Erosions : Prendre les décisions qui s’imposent pour freiner le phénomène

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Dans le cadre des débats d’idées, la Fondation Niosi a informé et sensibilisé le public, à l’institut français du Congo, à Brazzaville, mercredi 11 mars 2020, sur le phénomène des érosions, à travers une conférence présentée par le Pr Florent Boudzoumou, responsable de la formation doctorale et des masters à la faculté des sciences et techniques dans le parcours Géosciences à l’Université Marien Ngouabi.

La modération a été assurée par Josué Ndamba, membre de la Fondation Niosi. Le thème développé a porté sur: «L’érosion hydrique et son impact sur le développement urbain des villes du Congo (cas de Brazzaville)». Pour ralentir le phénomène des érosions hydriques, il faut maîtriser l’extension de la ville, avoir la connaissance de la géomorphologie, procéder à l’aménagement et appliquer les plans cadastraux des villes en impliquant les citoyens, a-t-il rappelé.  

La salle a été comble d’un public qui a tenu à s’informer sur le phénomène dans des villes congolaises. De nombreuses réactions ont été enregistrées, toutes voulant être édifiées par un spécialiste de la question. Le Pr Florent Boudzoumou a démarré son exposé par les causes. Plusieurs facteurs sont à l’origine des érosions, notamment la constitution des sols du pays. Il y a aussi des formations géologiques qu’on trouve dans Brazzaville. A cela s’ajoutent les problèmes de la pluviométrie: l’intensité des pluies. La combinaison de tous ces facteurs, au regard de la fragilité des sols constitués de sable et d’argile, les pentes existantes, fortes ou faibles, provoquent des érosions. Les sols ne sont plus protégés en perdant leur couverture végétale pour retenir les eaux des pluies. Cette perméabilité favorise facilement l’infiltration de grandes quantités d’eau pluviale, a expliqué le conférencier.
A Brazzaville, quel que soit le quartier, les particules des terres s’arrachent toujours. Les érosions ne touchent pas seulement les zones élevées comme Ngamakosso ou Mfilou. Même à Bacongo, Makélékélé, Poto-Poto, Moungali dont les maisons sont construites il y a dix ou quinze ans, aujourd’hui voient leurs fondations qui ne sont plus en profondeur. Le conférencier a reconnu que: «je n’ai pas le diagnostic des érosions dans l’ensemble de Brazzaville, mais je sais que l’une des érosions la plus grande , c’est celle de Mfilou Ngamaba, dont on ne parle pas assez. C’est une érosion qui date de plus de huit ou dix ans. Dans ce secteur, il y a aujourd’hui des zones où l’on joue au football, qu’on peut faire ressembler aux stades Massamba-Debat où celui de Kintélé. Je ne néglige pas les autres érosions, mais celle-là est la plus importante, parce qu’il y a beaucoup de maisons complétement ensevelies».
Enonçant des solutions possibles, le Pr Florent Boudzoumou a esquissé que «c’est au niveau de l’organisation administrative étatique qu’on peut trouver des solutions. De façon individuelle, chacun essaie de protéger sa parcelle, malheureusement, il est impossible de le faire tout seul. Si vous êtes en haut pour protéger votre parcelle et celui qui est en bas n’a pas pu le faire, l’érosion finira par vous rattraper. L’érosion est régressive. Elle remonte du bas vers le haut. Les solutions, c’est l’organisation étatique dans un premier temps, qui doit tenir compte de toutes les compétences du pays dans le domaine intellectuel, scientifique etc… et couplé à cela l’éducation civique des citoyens».
Cette synergie peut minimiser le phénomène dans certaines zones où il n’est pas encore criard. Il faut aussi assurer l’auto curage des caniveaux. Mais c’est difficile de tout arrêter si l’Etat n’a pas suffisamment d’argent. Car ce phénomène exige beaucoup de moyens, a conclu le conférencier.

Philippe BANZ
et Moïse Ampion (Stagiaire)