliance, tout au long de son histoire: on était certain d’avoir rencontré un sauveur, un libérateur, mais hélas, cela s’est toujours soldé par un échec.

Malgré les différents témoignages rapportés par les femmes de leur groupe, Jésus n’a pas été vu. Ils s’en retournent donc chez eux, tous abattus, le cœur rempli de tristesse. Et puis…et puis surgit un homme sur le chemin. A lui, ils essaient de partager leur amertume. Et cet étranger, compagnon de route, se reporte aux Ecritures et ce, longuement. Ces Ecritures n’ont-elles pas annoncé les souffrances du Messie? Ils ne l’interrompent pas. C’est le silence de leur part. Ils l’invitent à demeurer avec eux: «car, il se fait tard». Il accepte de partager ce repas. Rien ne les avait, jusque là, convaincus, ni le ton de sa voix, ni l’évocation faite sur leur lenteur à croire. Mais, c’est aux gestes familiers de la bénédiction et de la fraction du pain, que leurs yeux s’ouvrent, qu’ils reconnaissent, enfin, le Seigneur. Trop tard, le voilà disparu à leurs yeux. Et leurs «cœurs sont brûlants», ils reprennent, en toute hâte, le chemin vers Jérusalem, pour aller partager avec les autres: «Il est vivant… le Seigneur»!

Frères et Sœurs dans le Christ, nous avons retenu ces deux verbes que nous présente Luc: voir et reconnaître. Luc veut nous montrer, faut-il le rappeler, qu’après sa résurrection, Jésus ne doit plus être vu avec les yeux du corps. Il est passé de ce monde pour retourner à son Père. Et ce monde nouveau échappe à nos sens. Aussi, pourra-t-il, en quelques jours, les rejoindre, même quand toute porte est fermée! Ayons un regard nouveau, avec la lumière de la foi, pour reconnaître Jésus présent et agissant. Signalons, également, en lisant et en méditant sur ce récit que cette rencontre de Jésus avec les deux hommes d’Emmaüs, est la première célébration eucharistique célébrée dans l’Eglise. Quand nous regardons le schéma de toute messe, il faut le dire qu’il n’y a pas d’eucharistie qui ne commence avec les Ecritures lues et commentées. Suit alors la consécration du pain, puis le partage. C’est à cet instant que nos yeux doivent s’ouvrir, c’est vrai, nous pouvons clamer: «Il est grand, le mystère de la foi !»

La fraction du pain est le gage de la présence du Ressuscité parmi les siens. Mais, une liturgie ne doit pas nous retenir, l’envoi se fait: «Ite Missa est !» Sans tarder comme ces pèlerins d’Emmaüs, remettons-nous en route. Allons semer sur les routes du monde, la Bonne Nouvelle: «C’est vrai, le Seigneur est ressuscité»!

Ma sœur, mon frère, en ce dimanche, retiens: «Chaque jour, d’un seul cœur, ils allaient fidèlement au temple, ils rompaient le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur repas avec allégresse et simplicité» (Act2. 46). Saint Augustin te le recommande: «Apprends où le chercher, où le trouver: c’est lorsque tous ensemble, vous le mangez» (Sermon 235.3). Amen!

Abbé Antoine MADINGOU
Archiviste C.e.c /C.i.o.

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