Carmma (Campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique) : Ambassadrice de bonne volonté, Philomène Fouty Soungou plaide non aux risques liés à la maternité

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Le vendredi 20 janvier 2012, c’était la journée de sensibilisation sur la Carmma (Campagne pour la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile en Afrique). Au cours d’une cérémonie organisée au Palais des congrès, à Brazzaville, sous le patronage de la Première dame, Mme Antoinette Sassou Nguesso, épouse du chef de l’Etat, marraine de la Carmma, Mme Philomène Fouty Soungou, ambassadrice de bonne volonté, a présenté la communication ci-après, en présence du Ministre d’Etat Florent Ntsiba, du Ministre de la santé et de la population, Georges Moyen, des parlementaires et des représentants des agences du système des Nations unies.
Dans notre beau pays, la reprise des pluies augure toujours de bonnes nouvelles.
La pluie rafraîchit le climat, apporte la sérénité et annonce une saison d’abondance et d’opulence de la nature généreuse qui devient luxuriante.
Madame la Marraine de la CARMMA, telle est la vision qui transparaît de votre présence ici, en ce jour. Une vision pleine d’espérance confortée par l’appui constant et régulier que vous n’avez cessé d’apporter aux problèmes de santé de la mère et de l’enfant.
Permettez-moi, alors, de vous souhaiter la bienvenue et de vous présenter, au nom de toute l’équipe d’organisation et en mon nom propre, nos hommages les plus sincères, nos salutations très respectueuses et notre gratitude infinie.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs;
Je manquerais à un devoir, si je n’exprimais pas ma profonde reconnaissance et ma joie de compter, parmi nous, les membres du Gouvernement. Mesdames et Messieurs les Ministres, veuillez accepter notre profonde gratitude, pour avoir consacré un peu de votre précieux temps et de venir partager, avec nous, ces moments d’échanges sur la problématique de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs;
C’est avec une réelle émotion que je m’adresse à vous, aujourd’hui, en ma qualité d’Ambassadrice de Bonne Volonté de cette Campagne pour l’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique, en sigle CARMMA, et dont le rôle est, dans la stratégie de l’Union Africaine, de servir d’interface entre les décideurs et partenaires en matière de santé et les communautés bénéficiaires, les femmes en l’occurrence, pour la mise en œuvre de la feuille de route nationale pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.
A ce propos, je voudrais remercier Monsieur le Ministre de la Santé et de la Population, de m’avoir, avec cette désignation, ramené à mes vielles amours de Sage-femme, le plus beau métier du monde, celui d’aider les femmes à donner la vie.

Monsieur le Ministre de la Santé et de la Population;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs;
Mon émotion est d’autant plus vive que je réalise, chaque jour, avec plus d’acuité, le drame humain qui se joue à nos portes et le degré de notre responsabilité dans la gestion de ce problème de santé publique.
Au cours de l’année 2011, dans l’exercice de cette fonction d’Ambassadrice, j’ai eu la chance de redescendre sur le terrain, à Brazzaville, à Djambala, à Owando et à Ewo. Partout, ce sont les mêmes constats, un même déficit en ressources humaines, en équipements, en médicaments... notamment pour les pathologies de la mère et de l’enfant.
Nous ne pouvons rester insensibles, ni nous taire face à ces cris d’alarme. Nous ne pouvons ignorer le fait qu’aujourd’hui encore, dans notre pays, trop souvent, donner la vie rime avec la mort.
Il est de la responsabilité de chacun d’entre nous de préserver le droit à la santé et à la vie, de jouer son rôle dans la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile au Congo.
Dans cette lutte, nous devons fédérer aussi bien les femmes que les hommes, et, plus généralement, l’ensemble de la société congolaise. La victoire n’est possible que si elle émane de la volonté individuelle et collective et si, ensemble, nous décidons de faire de ce combat une priorité nationale.
Je citerai le Professeur Halfdan Mahler, ancien Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé, en 1987, lors du lancement de l’Initiative pour une Maternité à Moindre Risque, qui déclarait, je cite: «La mortalité maternelle est une tragédie que l’on a négligée, et si on l’a négligée, c’est que ceux qui la subissent sont des êtres que l’on néglige, ceux qui ont moins de pouvoir, ceux qui ont moins d’influence sur la façon d’utiliser les ressources nationales (les femmes, les pauvres et les paysans...)», fin de citation.

Madame l’Epouse du Chef de l’Etat,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs;
Nonobstant les efforts engagés par le Gouvernement à travers la réhabilitation des formations sanitaires, le recrutement du personnel de santé, les mesures de gratuité du paludisme, des ARV, de la césarienne et des autres interventions obstétricales majeures, cette déclaration vieille de plus de 20 ans, demeure d’actualité.
Il est donc de notre responsabilité de dire NON.
- NON aux risques liés à la maternité.
- NON à la mort prématurée occasionnée par la négligence et l’ignorance.
- NON à une quelconque discrimination dont les femmes seraient les victimes sur le plan sanitaire.
Aucune femme ne doit risquer sa vie, ni mourir pour avoir choisi de donner la vie.
Il est, également, de notre responsabilité d’agir, de renforcer les capacités de notre système de santé, afin de garantir des soins de qualité à l’ensemble de la population.
Permettez-moi, maintenant, de m’adresser, directement, aux femmes congolaises, qui sont non seulement les principales bénéficiaires de la CARMMA, mais également, les principales actrices de la réduction de la mortalité maternelle au Congo.
- Femmes congolaises, des moyens sont mis à votre disposition, saisissez-les.
- Allez en consultations prénatales, pour assurer un suivi de votre santé et de celle de votre bébé. Elles sont une garantie du bon déroulement de votre grossesse.
- Faites le test de dépistage du VIH Sida. Je sais que cette démarche demande beaucoup de courage, mais c’est le premier moyen de l’élimination de la transmission du virus à votre enfant. C’est aussi un des premiers gestes d’amour en tant que future mère, car il est de votre devoir de protéger votre bébé, avant même sa naissance.

- Allez accoucher dans les maternités reconnues par l’Etat, car le personnel qui s’y trouve est formé pour faire face aux complications graves.
- Utiliser les services de planification familiale, pour recevoir les conseils utiles pour éviter les grossesses non désirées.
- Enfin, rappelez-vous que l’allaitement maternel exclusif, dès la naissance et pendant les six premiers mois de la vie, est la meilleure source d’alimentation pour un enfant et renforce son système immunitaire.
En ma qualité de femme, de mère et de sage-femme, je peux vous assurer que ce geste simple et naturel est une composante essentielle de la maternité et une source d’épanouissement pour la mère et l’enfant: non seulement vous donnez la vie en mettant au monde votre bébé, mais aussi, vous lui offrez toutes les chances d’être vigoureux et en bonne santé, en l’allaitant. C’est un privilège dont il ne faut se priver!
Distingués invités, Mesdames et Messieurs;
Permettez-moi aussi de m’adresser aux sages-femmes.
Les résultats des audits menés par l’Observatoire national de décès maternels, que coordonne le Pr Léon Hervé Iloki, dont je voudrais saluer, ici, l’engagement pour la cause des femmes du Congo, les résultats disais-je, révèlent que beaucoup de décès maternels le sont du fait de notre responsabilité, du fait du mauvais accueil et de nos faibles performances.
Je vous demande qu’aucune femme ne sorte de nos centres de santé sans rechercher l’anémie, l’hypertension artérielle, le diabète, la drépanocytose et les signes de danger.
Je vous recommande l’utilisation systématique du partogramme, pour la surveillance du travail d’accouchement.
En ce qui me concerne, avec l’appui de la Première Dame et de tous, je souhaite que le Congo devienne un modèle en matière de lutte contre la mortalité maternelle.
Je pense que c’est, essentiellement, une question de volonté et c’est pourquoi, je compte sur l’engagement de tous les Congolais et de tous nos partenaires, pour appuyer le Gouvernement dans ses efforts pour la santé de la mère et de l’enfant. L’organisation de cette journée est l’illustration du travail en équipe.
Je voudrais, ici, remercier l’engagement des Représentants des Agences du Système des Nations Unies à nos côtés.

Monsieur le Ministre de la Santé et de la Population;
Monsieur le Coordonnateur du Système des Nations Unies;
Madame et Messieurs les Représentants des Agences du Système des Nations Unies;
Assurément, nous commençons un travail de longue haleine, mais je sais pouvoir compter sur votre énergie et engagement, pour que la CARMMA donne naissance à des actions concrètes et mesurables, afin de réduire, de façon durable, la mortalité maternelle au Congo.
Aussi, nos remerciements sont adressés à tous les héros dans l’ombre.
Pour terminer, Madame l’Epouse du Chef de l’Etat, Marraine de la CARMMA, je voudrais clore mon allocution, en vous priant d’accepter, en témoignage de notre profonde affection, les acclamations debout de toute l’assemblée ici réunie.
Je vous remercie!