Du church bashing ?

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C’est comme si, tout d’un coup, les «gorges profondes» de la création avaient décidé de balancer à tout-va. Chaque jour désormais, les peaux de vache sont déterrées et jetées à la tête de prêtres de l’Archidiocèse de Brazzaville. Les meneurs de cette cabale ne font pas mystère de leur volonté d’en découdre, de «régler des comptes». Donc, à la base, il y a de la rancœur et le seul souci de se venger de dépits passés.


Nous sommes, dans l’opinion, comme des gens préférant l’agitation à la sérénité. Nous aimons que le saignant saigne, et que le croustillant nous en donne pour le prix de notre curiosité malsaine. Comme si nous étions des accros à un masochisme indécrottable, plaisant quand il cloue les autres au pilori, mais déplaisant - et combien ! – quand il nous met sur la sellette. Se faire plaisir, en se faisant du mal? C’est une véritable campagne d’éclaboussure qui se déverse aujourd’hui sur l’Eglise de Brazzaville.
Pour un mot qui prend la défense d’un tel, hiérarchie ou clerc de rang, il y en a trente qui ensevelissent tel autre curé ou vicaire. Véritable scie à scier la branche sur laquelle nous sommes assis,  cette campagne appelle à une interrogation de notre agir de chrétien ; une remise en cause de nos certitudes et de notre appartenance à l’Eglise. Ceux qui, chaque jour désormais, s’en prennent à l’Eglise catholique – de l’intérieur – auront du mal à faire la part de la volonté de nuire et du désir d’assainir.
On ne peut limer des piliers et faire croire qu’on veut sauvegarder l’édifice. On ne peut venir sur la place publique, faire étalage des scories des autres, réelles ou non, et penser qu’il en sortira du bien. D’abord, parce qu’affirmer seul ne suffit pas. Et même prouver ne vaut que si la volonté d’appeler le frère (ou la sœur) à changer est mise en avant de tout. Autrement, on participe à une œuvre de démolition qui ne distribuera aucun Nobel à personne!
Sur nos bureaux tombent chaque jour des petits billets assassins ou, plus perfides, qui font semblant de se préoccuper de la situation qui prévaut tout en laissant  entendre une telle envie d’en savoir plus, de susciter la confidence, d’appuyer là où ça fait mal: nauséeux ! Ce journal ne participera à aucune volonté de saper les fondements de l’Eglise. Il ne distribuera pas les torts et les raisons, parce qu’il est avant tout un journal – Le journal – de l’Eglise. Il sera toujours au service de l’unité des fils et des filles de Dieu, sans se fermer à la mission de s’informer pour informer, même sur des déviances éventuelles.
Il nous est arrivé de déplorer l’agressivité à notre égard de communautés diversement priantes. Œcuménisme et dialogue interreligieux nous imposent pourtant de marcher dans une vision de croyants unis pour le Bien, autour de l’idée de Dieu, Père de tous. Que le mal vienne de nos propres flancs ajoute certes à l’amertume, mais ne nous détournera pas de la mission de dire et de proclamer les bienfaits de l’unité. En Eglise et dans la Nation. Les pressions, amicales ou mielleuses, ne servent donc à rien !

Albert S. MIANZOUKOUTA  

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