Bienvenus !

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Il est peu de dire que la Providence s’est généreusement penchée sur notre capitale et sur notre Eglise ces derniers jours. Jamais auparavant une conjonction de décisions, au civil comme en Eglise, n’avait mis en lumière un pays qui ploie pourtant sous de très lourds fardeaux, celui du COVID-19 s’étant ajouté en dernier. Jamais auparavant, «ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas», n’avaient autant de raisons de se réjouir.

 

Dans la même semaine, Brazzaville a accueilli celui qui sera appelé à diriger sa communauté catholique pour les prochaines années, et elle a assis son maire central. Cette coïncidence est heureuse; elle souligne au moins la nécessité d’une collaboration urbi et orbi.
Dans la première interview publiée dans nos colonnes après sa nomination, Mgr Bienvenu Manamika, le nouvel archevêque coadjuteur, relevait la stricte délimitation des compétences de l’Eglise et de l’Etat.
A Dieu ce qui lui revient, et à César ce qui relève de sa compétence bien comprise. L’archevêché de Brazzaville saura sans doute trouver une oreille flexible auprès de la mairie. Le maire Dieudonné Bantsimba est présenté comme homme d’écoute, comprenant les spécificités de la Communauté chrétienne dont il relève par ailleurs. La nomination d’un maire relève pourtant d’une alchimie compliquée que n’influence pas l’Eglise: puisqu’un maire devait être élu, un maire a été élu. Bienvenu !
Les chrétiens sont par essence des citoyens légalistes et dévoués, au service de toute la nation. Rien, donc, ne devrait lézarder les passerelles de communication entre un Etat au service de tous et une Eglise dévouée à l’annonce de la Parole du Salut. «Je suis venu donner la vie, et la vie en abondance», dit Jésus (Jn 10, 10). Cette vie devra fleurir sur Brazzaville. Elle devra fleurir aussi, bien entendu, sur le Congo.
Dans la même période de contrastes, entre peur panique du virus et annonces fastueuses pour un futur d’espérances, l’Eglise s’est enrichie de deux nouveaux archevêchés et la création de deux provinces ecclésiastiques. C’est le signe d’une maturité que le Saint-Père a jugée suffisante pour essaimer de toute sa vigueur sur tout le Congo et donner de nouveaux fruits. C’est le signe aussi que l’Eglise qui a vu cette nation accéder à l’indépendance et qui l’a accompagnée, parfois de très près, dans les premières titubances de sa souveraineté, est à même de la transformer en profondeur pour le bien de tous.
Nous sommes peuple circonspect. Un peuple à l’image de son pays, ou l’inverse. Nous acclamons aujourd’hui nos nouveaux dirigeants, nous serons sans doute ceux qui les voueront aux gémonies dans les réseaux sociaux ou sur la place publique. Qui murmureront les paroles de venin dans les oreilles complaisantes. A Brazzaville, Mgr Manamika a promis de faire de l’amour pour tous la carte d’identité de l’archidiocèse. Or l’amour se donne; il se reçoit aussi. Cela suppose ouverture et accueil de nous tous. Bienvenu !

Albert S. MIANZOUKOUTA