SECURITE SOCIALE : La CNSS clarifie son action à l’endroit des pensionnés

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En l’absence de M. Christian Barros, président du conseil d’administration, Emmanuel Zoula, son adjoint, a présidé, mardi 3 mars dernier à Brazzaville, la réunion du Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), en vue de clarifier l’ensemble de son action à l’endroit de ses pensionnés. 

 

Du processus de recouvrement de fonds à la paie des pensions, Evariste Ondongo, Directeur général de la CNSS, a passé au peigne fin les difficultés qui minent cet établissement public à caractère social, doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière. C’était en présence des administrateurs, des responsables syndicaux (CSTC, CSC, COSYLAC, UNICONGO), des responsables des organisations patronales et des travailleurs.
Dans sa communication, Evariste Ondongo a, tout d’abord, rappelé, en prenant à témoin quelques retraités présents à cette rencontre, que depuis des années 2007, 2008, la CNSS avait toujours payé régulièrement et même avant terme, ses prestations sociales. «Nous avons réussi, pendant cette période, à faire des réserves», a fait savoir l’orateur. Malheureusement, autour des années 2014-2015, la situation économique du pays était devenue difficile. «Nous avons vécu en utilisant nos réserves jusqu’à ce qu’aujourd’hui, la situation devienne de plus en plus difficile», a-t-il poursuivi, avant d’expliquer les causes de certains retards de paiement des pensions.
Pour payer, par exemple, un retraité, il faut prélever de l’argent à au moins 5 travailleurs actifs. Or, à cause de la situation économique désastreuse, nombreuses sont des entreprises qui ont fermé, et d’autres ont procédé au licenciement de leur personnel. Aujourd’hui, des secteurs entiers n’existent plus. Or, le système actuel étant basé sur la solidarité, ce sont des prélèvements opérés sur les revenus des actifs qui permettent les prestations sociales. Il y a effectivement inadéquation entre les salariés et les retraités, au point où la situation financière de la CNSS a pris un coup considérable. Donc «nous avons de plus en plus de mal à faire face à nos obligations», a déploré Evariste Ondongo. Raison pour laquelle, aux troisième et quatrième trimestres 2019, un retard de paiement a été observé.
A cela, il faut ajouter qu’un salarié, lorsqu’il est admis à la retraite, 4 ans après, il épuise toutes ses cotisations. Après quoi, il est pris en charge par la solidarité du régime. Des études ont montré que «le retraité vit en moyenne 14 ans, après la retraite, il épuise ses cotisations en 4 ans…donc pendant 10 ans, il est pris en charge grâce au régime de solidarité», selon le Directeur général de la CNSS.
Par ailleurs, dans sa communication, Evariste Ondongo a déploré l’attitude des syndicalistes du secteur pétrolier qui menacent de suspendre leurs cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale.
Par une simple règle mathématique, l’orateur a démontré que le secteur pétrolier n’est pas celui qui cotise le plus. La société Total E&P Congo, par exemple, cotise à hauteur de 100 millions de F. CFA par mois, pour 600 retraités qui sont payés à plus d’un milliard de F. CFA par trimestre. Constat: plus de 100 millions de F. CFA de moins par trimestre que la CNSS doit trouver pour compléter la paie des retraités de Total E&P Congo.
Donc, la solidarité est de mise. «Sinon, où prélever de l’argent pour continuer à payer les retraités des sociétés qui n’existent plus comme: la COMILOG, la MAB, l’OFNACOM, l’OCV, etc.», s’est interrogé Evariste Ondongo.