RDC (République Démocratique du Congo) : La réforme de la loi électorale a mis le feu aux poudres

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Des émeutes à Kinshasa, la capitale, à Goma (Nord-Kivu) et à Bukavu (Sud-Kivu) ont suivi le vote, à l’assemblée nationale, de la réforme de la loi électorale, qui, depuis le début de cette semaine, est en examen au sénat. A l’appel de l’opposition, avec en tête Vital Kamerhe, président de l’U.n.c, et Jean-Claude Muyambo, président du Scod, tous deux anciennes figures de la majorité, des milliers de jeunes gens sont descendus dans les rues, en petits groupes, souvent, dès lundi 19 janvier, dans la matinée, pour manifester contre la réforme de la loi électorale.

L’opposition considère qu’en introduisant, dans cette loi, le recensement de la population, avant l’élection présidentielle, le président Joseph Kabila Kabange veut gagner du temps pour prolonger son mandant au-delà de décembre 2016.
Alors qu’il était à l’écart de ces manifestations, Etienne Tshisekedi, en convalescence à Bruxelles, a appelé, mardi 20 janvier, ses militants, par un communiqué, à rester mobilisés pour «contraindre ce régime finissant à quitter le pouvoir».
Le gouvernent a réprimé, dans le sang, ces manifestations caractérisées par le pillage, le vandalisme, les barricades, dans les voies publiques et la destruction des biens publics, et privés. Ecoles, boutiques, échoppes, administrations, etc, tout était fermé. La police et l’armée ont été envoyées, dans les quartiers touchés, pour rétablir l’ordre et c’est en faisant usage d’armes de guerre à balles réelles que la force publique s’y est livrée. Dans certaines zones de la capitale, on a assisté à des scènes d’affrontement entre manifestants et agents de l’ordre lourdement équipés. On compte près d’une cinquantaine de morts, dont des étudiants, des policiers et des personnes anonymes, au troisième jour des émeutes. Mais, le gouvernement, qui, par la voix de son porte-parole, Lambert Mende, a décidé d’opposer la plus grande fermeté à ces manifestations, avance un bilan moins important. Il y a eu également des dizaines de blessés et de nombreux manifestants ont été arrêtés.
Le moins qu’on puisse dire est que l’appel à manifester de l’opposition contre la révision de la loi électorale a failli se transformer en une sorte d’insurrection populaire. Un calme précaire règne, depuis jeudi 22 janvier, dans les rues de Kinshasa où militaires et policiers, appuyés par des engins blindés, ont été massivement déployés. Dans un communiqué, le cardinal Monsengwo dénonce «un état de siège incompréhensible».
Les échauffourées de cette semaine témoignent d’une situation explosive en République Démocratique du Congo où le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, est soupçonné par les partis de l’opposition et l’Eglise catholique, de vouloir modifier la Constitution, pour se représenter à l’élection présidentielle. L’un des opposants, Jean-Claude Muyombo, a été arrêté et l’opposition demande sa libération. Comme quoi, le bras de fer continue, alors que la réforme de la loi électorale est passée au parlement. Cependant, les morts et les blessés, victimes de balles réelles, risquent d’être l’aspect qui va peser sur le gouvernement de Kinshasa, critiqué pour sa réaction disproportionnée contre les manifestants. Surtout que cela s’est fait après avoir coupé les connexions Internet.

Joël NSONI

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