Un bilan de nos élus avant les élections législatives de 2012

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Dans quelques mois, les Congolais en âge de voter iront aux urnes, pour choisir leurs représentants à l’assemblée nationale, pour un mandat de cinq ans. Dans la perspective de ce rendez-vous démocratique, certains partis se sont redynamisés, mais d’autres sont encore dans la confusion, sans oublier les indépendants qui se préparent. C’est pour ainsi dire que l’heure de faire le bilan a déjà  sonné pour ceux qui sont à l’hémicycle depuis 2002 et/ou 2007. La fin d’un mandat est l’occasion de faire le bilan et le nouveau mandat, pour ceux qui seront élus, une occasion de dégager les perspectives. Il y a des députés dont le compte n’est pas bon voire médiocre; d’autres présentent plutôt des bilans encourageants.


Le parlement ne doit pas êtreconsidéré comme une maison de retraite ou un studio d’enregistrement. Ce n’est pas un commentaire ou un abus de langage ni non plus une atteinte à l’honneur des parlementaires que de le dire. Il ne s’agit pas non plus de remettre en cause la crédibilité, les diplômes obtenus, les fonctions occupées, les distinctions, le parcours professionnel ou l’expérience professionnelle de nos braves élus. Juste un constat, une observation. Nous estimons que c’est le moment de s’exprimer par la critique saine, parce qu’il n’y a pas de prospective sans critique. L’intellectuel, c’est celui qui accepte la critique et l’autocritique comme moyen de se perfectionner.
Ce que nous avons constaté, c’est que les parlementaires de l’opposition s’opposent toujours, même quand le travail est bien fait. Ceux de la majorité, par contre, acceptent toujours, même quand le travail est mal fait. Les indépendants, quant à eux, sont, parfois, comme des sans position fixe.
Depuis le début de la mandature (septembre 2007), certains députés ne mettent pas le même cœur à l’ouvrage législatif. Ils ne se prononcent pas sinon jamais. D’autres encore sont timides. On enregistre, parfois, des interventions contre-productives. Rédiger un amendement est un art qu’une infime minorité de parlementaires maîtrise. Un attaché parlementaire, soucieux de ne pas perdre sa place et gardant l’anonymat, a affirmé: «Parfois, je me demande si nos députes méritent ce qu’ils gagnent. Car, certains ne représentent pas le peuple congolais, sinon qu’eux-mêmes, leur égoïsme, leurs intérêts et leurs familles».
Tous les députés n’ont pas la même hargne au travail. Il y a des absents, des députes occupés, très occupés sinon qui ont la tête à autre chose: pas une question orale posée durant toute la mandature; pas un rapport parlementaire présenté, pas d’enquête parlementaire menée et, parfois même, pas de descente parlementaire effectuée. Mais, à l’heure des salaires, ils sont là. Quel dommage! Un citoyen proche d’un député depuis 2002 a transformé son foyer en ambassade. Ce dernier estimait, en 2007, et malgré les menaces de sa femme de quitter le foyer que «le peuple congolais, toutes catégories confondues, souhaite connaître les vrais revenus des parlementaires, avoir une loi sur la transparence financière de la vie politique». Beaucoup de députes refuseront sinon s’opposeront à la notion de transparence. L’Eglise n’est pas restée en marge. Elle veille aussi sur la bonne marche des activités de l’Etat. Elle dénonce les injustices et les abus de pouvoir. C’est pourquoi un pasteur enseignant à l’Université Marien Ngouabi affirmait: «Un parlementaire qui s’oppose à la mise à nue de son patrimoine n’est pas digne d’être un représentant du peuple».
Voici une rubrique que nous mettons à la disposition de l’opinion, pour classer nos députés:
- députés actifs;
- députés assidus ou sérieux;
- députés influents;
- députés touristes;
- députés m’as-tu vu.
Les hommes politiques, enfin, sont presque toujours des orateurs. C’est pourquoi le président américain, Barack Obama, lors d’un séjour de travail au Ghana, affirmait: «L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais plutôt d’institutions fortes».
A titre de rappel, le rôle d’un député est, souvent, mal connu des citoyens qui attendent de lui monts et merveilles. Le rôle du député, ce n’est pas de construire des ponts, des routes, des bâtiments scolaires ou des bâtiments médicaux dans une localité, ni non plus de faire le tour de sa conscription, pour constater le manque d’enseignants du primaire au lycée, de médecins et d’infirmiers ou encore d’organiser des tournois de football ou de nzango, pour divertir les jeunes, ou même de venir se moquer des pauvres, en leur offrant des biens à la veille des élections.
La victoire électorale s’obtient grâce à la qualité de son programme bien sûr, et également à l’empathie manifestée par le candidat et à l’autorité naturelle qu’il exprime. La jeunesse congolaise est dorénavant consciente qu’elle est au cœur de tous les enjeux électoraux. Certains députés font excellemment du social.
Le député devrait jouer un rôle important puisqu’il a le pouvoir, le dernier mot au cas où ils ne s’accordent pas avec le sénateur. Pour exercer son rôle, le député peut interroger le gouvernement, examiner son action au sein d’une commission, parfois même contrôler l’emploi de l’argent public. Il formule des questions écrites, orales, des questions d’actualité, des enquêtes parlementaires (Cf. article 89 de la Constitution du 20 janvier 2002). Le rôle du député est non seulement de représenter sa circonscription mais également la nation entière. Le député siège au parlement qui est composé de deux chambres: l’assemblée nationale et le sénat.
Un patriote, un citoyen de même qu’un député doit toujours être prêt àdéfendre son pays contre son propre gouvernement.
Chers députés, peu importe votre passé en politique, vos appartenances aux familles politiques, sans oublier vos différentes relations çà et là, nous vous prions, très parlementairement, de ne pas mettre la police derrière nous. Nous serons venus vous dire tous ces mots, mais nous n’aurons pas été reçus, parce que l’honorable est toujours surchargé de travail. Pourtant, un représentant du peuple doit toujours chercher à s’informer et il doit s’intéresser à l’information qu’on lui apporte, pas seulement à celle que lui fournit son cabinet.
Si nous avons mal parlé, nous vous présentons nos sincères excuses. Mais, si nous avons parlé vrai, merci de vous améliorer, pour renforcer la cohésion de notre parlement avec son peuple. Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent!

Emmanuel
DADET BATCHY

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