BURUNDI : Le décès de Pierre Nkurunziza plonge le pays dans une période d’incertitudes

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Le Burundi pleure son président Pierre Nkurunziza décédé le 8 juin dernier à 55 ans dans un hôpital du centre du pays, des suites d’un «arrêt cardiaque». Sa disparition inopinée laisse les Burundais sous le choc et plonge le pays dans l’inquiétude. Le gouvernement n’a pas encore précisé le programme des obsèques de celui qui a dirigé le Burundi pendant 15 ans. La Constitution du pays ne prévoit pas non plus le cas particulier du décès d’un président sortant après l’élection de son successeur.

 

Premier à tenter de s’engouffrer dans cette brèche, le Congrès national pour la liberté (CNL) d’Agathon Rwasa, l’adversaire malheureux du président élu, qui continue de dénoncer «un hold-up électoral». Le principal parti burundais d’opposition souligne qu’il s’agit d’une «vacance de poste définitive». Il appelle donc «au strict respect de la Constitution», à savoir un intérim assuré par le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, qui sera alors chargé d’une seule mission, selon le CNL: organiser «une nouvelle élection présidentielle dans un délai de un à trois mois».
«Ridicule», réagit un haut cadre du parti au pouvoir, qui rappelle que Pierre Nkurunziza était pratiquement à la fin de son mandat et que la victoire d’Evariste Ndayishimiye vient d’être validée par la Cour constitutionnelle. Il transpire un immobilisme dangereux. Officiellement, la passation des pouvoirs est fixée au 20 août. «C’est une très longue période d’immobilisme qui pourrait être synonyme de tous les dangers», estime un proche du président élu, qui rappelle les nombreux défis auxquels le nouveau chef de l’Etat doit faire face rapidement. En attendant cette date certains persistent à dire que le président de l’Assemblée nationale assurera la transition de trois mois. Après quoi, interviendra l’investiture du président élu.
Cependant, un analyste pointe du doigt le nouvel équilibre qui pourrait s’établir après la disparition de Pierre Nkurunziza, entre les différents généraux membres de la «junte» qui contrôle le pays. «Ndayishimiye a intérêt à accéder rapidement à la présidence pour couper l’herbe sous les pieds d’éventuels concurrents internes», estime-t-il.

Gaule D’AMBERT

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