Après l’élimination des Diables-Rouges : Des violences ont éclaté dans quelques localités du pays!

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L’élimination de l’équipe nationale de football, les Diables-Rouges, après les quarts de finale de la Can (Coupe d’Afrique des nations), par les Léopards de la R.D. Congo, a suscité une vague de vandalisme et de troubles, samedi 31 janvier dernier, le soir après le match qui s’est joué à Bata, en Guinée Equatoriale.

Pour ce derby qui opposait les deux Congo voisins, et tirant les leçons des précédents matches des Diables-Rouges, des mesures de sécurité particulières avaient été prises par la force publique, pour prévenir les actes de vandalisme et de troubles que certains groupes de jeunes menaçaient de perpétrer. A Brazzaville, la police et la gendarmerie nationale avaient sorti leurs troupes et leurs engins anti-émeutes, pour dissuader les éventuels fauteurs de troubles. Malgré cela, des dégâts matériels ont été enregistrés, dans la capitale, comme dans certaines localités de l’intérieur du pays. A certains endroits, la police est intervenue, en tirant des bombes lacrymogènes, pour chasser les vandales. Le siège d’une députée de la majorité, à Talangaï, le sixième arrondissement de la capitale, a été saccagé.

Il y avait des menaces sur la sécurité publique, à l’issue du match de quart de finale de l’équipe nationale. La police et la gendarmerie avaient pris des mesures de prévention. Leurs impressionnants cortèges avaient sillonné les grandes artères de la capitale, pour dissuader les éventuels manifestants, quelques heures avant le derby. Un hélicoptère a même survolé certains quartiers. Les commerces étaient appelés à fermer, à partir de 15h.
A la veille du match, le matin, jusqu’à 16h, la liesse était dans la capitale où les véhicules et motos aux klaxons interminables et décorés aux couleurs nationales sillonnaient les avenues et rues, dans la liesse populaire. Les gens agitaient des fanions aux couleurs nationales; certains portant, carrément, des tenues aux couleurs du pays. Une ferveur patriotique régnait. On était sûr de la victoire.
Pendant le match, les deux buts de l’équipe nationale ont provoqué un tonnerre de joie. Puis, l’avalanche des quatre buts de l’équipe adverse a cloué les Congolais. Hélas, au coup de sifflet final, un grand silence avait gagné la ville. La joie avait laissé la place à la tristesse. Les Diables-Rouges venaient d’être battus par quatre buts à deux. La défaite a suscité la colère de la population qui a gagné, rapidement, la rue. Pour les manifestants, ce sont les pouvoirs publics qui ont «vendu» le match. Malgré les dispositions sécuritaires prises, certains jeunes se sont livrés aux pillages et aux actes de vandalisme. Ce que l’on redoutait est, finalement, arrivé.
Au quartier Château d’eau, à Makékélélé, deux boulangeries, des boutiques et magasins ont été vandalisés ou ont subi des vols. Deux véhicules, dont un minibus et un taxi, ont été brûlés, par des jeunes qui ont érigé des obstacles sur la voie publique, en brulant des pneus. Le magasin chinois «Asia» du marché Commission, à Makélékélé, a été littéralement pillé. Celui de Bacongo, au marché Total, a connu un vol. Certaines boutiques situées le long de l’avenue de l’O.u.a, vers Bifouiti, ont subi aussi des vols par effraction.
Des actes de vol ou de vandalisme ont été aussi commis dans des quartiers comme Mikalou, Petit-chose, Mama-Mboualé, Ngamakosso, et Kombo-Massengo, dans les deux arrondissements 6 Talangaï et 9 Djiri. Le siège parlementaire de la députée élue Claudia Sassou-Nguesso, au quartier Petit-chose, a été incendié en partie. Au quartier La Tsiemé, la vigilance de la force publique a empêché le désordre. La vague d’incivisme s’est manifestée aussi au quartier, Tié-Tié, à Pointe-Noire, à Oyo où il y aurait eu un blessé grave par balle, à Impfondo et à Ouesso. Dans certains quartiers à Pointe-Noire, les jeunes ont, simplement, brûlé des pneus sur la voie publique. A Brazzaville, la police est intervenue à coups de bombes lacrymogènes. La nuit, les tirs d’armes légères et des détonations ont retenti, pendant de longues heures.
Dans la journée du dimanche 1er février, la circulation automobile était timide et dans certains quartiers, Brazzaville ressemblait à une ville morte. Dans la soirée, une rumeur dénuée de tout fondement sur une quelconque qualification des Diables-Rouges par pénalité contre les Léopards qui auraient aligné deux joueurs étrangers, a provoqué des scènes de liesse populaire, à Pointe-Noire, Brazzaville et à l’intérieur du pays. Dans la capitale, des attroupements se sont encore formés sur la voie publique et des jeunes se sont remis à commettre des actes inciviques. La force publique a fait usage de bombes lacrymogènes et de tirs d’armes automatiques en l’air, pour disperser les foules et les pilleurs. L’ordre public a été ainsi rétabli. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, mais l’on attend le bilan officiel de cette vague de vandalisme et de trouble qui a entaché la participation congolaise à la 30ème édition de la Can.

Cyr-Armel YABBAT-NGO
     
 
   

   


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