ALLEGEMENT DES MESURES CONTRE LE COVID-19 : Entre soulagement et crainte du pire

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Même si l’on pense que les mesures de déconfinement progressif prises et annoncées par le Gouvernement l’ont été « le couteau sous la gorge » en raison de la grogne sociale, personne ne peut contester leur effet salutaire à la fois pour l’économie nationale et pour la vie sociale. Mais certains craignent le pire en raison de la légèreté dans l’observation des gestes-barrières par une frange de la population. 

 

L’économie nationale, bâtie en grande partie sur le secteur informel, était au bord de l’effondrement du fait de l’arrêt des activités, tandis que la vie sociale et religieuse avait sombré dans une léthargie jamais vue de mémoire de Congolais, à cause de l’interdiction des rassemblements de grand nombre de personnes qui a entraîné la fermeture des différents lieux de retrouvailles et de culte. C’est donc une véritable bouffée d’oxygène qu’apporte le Gouvernement à la vie nationale dans son ensemble. «De toute façon, avait-il le choix face à la grogne sociale, mais aussi face à la disette qui menaçait d’assécher les ressources de l’Etat lui-même ?», s’est interrogé un analyste politique. En tout cas, la question reste posée.
Cela dit, les acteurs de certains secteurs regrettent que dans la batterie de nouvelles mesures divulguées par le Premier ministre Clément Mouamba, ils n’aient pas bénéficié du même égard que les autres. Il s’agit des restaurants, des bars, des hôtels, des salles de spectacles et des enceintes sportives dont la réouverture est projetée à plus tard. Sans oublier les lieux de culte. Quand on sait que les mesures d’accompagnement et de relance de l’activité économique prises par le chef de l’Etat dans sa première adresse à la Nation ne suivent pas encore, ces acteurs peuvent légitimement se poser moult questions. Or, leurs secteurs comptent parmi les plus grands pourvoyeurs d’emplois dans les grandes villes.
Ceci étant, l’assouplissement des mesures de restriction dans le pays fait craindre une reprise euphorique des activités économiques et sociales avec des risques possibles d’explosion des cas de contamination. Et pour cause : l’insouciance de beaucoup de compatriotes, doublé du déni de la maladie, qui ne garantit pas le nécessaire respect des mesures-barrières qui doivent aller de pair avec l’assouplissement des mesures édictées par les autorités. De ce fait, bon nombre de Congolais pensent que le Gouvernement aurait dû user de tous ses pouvoirs pour freiner l’impatience de la rue, juste pour une ou deux semaines encore ; le temps de voir l’évolution de la courbe épidémiologique qui, malheureusement, reste ascendante.
Que faut-il alors faire pour minimiser les risques d’une éventuelle nouvelle phase encore plus dramatique de la pandémie ? Il faut en appeler tout simplement à la responsabilité individuelle et collective des populations. D’où l’importance de l’appel du Chef du Gouvernement à ses compatriotes à poursuivre la sensibilisation aux gestes-barrières. Et parce qu’ils jouent un rôle important au Congo qu’il n’est plus à démontrer, les leaders religieux et politiques doivent continuer à s’impliquer davantage dans la sensibilisation tous azimuts. Et peut-être aussi faudra-t-il accompagner cette sensibilisation de ce bâton que l’Etat agite parfois sans vraiment l’utiliser. A souligner aussi que les angoisses des Congolais face au futur, se retrouvent dans bon nombre de capitales de la sous-région. A Yaoundé comme à Libreville sourd la même inquiétude: n’a-t-on pas ‘’déconfiné’’ trop tôt ?

Jean ZENGABIO

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