Nos enfants

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Nous célébrons aujourd’hui, la Journée de l’enfant africain. Célébrer implique une notion de fête ou de solennité, de devoir de mémoire, de respect d’une tradition. Rien de tout cela ne correspond pourtant à notre pratique au quotidien. Oui, nos langues sont pleines de proverbes, adages et maximes magnifiant l’enfant, placé au centre de nos vies, et assurance de notre avenir.

 

Mais la logique de noblesse vole en éclats dès lors qu’un enfant est aux prises avec l’une ou l’autre des situations où nous devrions lui témoigner justement notre considération. Décès de parents, échecs scolaires, petites délinquances, scolarisation, soins de santé, partage des bienfaits de l’essor économique, projections politiques, insertion plus tard dans le monde du travail...
Ils sont les oubliés de tout; deviennent vite les victimes d’une répression qu’on dirait programmée. Considérés comme les petits sorciers de famille, les délinquants des bandes à bébés noirs, leur transformation en mendiants de carrefours, en «non êtres» qui dorment et mangent où ils peuvent nous indiffèrent. C’est à peine si nous les voyons et les remarquons aux portières des bus indiquant qu’ils ont faim.
Pendant les campagnes électorales, ils sont les décors des meetings politiques, les auditeurs non intéressés de nos discours fleuves et du chapelet de nos promesses jamais à tenir. Nous les maltraitons de mille et une manières, les torturons au physique et au psychique, mais nous continuons de proclamer que l’enfant est la béquille de nos vies ! Et nous continuons de parler de familles élargies !
Nous voici au 16 juin 2020. C’est à dire 30 ans après que l’Organisation de l’unité africaine eût indiqué la nécessité de faire le point sur notre agir sur les enfants, au moins une fois par an. Trente ans sont suffisants pour dresser le bilan et tracer un cap. Le sort des enfants s’est-il amélioré ? En dehors des lois et règlements dont nous savons qu’ils dorment mieux dans nos tiroirs que les personnes qu’ils sont sensés sauver et protéger, il ne serait pas difficile de répondre par la négative.
Parler des enfants ne suffit pas. Attendre le 16 juin de l’an prochain non plus. Surtout en cette période de confinements et mesures urgentes anti Covid-19. Ils sont les victimes des maltraitances et des conséquences d’une situation dégradée. Tant que nous ne mettrons pas notre culture altruiste au service de ceux qui sont notre avenir, nos nattes s’useront d’autre chose que du sommeil des tout-petits. (Lire aussi en page 10 et en page 15).

Albert S. MIANZOUKOUTA

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