GABON : Les personnels de santé en grève

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Depuis plus d’une semaine, les personnels de la santé ont lancé un mouvement de grève qui paralyse partiellement les hôpitaux du pays. Estimant n’avoir pas été écoutés par le gouvernement, les grévistes ont décidé de fermer lundi 4 mars dernier les portails principaux des hôpitaux et de limiter la réception de nouveaux malades.

Les agents de santé revendiquent des arriérés de primes, des formations et de meilleures conditions de travail dans les hôpitaux. Ils n’entendent pas baisser les bras, si le gouvernement n’apporte pas des solutions à leurs principales préoccupations.

Dans les hôpitaux, les malades sont dans le désarroi. Audrey, enceinte de huit mois, cherche à voir un médecin d’urgence au centre hospitalier et universitaire de Libreville. Mais il est 10h et le quota des 10 malades par service a déjà été atteint. A cause de la grève, les médecins qui ne sont pas encore en grève sont surchargés. «Je dois voir urgemment un médecin, on ne peut pas résoudre un problème d’un côté, et laisser les autres pour compte», déplore la jeune femme.
Belle Mangouéli, qui accompagne sa mère de plus de 80 ans, a attendu deux heures, mais n’ont pas été reçu. «On ne nous a pas bien accueillies. Je repars avec ma mère très malade. On nous a renvoyés. On fait comment?»
Pour les grévistes, qui ont durci le mouvement depuis lundi, pas question de céder, nous explique Joël Ondo Ella, leader de l’un des quatre syndicats à l’origine de cet arrêt de travail. «Faites le tour, vous verrez que l’hôpital spécialisé de Nkembo ne travaille plus, le centre hospitalier régional de l’Estuaire-Melen ne travaille plus, les petits centres sont en train de fermer… Il y a des obligations, il y a des devoirs. A chaque partie de répondre à ces obligations et à ces devoirs», a-t-il fait savoir.
Du côté du gouvernement, le secrétaire général du ministère de la Santé, Guy Patrick Obiang, déplore la poursuite du mouvement. «Nous sommes un peu surpris de cet emballement. D’autant plus que les plus hautes autorités ont pris toutes les dispositions pour que des mesures soient prises afin que les préoccupations formulées par les syndicats puissent trouver des réponses dans les prochains jours».
Le mouvement se limite pour l’instant au personnel de santé. Mais les médecins menacent eux aussi d’entrer en grève, si rien n’est fait les jours à venir.

Gaule D’AMBERT