COVID-19 : Les chefs d’entreprises font des propositions

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Le confinement de la population a été, on le sait, l’une des mesures de riposte contre le COVID-19. De nombreuses entreprises ont été contraintes d’arrêter totalement ou partiellement leurs activités durant ces deux mois de confinement. Dans son édition du 29 mai 2020, La Semaine Africaine relevé  l’impact économique et financier du confinement sur la vie des entreprises.

Notamment les niveaux des baisses d’activités, les chutes des chiffres d’affaires et le niveau de chômage occasionné (suppression d’emplois,  réduction du personnel, etc.). Nous revenons dans ces colonnes sur les attentes des entreprises ou les propositions des chefs d’entreprises en vue de faciliter la relance des activités.

En dépit du déconfinement décrété, la machine économique a du mal à se remettre en route, tout le monde le ressent. Normal, il n’était pas attendu que cela se fasse automatiquement. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra du temps, plusieurs mois pour que les entreprises retrouvent le rythme d’activités d’avant le confinement. D’ailleurs, plusieurs entreprises qui étaient déjà fortement en crise économique et financière avant le COVID-19 pourraient ne plus redémarrer. Le confinement est pour ainsi venu leur donner le coup de grâce…
Il apparaît donc indispensable que le Gouvernement prenne des mesures de soutien aux entreprises, ou tout au moins les accompagne pour qu’elles redémarrent. Car il faut craindre qu’il y ait des nombreux dépôts de bilan, ou de nombreuses cessations de capacités de paiement, ou des pertes de fonds de roulement de la part nombreuses entreprises, ce qui aurait un impact très considérable sur le système financier national.
A Pointe-Noire, capitale économique du pays, La Semaine Africaine a recueilli auprès des chefs d’entreprises leurs craintes, leurs doléances et leurs propositions à l’attention des autorités politiques, afin de permettre aux entreprises de relancer sereinement leurs activités.

Des soutiens économiques et financiers

Interrogé, un patron d’une société de la place de Pointe-Noire suggère qu’il faut que les banques soutiennent rapidement les entreprises pour relancer leurs activités. «Je pense que le Gouvernement doit négocier avec la Banque Centrale, afin que celle-ci soutiennent les banques commerciales qui, à leur tour, vont accorder des facilités aux entreprises. Ce sera, par exemple, à travers des reports des échéances ou rééchelonnement de remboursement des crédits déjà contactés auprès des banques. Cela peut aussi se traduire par geler les agios, faciliter l’accès aux découverts, annuler certaines pénalités échues pendant les mois de confinement, renflouer les trésoreries, etc.», dit-il.
De nombreux acteurs économiques pensent que c’est le moment favorable pour que l’Etat paye ce qu’il doit aux entreprises (dette intérieure), afin de redonner du souffle et donc relancer l’économie. Et pour les entreprises du secteur des transports, il y a lieu de supprimer, temporairement, ou tout au moins de réduire considérablement les taxes sur les points de péages sur les différentes routes nationales.
Presque tous les chefs d’entreprises interrogés par La Semaine Africaine demandent qu’il y ait un report des échéances des impôts et taxes, ou une suspension de la TVA, par exemple.
«Moi, je pense qu’il faut, entre autres mesures, accorder aux entreprises une période de report d’au moins 3 à 6 mois pour la remise d’impôts directs (sur les bénéfices par exemple). De même, instaurer des imputations d’impôts. C’est-à-dire autoriser aux entreprises ayant des crédits d’impôt IS ou TVA de les compenser intégralement ou partiellement pendant la période considérée», suggère un autre chef d’entreprise, très affligé.
Cependant, certains autres patrons d’entreprises veulent profiter de cette crise pour se faire du beurre. A l’exemple de cet exportateur de bois qui souhaite une augmentation des quotas d’exportation à plus de 50%, contre 15% actuellement, ou encore cet entrepreneur de la sous-traitance pétrolière qui demande une réduction des impôts forfaitaires. Mais n’ont-ils pas vraiment raison quand on sait que le cours du baril a drastiquement baissé, entrainant dans sa chute les autres matières d’exportation, parmi lesquelles le bois ?
Le Gouvernement prendra-t-il en compte les propositions des chefs d’entreprises et associations professionnelles ? On attend de le savoir. Mais déjà, Ludovic Ngatsé, le ministre délégué en charge des Finances et du budget, a entrepris un tour des syndicats patronaux et ONG professionnelles pour recueillir leurs propositions, en vue d’élaborer un programme national de relance de l’économie.

Jean BANZOUZI MALONGA

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