Cité du Vatican : Jean Paul II, désormais bienheureux

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C’est désormais chose faite! Jean Paul II, Karol Wojtyla de son vrai nom, le 263ème pape de l’histoire de la papauté, a été déclaré bienheureux par son successeur, le Pape Benoît XVI, dimanche 1er mai 2011, à Rome, deuxième dimanche de Pâques, dimanche dit de la divine miséricorde. La cérémonie a eu lieu à la Place Saint Pierre, envahie par une foule de pèlerins estimée à un million, venus des cinq continents de la planète, dans la ferveur et la piété. Pour beaucoup, «le serviteur des serviteurs était déjà saint, de son vivant».

Il est 10h02 mn, heure de Rome, lorsque Sa Sainteté le Pape Benoît XVI sort de la chapelle papale, pour faire son apparition à la Place Saint Pierre, à bord de sa Papamobile, saluant et bénissant la foule. Il y a six ans, à la même place, la foule scan-dait: «Santo subito» (Saint tout de suite). Aujourd’hui, elle a eu un début de réponse: Jean Paul II est déclaré bienheureux, une étape importante, avant de devenir saint.

Côté officiels, on pouvait noter la présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, parmi lesquels Giorgio Napolitano et Sylvio Berlusconi, respectivement président et premier ministre, chef du gouvernement italien; les ambassadeurs et représentants des institutions accrédités auprès du Saint-Siège, ainsi que de nombreux cardinaux, des patriarches des Eglises orientales catholiques et des évêques, qui ont concélébré avec le Saint-Père.

Le Saint-Père a débuté la cérémonie par le baiser et l’encensement de l’autel. Puis, le cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints, a procédé au rite de la béatification, par la présentation au Saint-Père, de la requête attestant la procédure et déclarant Jean Paul II, bienheureux. Il a ainsi retracé la biographie, sinon le témoignage sur la personne de Jean Paul II, affirmant qu’il était plein de compassion, de l’amour du prochain et de dévotion à la Mère de Dieu; qu’il vénérait dans une confiance totale. De même, sa parole épiscopale: «Totus tuus» qui renferme la vocation universelle des chrétiens à la sainteté et le rôle irremplaçable des laïcs dans l’Eglise.

Le cardinal Amato a poursuivi son intervention, en louant le rôle joué par le jeune Karol Wojtyla contre le régime nazi sévissant, à l’époque, en Pologne, son pays natal. Il a rappelé le respect qu’il avait pour la dignité humaine, et pour cela, il a fait de nombreux voyages dans tous les continents du monde, à la rencontre de tous les peuples. Son message de réconciliation entre les Eglises chrétiennes a eu un grand retentissement. Tout comme son amour filial et avéré pour les jeunes, avec la création, en 1984, des J.m.j (Journées mondiales de la jeunesse), la convocation des différents synodes, la création des diocèses et la nomination des évêques, la création des provinces ecclésiastiques en Italie et dans le reste du monde, la publication, en 1992, de l’actuel catéchisme de l’Eglise catholique, etc.

Concluant son intervention, le cardinal Amato a signifié la preuve de l’amour qui jaillissait de Jean Paul II, par la forte mobilisation des pèlerins venus de partout, pour se réunir à Rome, à l’occasion de cette cérémonie. Ainsi, Benoît XVI a reçu la requête et accordé la béatification à son prédécesseur, l’élevant ainsi à la gloire des autels. Ce qui a été agrémenté par le dévoilement du portrait géant du bienheureux et d’incessants applaudissements de la foule. Tandis que restait exposé l’évangéliaire.

Après quoi, Sr Marie Simon-Pierre, religieuse française guérie de la maladie de Parkinson par l’intercession de Jean Paul II, maladie dont est mort le bienheureux, a porté au Pape une relique (ampoule) qui sera exposée à côté de la dépouille du bienheureux.

Dans une homélie prononcée en italien, pendant vingt-une minutes, le Pape Benoît XVI a défini le sens de cette cérémonie et loué les qualités du bienheureux, son témoignage de foi qui s’avère être une béatitude de foi, son inestimable contribution au concile Vatican II auquel ils étaient participants tous les deux, sa détermination pour la vérité qui est une garantie pour la liberté, résumant tout son enseignement: «L’homme, le chemin et l’Eglise; et le Christ, le chemin de l’homme».

Il a exhorté les pèlerins à imiter ces vertus héroïques de son prédécesseur. «Il y a six ans, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier: la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions, déjà, flotter le parfum de sa sainteté, et le peuple de Dieu a manifesté, de nombreuses manières, sa vénération pour lui. C’est pourquoi, j’ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l’Eglise, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur: Jean Paul II est bienheureux!», a déclaré Benoît XVI.

Comme on pouvait s’y attendre, l’événement a fait la une de la presse italienne, avant et après la béatification de Jean Paul II, ce personnage, jusqu’ici considéré par certains comme le plus populaire de ce pays, après Padre Pio, le saint italien le plus célèbre. Dans tous les coins de la ville, on ne manque plus de se délecter, de côtoyer et se familiariser aux portraits, images et effigies de Jean Paul II.

Pour cette messe de béatification, aucun service n’était laissé au hasard; la sécurité était des grands jours, pour prévenir tout débordement inutile et tout geste ou acte nuisible, susceptible de gâcher l’événement. Un événement vécu hautement et chaleureusement en Pologne, notamment à Wadowice, la ville natale de Karol Wojtyla, et à Cracovie, la capitale du pays.

La veille, au soir, à partir de 20h, une veillée dirigée par le cardinal Vallini, au Circo Massimo, à côté du légendaire palais des empereurs, avait rassemblé 120 mille pèlerins, des jeunes pour la plupart. Sous une fine pluie, cette veillée était caractérisée par des moments de recueillement, prière et intercession, bougies allumées, émotions, souvenirs inoubliables de l’emblématique Souverain Pontife; des témoignages de ceux qui ont connu l’homme: Joaquin Navarro Valls, ancien directeur du bureau de presse du Saint-Siège, Sr Marie Simon-Pierre et, bien sûr, le cardinal Stanislaw Dziwisz, primat de Pologne, qui fut son secrétaire, pendant 40 ans, et qui l’a accompagné à Brazzaville, au Congo, le 5 mai 1980. Deux groupes de chants, philippin et polonais ont animé la veillée de prière.

Dès son accession au siège pétrinien, le 16 octobre 1978, le Pape polonais a marqué l’humanité entière par sa célèbre phrase: «N’ayez pas peur! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ»! Une vie bien remplie de ses 27 ans de pontificat, l’un des plus fructueux de l’histoire de l’église catholique romaine. Après la communion, le Saint-Père a salué les pèlerins en plusieurs langues. Ainsi a pris fin cette cérémonie qui a duré 2h40 mn. Parmi les chefs d’Etat africains ayant participé à cette cérémonie, on peut citer Paul Biya, Robert Gabriel Mugabe, Denis Sassou Nguesso et Faure Essozimna Gnassingbe, en compagnie de leurs épouses.

Aristide Ghislain NGOUMA
(A Rome)

 

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