Obsèques de Fulbert Kimina-Makumbu à Voka (département du Pool) : Monument de la presse au Congo, «Grand K» a été inhumé dans sa terre natale

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Ayant fait valoir ses droits à la retraite le 30 juin 2005, après plus de 45 ans de dur labeur marqué par la fidélité, la passion, la rigueur et la ponctualité au sein de la rédaction de l’hebdomadaire «La Semaine Africaine», Fulbert Kimina-Makumbu, dit «Grand K», journaliste sportif de renom, doyen de la presse sportive congolaise qui noircissait les colonnes de ce journal sous plusieurs pseudonymes tels: «F.K.M-Pilote», Kiviangu Viangu Kaka, «Carioca», et qui a signé des milliers d’articles, aussi bien en sport que dans d’autres rubriques, a été arraché à l’affection de ses proches, à l’âge de 73 ans, lundi 9 janvier 2012, à 21h45, à l’hôpital central des armées Pierre Mobengo de Brazzaville, des suites d’une complication prostatique. Comme un bon partriarche, Fulbert Kimina-Makumbu a été inhumé, samedi 21 janvier 2012, à N’dimba, près de Voka, sa terre natale, à près de 100 km, au Sud de Brazzaville, dans le département du Pool.

 

Après la levée de corps à la morgue municipale de Brazzaville, vendredi 20 janvier, le cortège funèbre de «Grand K» s’est, d’abord, ébranlé vers le siège du journal «La Semaine Africaine», où un vibrant hommage lui a été rendu par le personnel dudit journal, les parents, amis et connaissances, notamment certains prêtres, sportifs, dirigeants sportifs et professionnels des médias de la place. Au cours de cet ultime hommage à ce monument de la presse écrite congolaise, Bernard Mackiza, condisciple du défunt à l’école primaire de Voka, ancien directeur de l’hebdomadaire «La Semaine Africaine» et compagnon de route de l’illustre disparu, a eu le privilège de prononcer l’oraison funèbre. C’est ainsi qu’il a rappelé l’œuvre, les qualités humaines, professionnelles et les plus grands moments de la vie professionnelle de Fulbert Kimina-Makumbu, avec qui il a passé près d’un demi siècle de travail collégial, minutiueux et fécond, permettant à ce journal de tenir route jusqu’aujour-d’hui.
Partant, l’ancien directeur de «La Semaine Africaine» a livré un témoignage poignant sur son frère, collègue et ami, justifiant ainsi la symbolique de cette cérémonie funéraire: «Nous avons commencé notre carrière ensemble avant que le Congo n’accède à l’indépen-dance. A cette époque, La Semaine Africaine s’appelait La Semaine de l’A.e.f (Afrique équatoriale française). Nous couvrions toute l’actualité de l’A.e.f., lui s’occupait de la page du Gabon, l’abbé Louis Badila s’occupait du Congo et moi, je suivais la République Centrafricaine, le Tchad et l’actuelle République démocratique du Congo. Nous avons travaillé passionnément, à tel point que nous n’avions, véritablement, pas de vie familiale. Nous travaillions même les dimanches. Il était très rigoureux (…)». Après quoi, a eu lieu le recueillement devant la dépouille mortelle de l’illustre disparu, suivi du dépôt de la gerbe de fleurs. Après l’hommage au siège de La Semaine Africaine, le cortège funéraire s’est rendu au domicile du défunt, au Plateau des 15 ans, dans le quatrième arrondissement de Brazzaville.
L’un des moments les plus émouvants de cette cérémonie d’adieux à «Grand K» aura été la messe de requiem en l’église Jésus Ressuscité et de la Divine Miséricorde du Plateau des 15 ans. Présidée par Mgr Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville, cette messe a été concélébrée par dix prêtres, parmi lesquels, les abbés Mesmin-Prosper Massengo, secrétaire général de l’Acerac (Association des conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale), Bogdan Piotrowski, Christian Moussavou, Parfait Gladys Batékouaou, respectivement, curé et vicaires de la paroisse Jésus Ressuscité et de la Divine Miséricorde, les pères Maurice Milandou et Jean Missongo, respectivement, directeur de Radio Magnificat et moine bénédictin. La Schola populaire paroissiale à laquelle appartenait la veuve, a assuré l’animation liturgique de la cérémonie.
L’église Jésus Ressuscité était remplie des parents, amis, connaissances et, notamment des chevaliers de la plume et du micro, aussi bien en activité qu’à la retraite, parmi lesquels figuraient le personnel de La Semaine Africaine, Ghislain Joseph Gabio, journaliste sportif à la retraite, et bien d’autres, venus rendre un dernier hommage à celui qui avait rassemblé le pleuple de Dieu pour la dernière fois, en cette église. 
Dans l’homélie, le curé de ladite paroisse, partant du postulat: «Croire, c’est voir» et s’inspirant du récit biblique de Job, a dépeint les grands traits qui ont caractérisé la vie chrétienne et l’œuvre de Fulbert Kimina-Makumbu. Ce faisant, l’abbé Bogdan a évoqué le souvenir du défiunt en rappelant qu’il a eu à collaborer, avec passion et fidélité, au bulletin paroissial «Le Ressuscité», depuis le début jusqu’au soir de sa vie, où il laisse  le 304ème numéro en chantier. Peu avant la prière du dernier adieu, Mgr Anatole Milandou, au nom de la Commission épiscopale des moyens de communication sociale que préside le Révérend Père Miguel Angel Olaverri, administrateur apostolique de Pointe-Noire, a présenté ses vives et sincères condoloéances à la famille biologique du défunt, après avoir rappelé ses nombreuses années de fidélité marquées par une fructueuse collaboration au sein du journal La Semaine Africaine. A l’issue de cette messe, le cortège a pris la direction de N’dimba, à deux ou trois kilommètres de Voka, où «Grand K» a été porté en terre, le lendemain, peu avant midi, après une messe, présidée par l’abbé Arnaud Kabikissa, vicaire de la paroisse Notre-Dame Auxiliatrice de Voka, et concélébrée par l’abbé Armel Bouiti, curé. La Schola populaire de Voka ayant assuré l’animation liturgique.

Qui était Fulbert Kimina-Makumbu?
Né en 1939, à N’dimba-Voka, de Joseph Makumbu et d’Adolphine Nzonza Mawidikila, avant dernier enfant de ce couple, Fulbert Kimina-Makumbu a fait ses études primaires à Voka, auprès des missionnaires catholiques. Après le C.e.p.e (Certificat d’études primaires élémentaires) indigène, il accède au collège Chaminade de Brazzaville, où il découvre les merveilles et les contraintes de la vie urbaine. Mais, en 1952, faute de soutien, il abandonne les études secondaires pour suivre une formation en dactylographie et en sténographie, sanctionnée par un diplôme qui lui permet de trouver de l’emploi, d’abord à Cfao, puis à l’Orstom, à Pointe-Noire, en 1957. C’est de là qu’il commençe à collaborer à «La Semaine de l’A.e.f», par l’envoi des articles. Très bien apprécié, il fut recruté comme permanent, le 2 septembre 1960, succédant à Sylvain Ntari Bemba. Quand «F.K.M-Pilote» arrive à La Semaine Africaine, il n’y avait que cinq employés, parmi lesquels, le Père Jean Legall, prêtre spiritain et fondateur du journal, Côme Mankassa. Il y demeura 45 ans, avec, plus tard, Bernard Mackiza, comme directeur de la rédaction.
Paroissien intrépide et assidu de la paroisse Jésus Ressuscité et de la Divine Miséricorde, Fulbert Kimina-Makumbu laisse une veuve et huit enfants, dont l’aîné, Serge Fulbert Kimina-Makumbu, présentateur d’émissions sportives à la Télévison nationale congolaise, a hérité de son charisme professionnel.

Gislain Wilfrid BOUMBA

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