VIE DES PARTIS : Claudine Munari appelle à une union sacrée pour vaincre le coronavirus

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La présidente de la Fédération de l’opposition congolaise (FOC), Claudine Munari, a donné samedi 21 mars dernier à Brazzaville, un point de presse dans lequel elle appelle à une union sacrée face à la pandémie de coronavirus pour vaincre le fléau.

Elle a demandé au Gouvernement de communiquer, sensibiliser et rassurer la population pour qu’elle ne cède pas à la panique. «Aucun mal n’est éternel. Ne baissons pas les bras. Que chacun de nous fasse avec conscience sa part et dans l’unité, nous le vaincrons», a-t-elle déclaré.

Pour Claudine Munari, le monde vit sous le harcèlement opiniâtre du Covid-19. «Apparu subitement, ce mal a fait beaucoup de victimes en Chine avant de commencer à se répandre partout dans le monde. A l’heure où nous parlons, aucun pays n’est à l’abri», a-t-elle dit, tout en relevant que notre pays, la République du Congo, ne fait pas exception à la règle.
Partant de ce que l’épicentre de la propagation s’est déplacé vers l’Europe par les vols en provenance de la Chine, le pire est à redouter pour l’Afrique dont l’essentiel du trafic aérien est tourné vers l’Europe comme lieu de départ, de destination ou de transit. «Pour le Congo, sept vols directs d’Air France partent de Paris chaque semaine, quatre arrivent à Brazzaville et les trois autres atterrissent à Pointe-Noire auxquels s’ajoutent trois vols via Kinshasa sur trois mois, cela fait un total de cent vingt (120) vols. En prenant la moyenne de cent cinquante passagers par vols, au moins dix huit mille personnes seraient arrivées au Congo par Air France depuis le début de la pandémie. Ce nombre peut dépasser les vingt mille en prenant en compte ceux en provenance directe de la Chine ou ayant pris d’autres compagnies aériennes au départ de l’Europe», a expliqué Claudine Munari.
Elle a estimé que devant cet état de fait, «nous ne pouvons qu’être très inquiets. Nous connaissons le mal auquel nous faisons face, mais nous ignorons tout de son ampleur réelle dans notre pays».
Tout en reconnaissant que le Gouvernement a fait l’objet de nombreuses critiques pour ses silences et ses difficultés apparentes dans la prise de conscience du danger et de sa gestion. «La Fédération de l’opposition congolaise, au sein de laquelle des personnalités éminentes ont exercé des responsabilités institutionnelles de haut niveau au sein de l’Etat, ne versera pas dans la quérulence avec un doigt accusateur», a-t-elle indiqué.
Pour autant, a-t-elle poursuivi, «il est de notre devoir de rappeler au Gouvernement que tous les regards des Congolais convergent vers lui. A juste titre, parce qu’il est la seule Institution disposant des leviers d’action pour faire face à cette crise de santé publique mondiale», a reconnu Claudine Munari.
La présidente de la Fédération de l’opposition congolaise a, en outre, fait savoir que les Congolais attendent du Gouvernement un sursaut d’engagement à protéger leurs vies. «Il y a bien de bonnes raisons a être unis et solidaires face à un mal pour lequel aucun endroit n’est assez éloigné pour être un abri sûr. La solidarité et la responsabilité sont les seules valeurs-refuges. Pour ces motifs, dès à présent, le rassemblement de toute une nation, la conjugaison des efforts et du travail de tous: Gouvernement, partis politiques, société civile sont requis pour vaincre ce fléau qui nous menace individuellement et collectivement».
Claudine Munari a annoncé que sa plateforme politique y prendra toute sa part, «et ce, jusqu’au rétablissement du statu quo». De même, la Fédération de l’opposition congolaise a appelé l’ensemble des Congolais à suivre les consignes d’hygiène données par le Gouvernement. «Il importe d’insister plus qu’il n’en faut, sur la responsabilité individuelle de chaque Congolais, et la nécessité de la prise de conscience du temps très court qui sépare la contamination au pire», a-t-elle affirmé.
Considérant la faiblesse de nos infrastructures de santé, «les personnes se trouvant à l’étranger, hauts lieux des foyers de propagation de la maladie, rendraient un service à tous ceux qui sont restés au pays en reportant les voyages non-essentiels à destination du Congo. «Nous pourrons faire avancer la lutte contre la pandémie en intégrant dans notre quotidien les gestes-barrières mondialement connus et en limitant nos déplacements aux nécessités vitales», a-t-elle suggéré.
La Fédération de l’opposition congolaise exhorte le Gouvernement à faire appliquer les mesures annoncées et celles ayant fait leur preuve ailleurs. La mise en quatorzaine est au nombre des mesures qui devront recevoir une application stricte et sans discrimination de race, ou de condition sociale. «Elle doit être humaine, raisonnable et digne. Cette mesure sera inefficace si elle n’est pas combinée à d’autres, comme la détermination systématique. Il s’agit notamment des zones de grande influence, dont les gares routières, les aéroports et les marchés, les transports en commun. La protection adéquate des personnels soignants va de soi. Il en est de même de la constitution urgente des stocks de consommables et l’acquisition des équipements permettant de de traiter et de sauver les personnes contaminées. Ce sont là des impératifs qui l’emportent sur les économies à faire, parce que la vie n’a pas de prix. Sons toutes les considérations, la lutte contre le covid-19 doit être envisagée individuellement et collectivement comme la priorité des priorités», a-t-elle signifié.
Claudine Munari n’a pas caché son optimisme. «Aucun mal n’est éternel. Ne baissons pas les bras. Que chacun de nous fasse avec conscience sa part et dans l’unité, nous le vaincrons» a-t-elle conclu.

Pascal AZAD DOKO