Vatican : Jean Paul II, bienheureux dans quelques jours

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A l’occasion de la béatification du Pape Jean Paul II, le 1er mai, et à la veille du 6ème anniversaire de sa mort, la faculté de communication de l’université Santa Croce, à Rome (Italie) a organisé une journée en son honneur, dans la grande salle Jean Paul II, de ladite université. Les participants ont bénéficié de deux conférences, présentées par le cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints, qui a exposé sur le «sensus fidei» et Joaquin Navarro Valls, ancien directeur de la salle de presse du Vatican, sur le rapport du Pape Jean Paul II, avec les médias et quelques témoignages par les personnes qui ont collaboré avec le futur bienheureux. C’était, vendredi 1er avril, en présence du recteur, le révérend professeur Luis Romera, de plusieurs participants professeurs, étudiants et d’autres personnes venus d’ailleurs.

«Santo subito» (Saint, tout de suite), c’est la voix du peuple de Dieu (Vox popolo), à la mort du Pape Jean Paul II. Cette demande des fidèles chrétiens est l’un des points fondamental, dans le procès de béatification, comme l’a démontré le cardinal Angelo Amato, puis a expliqué ce qui entre en ligne de compte, lors du procès d’un saint: il s’agit de l’intuition des chrétiens, sa spontanéité attestant qu’une personne a vécu dans l’exercice héroïque des vertus chrétiennes.
Cette vertu qui inspire stupeur, admiration et courage, fait percevoir l’image du Christ et entrevoir la béatitude évangélique. L’écoute des témoins oculaires, dans ce sens, requiert une approbation de l’Eglise, car le magistère a besoin de ces éléments.
Le cardinal Amato a poursuivi par l’actualisation du cas de Jean Paul II. Selon lui, l’Eglise, prenant au sérieux la voix du peuple de Dieu, a fait preuve de prudence. Elle a été minutieuse dans la procédure. Après avoir rassemblé les éléments qui contribuent à faire du Pape Jean Paul II, un bienheureux, l’Eglise a annoncé la date de sa béatification. Les signes les plus récents évoqués, c’est la file interminable de gens, sur sa tombe, et la guérison d’une religieuse française.
Au cours du débat, le cardinal Amato a répondu aux questions qui lui ont été posées, parmi lesquelles celle de savoir de quel domaine le Pape Jean Paul II sera le patron. «Il n’est pas encore saint», a-t-il répondu, invitant à la patience. Il a levé l’équivoque, en mentionnant, que ni les médias, ni le «vox popolo» ont influencé, dans le but de faciliter le procès. Le processus a poursuivi son cours, a-t-il ajouté et il a conclu en disant que la canonisation a besoin de temps. Cette période intermediaire (béatification) est un temps providentiel, a rempilé, un temps où le peuple de Dieu est appellé à connaître le serviteur de Dieu, à imiter ses vertus, en se rappelant des promesses baptismales.
Quant à Joaquin Navarro Valls, exposant sur la dimension de communicateur de Jean Paul II, il a reconnu les qualités naturelles qui ont facilité cette communication: la voix, l’art de la parole et la réthorique dans ses discours, par exemple, ses allocutions à l’Onu, au parlement européen, aux journées mondiales de la jeunesse. Aussi, «le Pape a communiqué avec son corps», lançait toujours le conférencier, il a invité aux souvenirs de ses gestes qui exprimaient une vérité: sa prière à Jérusalem, son contact avec les malades à la place Saint Pierre, «le Pape a convaincu ses contemporains», ajoutait M. Navarro, avant de continuer son exposé, en se focalisant sur sa façon de communiquer pendant ses voyages, «il a visité presque le monde entier», disait-il, prenant en exemple un de ses voyages aux Etats-Unis.
Pour illustrer combien il était proche des médias, lors d’ un de ses voyages, un journaliste de New York Time écrivait, que lorsque le Pape est là, il domine la télévision, simplement et en l’ignorant, c’est contre les règles de communication. Pour lui, le «n’ayez pas peur de Jean Paul II» est un mode de communiquer, une parole de vérité, de foi et d’espérance, afin que l’homme soit capable de dominer cette dimension universelle humaine qui est la peur.
Le monde des médias et des personnes travaillant dans l’équipe du procès, à travers les  docteurs Aldo Maria Valli, vaticaniste dans deux chaînes de télévision italienne (Tg1 et Rai), Luigi Accattoli, vaticaniste émerite du journal, «Correre Della Sera», Marina Ricci, vaticaniste dans deux chaînes de télévision italienne (Tg5 et Mediaset), Elisabebth Lo Iacono, professeur de journalisme à la faculté de théologie Saint-Bonnaventure, et Giovanni Tridente, professeur d’éthique de l’information à Sainte-Croix, ont donné leurs témoignages. Ils ont évoqué le respect du pape sur la personne humaine, ce qui s’explique, dans ses écrits comme «Redemptoris omni», sa grande générosité. «Etre à ses côtés était agréable», c’était un homme de prière, ont ils témoigné. Parlant de ses genoux, un de ses physothérapistes a expliqué que cela est dû à la position à genoux et souvent rencontrée chez les grands mystiques. Le caractère simple, presqu’infantile de sa prière a converti deux journalistes. Sa prière était attrayante, voire contagieuse: «Nous avons aimé cet enfant en lui, pas le Pape de l’histoire». Les différentes lettres déposées sur sa tombe révèlent une chose: toutes sont écrites, comme si les auteurs s’adressent à un ami, un confident, un parent, un père. On trouve des appellations du genre: «bonjour papy», «cher papa», «cher Karol»… Les intentions formulées pour qu’il intercède, les actions de grâces, les demandes de protection, de bénédiction…
Le résumé de la presse, lors de son agonie et sa mort, a montré que la presse est allée au-delà du matériel. Elle a annoncé le caractère spirituel: la compassion des fidèles, sa souffrance dans le silence, cette communion du peuple de Dieu pendant l’agonie et la mort de leur pasteur. La presse l’a montré, le pape souffrant dans les images, annonçait qu’il ne faut pas avoir peur de se montrer dans la souffrance. La presse a communiqué aussi, en tenant compte du contexte spirituel et religieux, la solennité des rites (la bible ouverte sur le cercueil).
A la faculté de communication de l’université pontificale Santa Croce, à Rome, la période prélude à la béatification du Pape Jean Paul II est remplie de conférences en son honneur. L’université, unie avec tout le peuple de Dieu, se prépare, spirituellement, à vivre cet événement, dans la joie, l’action de grâces.
Sr Guilène Andréa MIAMBANZILA
(Rome)