ASSOCIATION ACCES DROIT POUR TOUS (ADPT) : Le sexisme judiciaire en République du Congo

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«Le sexisme judiciaire en République du Congo». Tel est le thème de la communication faite par Mme Valencia Mangin, magistrate et initiatrice de l’association «Accès Droit pour Tous». Elle a décidé d’en parler pour passer son message qui cadre avec le thème choisi par la communauté internationale pour la célébration de la journée du 8 mars «Je suis de la génération égalité: levez-vous pour les droits de la femme».

 

Tout en rappelant que la question du genre en Afrique est aussi vieille que celle des droits fondamentaux, Mme Mangin a indiqué que les batailles de Tchimpa Vita, femme congolaise dont le récit reste protohistorique le démontre bien. Pour elle, lorsqu’il s’agit des droits, on ne négocie pas, on milite. «Parole prononcée par la ministre de la Femme du Maroc lors du Forum international des femmes leaders pour la coopération et le développement organisé par l’Institut Mandela le 5 avril 2019. C’est l’une des convictions que partage madame Mangin».
L’oratrice a rappelé qu’elle a été invitée par l’Institut Mandela dans le cadre de la Journée internationale des droits de la femme en qualité de panéliste pour le thème: «Femmes, principe d’égalité et politique du genre».
C’est à cette occasion qu’une communication sur «le sexisme judiciaire en République du Congo» a été initiée et faite de manière très brève par elle. Une année passée, l’oratrice a décidé d’en parler.
Parlant de l’évolution des Institutions judiciaires au Congo, Mme Mangin rappelle que «plusieurs réformes ont été introduites au sein de la justice dans les années 1990 à cause des changements observés au niveau politique et idéologique. L’intervention de la Conférence nationale en 1991, a été un point d’ancrage pour la véritable réforme de l’ensemble des institutions étatiques congolaises».
Dans le système judiciaire, Mme Mangin a fait remarquer que l’intervention de l’acte n°021 de la Conférence nationale portant dissolution des juridictions d’exception (Cour criminelle spéciale et Cour sureté de l’Etat).
Sur le plan législatif, entre 1992 et 1999, quinze lois ont été promulguées consacrant la réforme du système judiciaire national congolais. Parmi les plus essentielles, a-t-elle indiquée, «nous avons d’abord la loi portant organisation du pouvoir judiciaire, la loi portant institution du Conseil supérieur de la magistrature et celle portant statut de la magistrature».
Pour Mme Mangin, la vraie égalité homme-femme ne sera réellement consacrée au Congo que le 30 décembre 1969, grâce à la nouvelle Constitution. Dans son article 18, elle précise que la «femme a les mêmes droits que l’homme dans les domaines de la vie privée, politique et sociale. Pour un travail égal, la femme a droit au même salaire que l’homme. Elle jouit du même droit en matière d’assurance sociale».
Dans cette perspective, elle a reconnu que pour la première fois, une femme est nommée au Gouvernement, en qualité de ministre des Affaires étrangères. «Progressivement le constituant congolais a élargi les droits de la femme suivant les dispositions de l’article 8 alinéa 3 de la Constitution du 20 janvier 2002 aux termes desquelles la femme a les mêmes droits que l’homme. La loi garantit et assure sa promotion et sa représentativité à toutes les fonctions politiques, électives et administratives».

Pascal AZAD DOKO

 

 

 

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