ECONOMIE : L’année 2020 sera marquée par une forte dégradation

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Le Comité national économique et financier (CNEF) a tenu mardi 21 juillet 2020 à Brazzaville, sa deuxième session ordinaire de cette année, à la direction nationale de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). La dernière remonte au 15 mai dernier. 

 

Les travaux ont été placés sous la présidence de Ludovic Ngatsé, ministre délégué au budget. Avec la participation de Mme Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre du Plan, de la statistique et en présence d’Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC, qui a suivi les travaux par visio-conférence. Michel Djombala, directeur national de la BEAC, en sa qualité de secrétaire général du Comité national économique et financier, a assuré le rôle de rapporteur.
Après leur analyse, les membres ont noté que l’impact négatif de la crise sanitaire et des mesures de confinement adoptées par le Gouvernement dans le cadre de la riposte contre la pandémie de la COVID-19 ont fortement affecté l’économie. Et l’année 2020 sera marquée par une très forte dégradation de la situation économique, monétaire et financière, avec un taux de croissance du PIB réel qui chuterait à moins 9, 8 % et un taux d’inflation qui augmenterait légèrement à 2,8 %, contre 2,3% à la même période, en 2019.
A leur deuxième session ordinaire, les membres du Comité ont passé en revue les atouts d’une économie au ralenti. A l’instar des autres économies, celle du Congo subit le contre-choc de la crise sanitaire. Les prévisions élaborées par la BEAC prévoient pour la fin de l’année 2020, une croissance en forte baisse. Ce contexte économique difficile va aussi se refléter sur les autres agrégats macroéconomiques, notamment le compte-courant de la balance de paiement qui sera déficitaire autour de 126,1 milliards de francs CFA, en raison essentiellement des contreperformances au niveau des exportations et des importations. Quoique légèrement l’inflation également repartira à la hausse. La masse monétaire pourrait baisser à peu près de 14,1 %, en raison de la forte baisse de sa contrepartie extérieure, notamment les avoirs extérieurs nets. Le taux de couverture de la monnaie connaîtra, lui aussi, une baisse, il se situera autour de 26 %. Mais, ce taux restera toujours au-dessus de la norme de 20 % requise dans le cadre des accords de la coopération monétaire.
«Cette cartographie de l’économie congolaise montre l’analyse de la BEAC au terme des quatre premiers mois de cette année et dans le cadre des perspectives jusqu’à la fin de 2020», a indiqué Michel Djombala, directeur national de la BEAC, en tant que rapporteur des travaux.
Pour relancer l’économie, il faut apporter des correctifs à cette situation. L’espoir, a dit le rapporteur, repose sur «toutes les mesures que le Gouvernement met en place. Il y a également les mesures d’assouplissement monétaire que la BEAC a prises récemment, en dehors de l’injection de 250 milliards de francs CFA sur le marché monétaire de l’Afrique centrale. La Banque centrale a poursuivi cette stratégie d’aide aux Etats et à l’économie en élargissant la gamme des effets admis au refinancement et aussi en soignant les conditions des décotes des effets publics qui sont admis au refinancement. L’ensemble des mesures qui sont prises par les pouvoirs publics, par la BEAC et par la Commission de la CEMAC, contribueront à faire en sorte que l’économie nationale puisse redémarrer.»
L’activité bancaire et les différents modes de financement de l’économie congolaise ont été examinés. Michel Djombala a affirmé: «Malgré la crise, le système bancaire se porte bien. Nous avons noté, au cours de cette analyse économique, que le total du bilan des banques enregistre une augmentation autour de 6,3 %, malgré la crise. Les autres indicateurs de performance ont également enregistré une évolution satisfaisante, même si ce n’est pas au niveau que l’on aurait souhaité. Aujourd’hui, l’Etat est en train de préparer un plan de relance économique qui consacrera un certain nombre de mesures en faveur du système bancaire.»
Les membres du Comité ont été soumis à l’appréciation de plusieurs dossiers figurant à l’ordre du jour. Ils ont aussi pris connaissance de la conjoncture économique internationale. L’activité économique mondiale s’est effondrée au premier trimestre de 2020 et les perspectives à court terme ne seront pas meilleures.

Philippe BANZ

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