Maire nouveau, problèmes anciens!

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La capitale a un nouveau maire. A l’issue d’un processus interne au Conseil municipal, c’est Dieudonné Bantsimba qui a été choisi. Les réactions de l’homme de la rue montrent l’abysse des attentes multiples dans une ville où le confinement n’est pas venu arranger les problèmes anciens. Ces attentes sont autant de défis pour le nouveau maire.

 

Pêle-mêle, l’édile promet de s’attaquer à la montée de l’insécurité, aux gangs de jeunesse, à l’incivisme, aux problèmes de voiries et de viabilité urbaines, d’éclairage public: aux conditions de travail de son personnel (qui a parfois usé de la lumière des torches de téléphone), à juguler la corruption et la gabegie… bref, à faire redémarrer l’institution centrale d’une ville de près de deux millions d’habitants.
A vrai dire, les problèmes de la mairie centrale de Brazzaville sont le condensé des problèmes de l’ensemble du pays. C’est pourquoi il ne s’agit pas de viser à créer un îlot vertueux au milieu d’un océan de lamentations, pas seulement. Autorités municipales, départementales et nationales sont comptables de tout ce qui s’est déroulé à la mairie au cours des dernières décennies, y compris et les maladresses de langage.
Dans notre pays, l’efficacité est aussi fonction des appuis dont on dispose. Dans le cas d’espèce, ceux-ci semblent forts, puisque le choix a été opéré au plus haut et qu’aucune dissonante, fût-elle de l’opposition, n’est venue interférer dans les mécanismes qui ont conduit à son installation dans le fauteuil si convoité d’édile de Brazzaville. Pourvu que ces appuis continuent de répondre positivement aux sollicitations du nouveau maire pour la réussite de son attendu et inévitable plan d’assainissement !
Au fil des années, la mairie de Brazzaville a donné l’image d’un véritable panier de crabes. Les intrigues, les cabales, les clans, les montées en barricade, le tribalisme se sont mis en scène, faisant déborder dans la rue des problèmes qui auraient dû être traités en interne. Des porte-paroles de la fronde se sont mis en scène. Tous ces éléments restent en place : peut-on faire du neuf avec de l’ancien ? Le renouveau viendra-t-il de la tête nouvelle sans renouvellement des pratiques?
Comme toujours dans notre pays, il y a ceux qui se réjouissent de l’arrivée du nouveau maire. Il y a ceux qui se réjouissent que son prédécesseur ait été cloué au pilori. Il y a ceux qui sont mécontents de tout et qui, désabusés, avancent que rien ne changera, que tout ça c’est le tabac d’une même pipe. Donnons-nous le temps de voir. Donnons-nous le temps de ne pas lui compliquer la tâche notamment par ces considérations ethnicistes qui fleurissent bon les réseaux sociaux.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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