Discours du président de la République devant le parlement réuni en congrès : Denis Sassou Nguesso met l’accent sur la politique sociale

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Suivant l’article 85 de la constitution du 20 janvier 2002, «Le président de la République adresse, une fois par an, un message sur l’état de la nation au parlement réuni en congrès...». Et ce message ne donne lieu à aucun débat, précise la loi fondamentale. Ainsi, lundi 13 août dernier, à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance, le président Denis Sassou Nguesso a délivré le traditionnel message sur l’état de la nation, devant le parlement réuni en congrès, au Palais des congrès, à Brazzaville, lors d’une séance présidée par Justin Koumba, président de l’assemblée nationale. Il a affirmé sa détermination à consolider la politique sociale, en prenant deux importantes décisions: l’instauration d’un prix social de l’électricité et la mise en œuvre de l’assurance-maladie universelle.

Dans son discours sur l’état de la nation, le président Denis Sassou Nguesso a rappelé le parcours du pays depuis quinze ans, au moment où «peu d’observateurs croyaient en nos capacités à refaire l’unité nationale, à reconstruire et à remettre en bon ordre de marche, notre pays profondément meurtri, divisé, détruit par les hostilités déclenchées le 5 juin 1997».
«Longue, rude et escarpée est la pente au sommet de laquelle se trouvent la prospérité, la cohésion et l’unité; la paix, la confiance et la crédibilité; la fierté et la dignité nationales. Jour après jour, depuis quinze ans, nous gravissons cette pente, au prix de gros efforts, parfois au prix de sacrifices et de privations. Nous la gravissons, grâce à un  généreux sentiment de patriotisme, grâce à un formidable esprit de responsabilité, d’abnégation, de rigueur et de solidarité. C’est ainsi que nous inscrivons, dans la durée, la reconnaissance et la rénovation de notre Congo. L’état de la nation, en cette année 2012, porte la marque de cette progression rassurante, la marque de la détermination et de l’ardeur, la marque de la confiance en l’avenir», a-t-il déclaré.
Faisant le point de cette marche, Denis Sassou Nguesso a évoqué, au plan politique, «l’édifice institutionnel qui régit notre pays et qui se consolide» et «la démocratie qui s’affermit, progressivement», prenant comme preuve les dernières élections législatives. «Je rends, donc, un hommage mérité au peuple, à l’ensemble de la classe politique et à tous les acteurs de ce processus électoral. Ils ont,  tous, su placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute autre considération. Je félicite les heureux élus. Je rappelle que leur victoire n’est pas celle d’un camp contre un autre. C’est la victoire de la démocratie; la victoire du nouveau Congo en construction. Je les exhorte à exercer leur mandat au seul profit de la nation et pour l’intérêt général», a-t-il dit.
Le plan économique est marqué par l’adoption d’un «plan national de développement 2012-216». «L’activité économique, dans son ensemble, a enregistré un accroissement soutenu, avec des résultats à tous égards satisfaisants et favorables», a soutenu le chef de l’Etat. Au centre des préoccupations du gouvernement, «l’économie verte», le développement du secteur des mines solides (fer, cuivre, potasse…), l’industrialisation du Congo «épine dorsale» du «Chemin d’avenir» et la poursuite de la construction des infrastructures de base, dont les routes.
Après avoir rappelé les investissements importants dans le domaine de l’eau et de l’électricité, le président Denis Sassou Nguesso a annoncé qu’en faveur de l’année de l’électricité, «il est prévu l’élaboration d’un tarif social d’électricité adapté aux capacités des couches les plus vulnérables». Il a encouragé le dialogue social, «l’autre credo» de sa politique sociale et a rappelé les mesures sociales déjà mises en œuvre par le gouvernement, et qui portent sur «l’augmentation de 10% du salaire minimum des agents de l’Etat», le «paiement de deux trimestres d’arriérés de pension dus aux retraités de la Caisse nationale de sécurité sociale», la «majoration de plus de 100% des allocations familiales des enfants à charge des fonctionnaires» et sur «l’augmentation de 50% des bourses des étudiants». «La refondation en cours de notre système de sécurité sociale devra permettre d’étendre la couverture sociale, longtemps l’apanage des travailleurs salariés, aux autres catégories de la population», a-t-il souligné.
Dans le domaine de l’emploi, le président de la République a signalé l’incidence, en termes de création d’emplois, de la réalisation de certains projets et des recrutements opérés à la fonction publique. Il a évoqué les efforts du gouvernement dans le domaine de l’éducation où plus de mille salles de classes équipées on été construites ou réhabilitées.
C’est dans le domaine de la santé où Denis Sassou Nguesso a énoncé ses priorités, parmi lesquelles «le maillage de l’ensemble du territoire national en infrastructures sanitaires de qualité» et surtout, «la couverture universelle des populations en soins essentiels par la mise en œuvre de l’assurance-maladie universelle».
Les victimes du drame du 4 mars 2012 n’ont pas été oubliées. «La nation solidaire ne les abandonnera jamais», a-t-il dit. Il a exprimé la détermination du gouvernement à reconstruire les quartiers détruits, en plus des programmes de logements réalisés à Kintelé.
Enfin, le discours sur l’état de la nation se termine, toujours, par la désignation du futur département qui va abriter la fête de l’indépendance nationale et bénéficier ainsi de la municipalisation accélérée. «Dans la poursuite du programme de célébration tournante de la fête nationale, avec la dynamique de la modernisation physique du pays qui l’accompagne, à travers la municipalisation accélérée, les festivités du 54ème anniversaire de l’indépendance, en 2014, auront pour siège Sibiti, dans le département de la Lékoumou». Rappelons qu’en 2013, le rendez-vous a été pris à Djambala, dans le département des Plateaux.

Joël NSONI

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