Point de vue : La Fécofoot condamnée à revenir au carrefour

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Les férus de football congolais digèrent encore la grosse amertume laissée par les Diables-Rouges, le 27 mars dernier, face au Ghana. Ils désignent les responsables de leurs malheurs. 

Parce que langoureux a été le répertoire des joueurs congolais, les nostalgiques regrettent, sûrement, le passé lointain quand, par leurs talents intrinsèques, leurs aînés étaient devenus des artistes, des dieux du ballon rond sur les terrains africains.

Mais, les joueurs et le staff technique ne seraient, cependant,  pas les seuls responsables de la débâcle des Diables-Rouges. Sans ambition, il est illusoire, en effet, de revendiquer une victoire. Une fédération nationale se doit d’avoir une politique cohérente de préparation permanente de l’équipe nationale. A court, moyen et long terme. Cela passe par l’élaboration, chaque année, d’un agenda des rencontres internationales amicales, tant à domicile qu’à l’extérieur, à côté de ceux de la Caf ou la Fifa. Le calendrier coordonné de la Fifa (les fameuses dates Fifa) facilite, aujourd’hui, la multiplication de ce genre de matchs. C’est une aubaine à saisir. On permettrait, ainsi, au sélectionneur national, de tâter le pouls des joueurs. Et de réduire les risques de mauvais choix. Cela l’aiderait, également, à forger son groupe, à en peaufiner le collectif et à pallier des insuffisances tactiques, techniques ou physiques. C’est ainsi, entre autres solutions, qu’on arrivera à replacer les Diables-Rouges sur l’orbite africaine et internationale.

Les choses n’en vont pas autrement, sous d’autres cieux. Elles étaient ainsi, également, au Congo, à une certaine époque. Le défilé ininterrompu des clubs et sélections africains, européens et sud-américains, à Brazzaville et Pointe-Noire, ainsi que les déplacements à l’extérieur ont donné l’occasion, à nos joueurs, de se mesurer aux meilleurs. Et notre football a fait d’indéniables progrès. Or, aujourd’hui, que remarque-t-on? Excepté les rencontres officielles organisées par la Caf ou la Fifa, les Diables-Rouges ont cessé de se frotter aux autres. En guise de justification,  Fécofoot (Fédération congolaise de football) et Ministère des sports mettent en relief le manque criard de moyens financiers, dans le pays, pour faire face aux matches internationaux amicaux de préparation. Il faut craindre que ce soit routine et tâtonnements chroniques trahissant leur manque de génie créateur, d’imagination. Peut-être sont-ils, en réalité, incapables de s’organiser, de se débrouiller, comme, avant eux, leurs «ancêtres».

Il n’y a pas longtemps, on s’est extasié, lorsque les Diables-Rouges ont multiplié les contacts, à la faveur des dates Fifa: Sélection de Corse-Congo (6 juin 2009), à Ajaccio (France), Maroc-Congo (12 août 2009), à Casablanca, Congo-Corée du Nord (13 octobre 2009), au Mans (France) et Angola-Congo (14 novembre 2009), à Luanda. On oublie que c’est le fruit de l’accord de partenariat avec un agent de matchs Fifa. Cet héritage a été, malheureusement, dilapidé.

Le passé éclaire l’avenir. Pourquoi rougirait-on de honte, en revenant au carrefour, quand on a perdu son chemin? Il y a des conseils à prendre dans notre passé. Dans le cas contraire, les dinosaures actuels du football congolais tireront, définitivement, ce football vers le bas, leur façon de faire n’étant que cautère sur une jambe de bois.

Fabien TOMBADIO

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