Débat constitutionnel : Pierre Ngolo a lancé un mouvement en faveur du changement de Constitution

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Secrétaire général du P.c.t (Parti congolais du travail) et président par intérim de la majorité présidentielle, Pierre Ngolo a lancé, lors d’une cérémonie au palais des congrès, le mardi 20 janvier 2015, un mouvement qui prône le changement de la Constitution du 20 janvier 2002. L’acte constitutif de ce mouvement est la signature, par 1.346 souscripteurs enregistrés, dont 102 ont paraphé, pendant la cérémonie, la «déclaration des partis politiques, associations, O.n.gs et personnalités appelant au changement de la Constitution du 20 janvier 2002».

Le mouvement de signature de la déclaration se poursuivra au siège du P.c.t, au quartier Mpila, à Brazzaville, dans les départements et au niveau de la diaspora congolaise, à l’étranger. Prévue pour être une initiative de la majorité présidentielle, cette déclaration est, finalement, ouverte à tous ceux qui militent pour le changement de Constitution.

C’est dans une ambiance volcanique que la salle des congrès du palais des congrès était chauffée à blanc. Dans la cour, six groupes folkloriques rivalisaient d’ardeur pour animer l’événement. Sur les banderoles, on pouvait lire: «Oui au changement de la Constitution du 20 janvier 2002, pour une nouvelle République».
Même si le mouvement est ouvert à tout le monde, l’attention était attirée sur la présence des partis de la majorité présidentielle. Entre autres, il y avait les représentants du P.c.t, Club 2002-P.u.r, U.f.d, Mudec, U.r (Union pour la république), Adeco, M.d.p, U.p.d.p, P.r.d.c, etc. pour les partis connus. Les autres étant des formations peu ou pas connues, n’ayant pas d’élus.
Un bloc assez important des partis de la majorité présidentielle avait refusé de prendre part à cette cérémonie: M.c.d.d.i, D.r.d, R.c, P.s.v.r, R.d.p.s, M.a.r, P.u.l.p, M.s.d, R.d.d, U.p. Des partis de poids au sein de la majorité. Du reste, le R.d.d et l’U.p avaient déjà suspendu leur participation à la majorité. Le M.c.d.d.i, par la voix de son secrétaire général, avait déjà opté pour la défense de la Constitution du 20 janvier 2002. Les autres partis absents attendent, pour la plupart, de consulter leurs militants, avant de décider. Certains contestent cette façon de faire qui n’est autre qu’une manière d’apporter de l’eau au moulin du P.c.t, principal parti de la majorité présidentielle, qui avait décidé d’opter pour le changement de la Constitution, le 31 décembre dernier, après un débat au sein de ses instances, notamment le bureau politique et le comité central. Conséquence: les grandes figures de la majorité présidentielle n’étaient pas présentes.
Le moment fort de cette cérémonie était la lecture de la déclaration par Juste Mondele, secrétaire général du Club 2002-P.u.r: «Depuis quelques temps, la vie politique nationale est animée par le débat sur la constitution du 20 janvier 2002. La Constitution, texte essentiel pour la nation, ne saurait être immuable. Conscients des circonstances particulières qui ont conduit à son adoption, en 2002; constatant à l’usage des faiblesses de l’actuelle Constitution post-conflit qui:
- induit la neutralisation des pouvoirs exécutif et législatif avec pour conséquence le risque de blocage et de cohabitation conflictuelle, en cas de discordance entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire;
- réduit les moyens de contrôle de l’action gouvernementale par le parlement;
- ne prend pas en compte les normes de protection de l’environnement, la jeunesse, la parité homme-femme et les acteurs économiques;
- constatant, par ailleurs, la non-harmonie des mandats présidentiel et législatif;
- soucieux de préserver le processus irréversible de la démocratie en République du Congo, de renforcer le principe de séparation des pouvoirs, de préserver les acquis de paix et de développement et de garantir aux générations futures un environnement sain;
- affirmant leur volonté commune de poser les jalons nécessaires d’une gouvernance moderne et durable, les partis politiques, associations, O.n.gs et personnalités, réunis  ce jour, 20 janvier 2015, à Brazzaville, au palais des congrès:
- appellent au changement de la Constitution du 20 janvier 2002 et donc de République;
- exhortent la classe politique congolaise et les forces vives de la nation à préserver le climat de paix de stabilité;
- suggèrent que toutes les dispositions soient prises pour créer une dynamique de dialogue et de concertation nationale».
Prenant acte de la déclaration, le président par intérim de la majorité présidentielle, Pierre Ngolo, a indiqué que le changement de la loi fondamentale n’est pas à concevoir en rapport avec un homme ou en considérant les intérêts égoïstes, mais en envisageant, plutôt, l’intérêt général pour tous. Car la loi fondamentale de 2002 élaborée post-conflit a prouvé ses limites.
Pierre Ngolo, qui a communiqué les chiffres, a appelé les autres citoyens d’intégrer «massivement» le mouvement enclenché à l’occasion de la signature de la publication de la déclaration d’appel au changement de la Constitution du 20 janvier 2002.
Ainsi, donc, adopté par référendum, sous le régime du président Denis Sassou-Nguesso, le 20 janvier 2002, c’est un 20 janvier (2015), que l’œuvre de démontage de cette Constitution a commencé.
 
Pascal-Azad DOKO