Ministère des finances : Les services de l’administration fiscale sommés de renflouer les caisses de l’Etat

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Le ministre délégué au Budget, Ludovic Ngatsé a entrepris, à Brazzaville, du 17 au 18 juin 2020, une descente dans les services de l’administration fiscal. Direction générale et les inspections divisionnaires de Bacongo, Moungali, Poto-Poto, Mfilou II et Talangaï ont reçu la visite de Ludovic Ngatsé.

Il était accompagné de l’équipe managériale de l’administration fiscale, conduite par Ludovic Itoua, directeur général des impôts et du domaine, et les directeurs centraux. Le but visé a été de sensibiliser et mobiliser les cadres et agents du service des impôts et du domaine pour un travail effectif face à l’écroulement des recettes et leur donner des orientations sur la lourde mission de collecter les impôts qui permettront de faire fonctionner l’Etat. 

Cette descente a permis au ministre délégué au budget de prendre contact pour la première fois avec les structures des régies financières sous son contrôle. Il a voulu se rendre compte des conditions de travail des cadres et agents et attirer l’attention du personnel sur les résultats attendus. Ludovic Ngatsé a demandé aux cadres et agents de la direction générale et des inspections divisionnaires d’alimenter le budget de l’Etat. Il a souligné que les efforts réalisés jusqu’ici sont insuffisants. «Le budget en termes de recettes doit être approvisionné principalement par les recettes fiscales et douanières. Maintenant, nous n’avons pas besoin des contreperformances. Il faut que nous comptons sur nos propres ressources». Il a rappelé aux cadres et agents que le pays est dans une situation économique extrêmement difficile où les ressources de l’Etat se sont effondrées, principalement les recettes pétrolières du fait de l’évolution des marchés du pétrole. Aujourd’hui, on ne peut compter que sur les recettes intérieures, à savoir les impôts et les douanes.
«La tâche qui a été assignée à notre ministère est de faire les efforts nécessaires pour que la collecte des impôts et des recettes douanières soit au niveau de nous permettre de financer le train de vie de l’Etat. Pour les autres recettes, elles ne seront pas au rendez-vous cette année du fait de l’effondrement des cours du baril de pétrole». Nous sommes largement en dessous des attentes qui ont été les nôtres, a rappelé Ludovic Ngatsé. Cela est dû aussi au fait qu’il y a la pandémie du coronavirus qui est présente. Les gens ont passé presque deux mois chez eux à cause du confinement. La plupart des entreprises n’ont pas fonctionné. C’est ainsi qu’il a été accordé des délais de grâce pour s’acquitter de leurs engagements fiscaux. «Mais ces délais prennent fin à la fin du mois de juin 2020».
Ludovic Ngatsé a ajouté qu’«’il y a beaucoup de pays qui vivent sans le pétrole, sans les recettes des minerais, mais qui se financent très bien. Je peux vous prendre l’exemple des pays comme le Togo, le Bénin, le Kenya, le Rwanda. Ils n’ont pas de pétrole, mais leurs budgets sont financés. Ils se financent par les impôts et les douanes. Si, pendant les bonnes périodes, nous avons ignoré nos recettes fiscales et douanières, le moment est venu que ces administrations puissent contribuer à leur juste place au financement de l’activité économique et au train de vie de l’Etat».
Il a promis d’améliorer le cadre de travail. Les réformes engagées doivent aboutir rapidement pour que les conditions de collecte des impôts s’améliorent. Le ministre délégué au budget a également conseillé au personnel des services des impôts d’adopter une attitude compréhensive et de négociation avec les contribuables pendant les contrôles en cette période de crise économique.
Selon des informations, l’administration fiscale devrait apporter au budget une somme d’environ 271 milliards de francs Cfa. Les services des impôts ont le grand défi de relever les recettes. L’Etat fonde beaucoup d’espoirs sur la réorientation de son économie grâce au financement du budget par les recettes intérieures, a insisté Ludovic Ngatsé. «Nous espérons que la croissance économique va revenir dans notre pays. Le Gouvernement travaille sur la question de la relance économique», a-t-il affirmé.

Philippe BANZ

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