La ZLECAF, l’Afrique comme communauté

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

C’est comme un immeuble qui surgit de terre. Petit à petit, se met en place l’articulation d’une communauté économique africaine, qui va faire fi des barrières et peser du poids d’une véritable communauté d’ambitions et de réalisations, d’une vision commune. La Zone de libre-échange africaine est une ambition à laquelle il va falloir désormais accorder l’attention des projets d’avenir- de notre avenir!


Car cet avenir, c’est déjà aujourd’hui. Au Congo où nous aimons tant à chahuter les initiatives portées vers le futur en les vouant d’avance aux gémonies, un autre pan de cette construction s’est mis en place vendredi 25 octobre dernier. Le ministre d’Etat  Alphonse Claude N’Silou a procédé au lancement de la Commission nationale de suivi et d’évaluation de cette structure. C’est-à-dire que sa matérialisation au Congo aura enfin ses veilleurs attitrés.
Naturellement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Et le Président de la République, et le Gouvernement, en sont conscients. Le ministre N’Silou ne s’est d’ailleurs pas caché les nombreuses difficultés qui se dressent encore sur la voie de la pleine intégration. Les infrastructures de circulation des marchandises et des biens ne sont pas encore partout effectives. L’existence de monnaies disparates s’ajoute aux difficultés, tout comme les réticences des peuples aux brassages et à l’effort commun.
Le ministre a pourtant relevé l’absurdité d’une situation qui fait arriver une marchandise plus vite d’Asie que d’un port africain vers un autre. Mais c’est précisément parce que c’est difficile qu’il faut épauler, avec les moyens et la compréhension d’aujourd’hui, le vieux rêve des pères de nos indépendances. Alors, il s’agissait seulement de rêver; aujourd’hui, il faut passer à la concrétisation, enrichis de la pleine conscience des écueils réels à éviter.
Une fois n’est pas coutume, il faut donc saluer la ténacité des Congolais à rendre visible une résolution continentale. Il ne s’agit pas d’une œuvre de propagande, mais de la réaffirmation d’un panafricanisme sur la base du concret et du vécu des peuples. Dans la salle du ministère des Affaires étrangères où ce comité s’est enfermé pour poser les pièces du puzzle vendredi, une atmosphère assez particulière a régné.
La presse invitée à assister à l’événement est revenue dans les rédactions avec le sentiment réel de voir naître tout le contraire d’un éléphant blanc continental. Une œuvre qui semble lier dans un même élan les dirigeants du nord, du sud, de l’est et de l’ouest de l’Afrique est à saluer. A vrai dire, il n’y a plus grand-chose aujourd’hui qui rassemble dans l’unanimité un aussi bel élan africain!
C’est pourquoi les autres étapes seront à suivre avec intérêt. Au-delà des clivages de langues, des différences d’approches, des disparités économiques, il s’agira de s’assurer que la dynamique insufflée par le Traité d’Abuja en 1991 ne s’épuisera pas en chemin. Ni ne sera l’otage des querelles babéliennes habituelles pour un quelconque leadership continental de pure vanité.

Albert S. MIANZOUKOUTA

Informations supplémentaires