Congo–Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, le premier ministre du président Ouattara, reçu à Brazzaville, par le chef de l’Etat

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Guillaume Soro, le premier ministre du président ivoirien élu, Alassane Dramane Ouattara, a été reçu en audience, le lundi 24 janvier dernier, au palais du peuple, à Brazzaville, par le président de la République, Denis Sassou Nguesso. Le premier ministre du gouvernement Ouattara, reconnu par la communauté internationale, effectuait une tournée de certaines capitales africaines, pour présenter la situation actuelle de son pays, avant le prochain sommet

de l’Union africaine d’Addis Abeba, auquel participera le président Alassane Ouattara. Médiateur dans la crise ivoirienne lors de son mandat à la tête de l’Union africaine, Denis Sassou Nguesso avait réussi à mettre ensemble les cinq protagonistes  qui avaient, à cette occasion, aplani leurs divergences. Pour Guillaume Soro, la solidarité africaine est requise pour la survie de la démocratie en Côte d’ivoire, c’est ce qu’il a déclaré, au sortir de l’audience que lui a accordée le chef de l’Etat.

 

* Monsieur le premier ministre, pouvez-vous nous relater la teneur de vos entretiens avec le président Denis Sassou Nguesso?

** Je suis porteur d’un message du président de la République de Côte d’ivoire, Alassane Dramane Ouattara, à son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Prélude au sommet de l’Union africaine, il était important que le président de la Côte d’Ivoire dépêche des missions dans certaines capitales africaines importantes, pour faire le point  de la situation post-électorale.

Nous avons eu des échanges intéressants sur la Côte d’ivoire qui a élu son président de la République, avec un taux de participation de 84% au premier tour, et de 80%, au deuxième tour. Malheureusement, quelqu’un qui a été battu aux élections a décidé de ne pas laisser le pouvoir. Donc, il faut que toute l’Afrique solidaire puisse se donner les moyens de permettre au président choisi par les Ivoiriens, de gouverner la Côte d’ivoire. Si on échoue, ce serait le recul ou le retour aux présidences à vie, dans le cadre des partis uniques.

* Les tentatives de résolution pacifique de la crise ont montré leur limite, l’option militaire devient-elle obligatoire?

** Moi, je connais l’ancien président, Laurent Gbagbo. Nous savons, comme vous, que rien ne peut le convaincre de céder le pouvoir pacifiquement. Voici quelqu’un qui est battu et qui a décidé de confisquer le pouvoir. Dans de telles circonstances, l’histoire nous enseigne qu’il n’y a pas d’autres possibilités. Ce que le président de la République dit à l’Afrique, c’est que tout vaut mieux que la guerre. Il ne faut pas qu’il y ait la guerre en Côte d’ivoire. C’est pourquoi, nous pensons qu’une opération militaire ciblée, qui n’est pas la guerre, c’est-à-dire une opération commando sur la personne de Laurent Gbagbo réglerait le problème en Côte d’Ivoire.

Nous en avons parlé à la C.e.d.e.a.o, qui est l’organisation sous-régionale. Elle est sur cette ligne. Elle a affirmé que si, au terme des négociations, Laurent Gbagbo ne quitte pas, la Cedeao utilisera la force légitime pour l’enlever du pouvoir. Nous sommes sur cette ligne. Nous souhaitons que tous les dirigeants africains comprennent le message, pour qu’ensemble, nous puissions décider de faire en sorte que la démocratie survive en Côte d’ivoire et surtout que celui que le peuple a choisi, Alassane Dramane Ouattara, dirige dans la tranquillité.

 

Propos recueillis par 
Ernest DIMI
Journaliste à Radio-Brazzaville