Recherches pétrolières : Fabrice Davy Okassa: ses trois brevets d’invention, déposés en Italie

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De nationalité congolaise, fils de l’éminent professeur en mathématiques Eugène Okassa, Fabrice Davy Okassa est détenteur d’une licence en mathématique et d’un niveau maîtrise en géométrie différentielle. Il a effectué ses études supérieures à l’université de Cocody en Côte d’Ivoire. Agé de 39 ans, il occupe la fonction de chef de Département ingénierie du pétrole à Eni Congo. Ce cadre congolais talentueux est détenteur de trois brevets d’invention, fruits des travaux réalisés en 2006 (au Congo), en 2008 et 2010 (en Italie), dans les domaines des réservoirs non conventionnels, venaient d’être déposés en Italie. Une prouesse.

Spécialisé dans l’ingénierie dupétrole, Fabrice Davy Okassa est chargé, au sein d’Eni Congo, de concevoir les modes opératoires pour pouvoir faire produire, le mieux possible, un certain nombre de puits de pétrole, afin d’avoir une meilleure production.
Dans ce cadre, là, il a été expatrié, pendant deux ans, à Milan, en Italie, où il a travaillé sur des gisements qu’on appelle non conventionnels, parce qu’ayant des caractéristiques particulières qui les rendent difficiles à exploiter.«Une réflexion personnelle s’est faite, qui m’a amené à faire une proposition d’habillage des puits, afin de produire, de façon meilleure, des hydrocarbures qu’on appelle lourds, donc qui ont une très grande viscosité. Ainsi, j’ai conçu un schéma où vous avez un puits à l’intérieur duquel on envoie des particules à base d’alumine et de carbure de silice qui sont mis en contact avec une antenne que l’on installe en bas…à base d’ondes électromagnétiques…Donc, par un phénomène physique, il y a conversion de cette énergie en chaleur, à l’intérieur du réservoir, qui crée une chambre de chaleur, comme on le dit en jargon technique, et qui fait que l’élément qui était moins mobile, au début, parce que très visqueux, le devienne. Parallèlement à cela, je l’ai fait aussi pour des puits injecteurs de vapeur, toujours à base d’ondes électromagnétiques, et j’y ai associé, avec l’aide, cette fois, d’un collègue italien, un autre élément qui consistait à utiliser des solvants pour des réservoirs un peu plus complexes qu’on appelle les sables bitumineux, et qui demandent des méthodes d’extraction tout à fait particulières», nous a-t-il expliqué.
Et, à propos de l’autre brevet, qui remonte à 2006, il s’intitule: Motor jacket. L’inventeur congolais a affirmé: «Il avait pour but de créer une espèce d’échangeur thermique entre la température du moteur et le fluide, dans ce qu’on appelle espace annulaire. Donc, par conséquent, on arrivait à générer des lignes de courant moins parallèles, créant un effet de diffusion thermique beaucoup plus accentué et de plus, grâce à ce qu’on appelle des ailettes qui avaient la capacité de créer un effet de scission permettant de libérer le gaz piégé à l’intérieur de l’huile. Dans ce travail, j’ai été soutenu par mon chef de l’époque, Henri Malonga, que je remercie fortement.
je profite de cette occasion pour adresser mes sincères remerciements à la Société Eni Congo, ma société, qui a permis la réalisation de tout ce travail, car elle a toujours été ouverte et a toujours encouragé les initiatives personnelles pour le développement tant des ressources congolaises que de la société Eni Congo elle-même. Vous pouvez d’ailleurs le constater pour les différents actions sur le plan énergétique, sanitaire et social qu’Eni Congo réalisent dans notre pays ».
Que pense l’ingénieur de ses inventions? «Ces études faites au Congo et en Italie m’ont révélé une chose: quand on aime quelque chose et qu’on le fait avec passion, on arrive à développer ce qu’on appelle des mécanismes particuliers, c’est-à-dire que vous qui pourriez penser que vous n’êtes pas capable de faire telle ou telle chose, vous avez une espèce de boîte de Pandore, qui s’ouvre et qui vous permet, parfois, de découvrir des choses dont vous n’auriez jamais pensé être capable. Je n’aurais jamais cru, dans ma vie, qu’un jour, j’aurais pu déposer des brevets en Italie, pays étranger, comme on dit pays des Blancs, qui sont validés par nos collègues italiens, et qui, par la suite, sont insérés comme patrimoine d’Eni, et qui sont convertis, du point de vue international, pour une protection. Et c’est ce qui a été fait. Figurez-vous qu’il y a un brevet qui est protégé jusqu’aux Etats-Unis d’Amérique. Donc, pour moi, c’est quelque chose d’extraordinaire, sachant que je ne suis pas plus intelligent que quelqu’un d’autre. Je pense, par le biais de ce type d’interview, envoyer un message très fort auprès des jeunes générations et même des moins jeunes, pour dire qu’il suffit d’aimer quelque chose et de le faire avec passion, et vous avez des choses incroyables qui se passent. Et donc, c’est pour dire qu’au Congo, nous avons beaucoup de génies, moi, je ne m’appelle pas un génie, mais génie de la science, parce qu’un ingénieur est de la science, et on peut avoir beaucoup plus de personnes qui peuvent démontrer que, techniquement, ils sont capables de faire des choses reconnues ici et à l’étranger», soutient-t-il.
Faire un brevet d’invention, c’est bien, pour son auteur, mais, ça n’apporte pas, nécessairement à manger aux autres. C’est conscient de cela que l’altruiste Fabrice Davy Okassa a décidé de mettre sur pied une association dénommée: A.d.d (Association pour le développement durable). Une association qui vise, entre autres, à apporter, justement, de l’aide, de l’espoir aux populations, aussi bien rurales que citadines, dans le cadre d’un développement socio-économique basé sur des études de proximité, afin de faire que l’aide apportée soit en adéquation avec les besoins.
Fabrice Davy Okassa est auteur et co-auteur de plus de dix articles scientifiques dans les domaines de l’optimisation des performances des puits et des méthodes de récupération assistée.
Marié, père de cinq enfants, il est un sportif reconnu, ceinture noire 3ème dan, en sa qualité de représentant de Secanbudo au Congo.

Véran Carrhol YANGA

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