Situation des travailleurs licenciés de l’ex-O.n.p.t : Un nouveau collectif réclame la suppression de la décote de 33%

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La situation des travailleurs licenciés de l’ex-O.n.p.t (Office national des postes et télécommunications) était la principale préoccupation de la rencontre entre le ministre d’Etat, ministre de la justice et des droits humains, Maître Aimé Emmanuel Yoka, qui est, également, chargé de la commission des entreprises d’Etat liquidées, et la coordination des travailleurs de l’ex-O.n.p.t tenue samedi 28 janvier 2012 au Ministère des affaires étrangères et de la coopération, à Brazzaville. Mais, cette rencontre n’a pas abouti à un compromis. Les syndicalistes veulent voir clair sur le paiement de leurs droits.
La décote de 33% opérée sur les droits des travailleurs de l’ex-O.n.p.t est la conséquence de cette rencontre qui s’est tenue à huis clos. Il s’est agi de passer en revue les points du dossier sur le paiement des droits des travailleurs licenciés de l’ex-O.n.p.t. Pour le ministre des postes et télécommunications, Thierry Lézin Moungalla, que nous avons abordé à l’issue de cette rencontre, la décote de 33% est bien justifiée. «Les ex-travailleurs dont vous parlez sont 2.292. Qu’il y ait une quarantaine, une cinquantaine ou une soixantaine de personnes ex-travailleurs qui ont décidé de reprendre le concert des casseroles, il ne s’agit pas d’une réclamation de la majorité des travailleurs qui réclamaient les 33%. Je crois qu’il faut, d’abord, dire une chose: le gouvernement a négocié avec un collectif des travailleurs de l’ex-O.n.p.t, constitué, librement, par eux, au cours d’une assemblée générale qui a désigné les représentants des syndicats représentatifs, qui sont la C.s.t.c et la C.s.c. C’est le collectif qui a conclu avec le gouvernement, au mois d’août dernier, un protocole d’accord transactionnel qui a abouti au versement, selon un calendrier qui est fixé, au versement progressif des sommes qui leurs sont dues. Voilà la situation juridique», a-t-il indiqué.
Thierry Lézin Mounagalla a rappelé qu’un groupe de travailleurs, apparemment mécontents de ce qui leur a été effectivement versé ou de ce qu’on va leur verser, «parce que le processus continue encore, a décidé de se constituer en un collectif qui, juridiquement, ne peut pas se constituer comme il faut… Quand on est un collectif qui veut se substituer à celui qui a négocié avec le gouvernement, il faut renverser ce collectif en temps utile, c’est-à-dire avant la conclusion de la négociation. Cela n’a pas été fait. Personne n’a produit le procès-verbal de l’assemblée générale avec une majorité de travailleurs qui aurait renversé la coordination qui avait été mise en place par eux-mêmes. Ce sont, quand même, des points juridiques qu’il faut rappeler», a-t-il déclaré.
Le ministre Moungalla signe et persiste qu’il n’y a pas eu de retrait injustifié. «Dans une négociation, on ne peut dire, dès le départ: moi, je veux cent pour cent de ce que je réclame. A ce moment-là, il n’y a pas négociation. Quand on négocie, on est deux, on cherche un compromis, on cherche une solution à l’amiable. Dans la solution amiable, chacun lâche un peu. C’est comme ça que ça se passe. Les travailleurs ont un peu lâché, le gouvernement a un peu lâché. C’est comme cela que ça s’est passé. Donc, aujourd’hui, le débat ne porte plus sur des retraits injustifiés. Ce sont des décotes qui ont été appliquées. Ce n’est pas de l’argent qu’on a stocké quelque part, duquel on a fait des retraits, avant de donner aux travailleurs, non, on a fixé avec les syndicats d’accord partie le montant des sommes qui était dû à chaque travailleur, et une décote a été appliquée à ce montant-là», a-t-il précisé.
Mais, du côté des syndicalistes, les choses ne sont pas perçues de la même manière. Ils pensent qu’à cette réunion, on leur a imposé un diktat. C’est ce qu’a confié Gilbert Edoli: «Le concert de casseroles que vous suivez, ces derniers temps, à la place de la poste, est dû au fait que le gouvernement a fait une décote de 33% sur le plan social des ex-travailleurs de l’O.n.p.t. Dans ce plan social, il y a les capitaux de décès, il y a les primes de bonne séparation pour les départs à la retraite. Voilà, c’est sur toutes ces rubriques là qu’on a opéré une décote de 33%. Nous disons ceci qu’en matière de plan social, on ne peut pas faire les décotes. Vous êtes fils de ce pays, c’est ce que nous disons à tous ceux qui nous écoutent, qu’on a payé le plan social d’Hydro-Congo, de l’A.r.c, on a payé les arriérés de salaires de 36 mois des fonctionnaires, on n’a pas prélevé des décotes, pourquoi, uniquement, sur les travailleurs de l’ex-O.n.p.t? Nous demandons au gouvernement de restituer ces 33% qui ne sont pas justifiés».
Le collectif des travailleurs licenciés de l’ex-O.n.p.t a indiqué qu’à cette rencontre avec le ministre d’Etat Yoka, il n’y a pas eu dialogue: «Nous sommes rentrés dans la salle et quand le ministre d’Etat Yoka, qui a convoqué la réunion, est rentré, il a pris la parole, il nous a fait un diktat, il ne nous a pas laissé la latitude de nous exprimer. C’est comme au temps du mono, alors que le président de la République prône le dialogue».

Pascal-Azad DOKO

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