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IMPFONDO : Mgr Jean Gardin, un dernier regard sur le diocèse

IMPFONDO : Mgr Jean Gardin, un dernier regard sur le diocèse

Mgr Jean Gardin, évêque sortant d’Impfondo, s’apprête à transmettre le témoin de ce diocèse érigé le 26 mars 2011 à Mgr Daniel Franck Nzika. La cérémonie du sacre du nouvel Evêque se déroulera ce dimanche 1er mars en la cathédrale Saint-Paul d’Impfondo. Mgr Gardin a bien voulu jeter un regard récapitulatif sur la réalité pastorale du diocèse qu’il quitte.

*Père évêque, pouvez-vous nous parler du diocèse d’Impfondo?
**Le diocèse d’Impfondo est dans tout le département de la Likouala. Il fait 66000 Km2. C’est un département entouré de forêt et les villages sont situés le long du fleuve et des rivières. Quelques villages se fondent par rapport à la construction de quelques routes. Impfondo, c’est un diocèse très étendu où les moyens de circulation sont presque inexistants. Il y avait quelques bateaux mais aujourd’hui ils deviennent rares. Le transport par bateau est moins coûteux, par rapport à la route mais il y a tellement de tracasseries administratives, douanières et autres!

* Père évêque, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées au sein de ce diocèse?
**Elles sont énormes! D’abord l’éloignement de Brazzaville. Par le fleuve, c’est moins couteux mais problématique pour se déplacer, par l’avion c’est l’idéal mais malheureusement les services d’aviation fonctionnent mal, car on reste même trois semaines sans aucun vol. D’autre part, y a le problème de communication; il n’y a pas le téléphone dans les paroisses, cela est difficile de se communiquer. Il y a aussi le manque de personnel, c’est-à-dire manque des prêtres. Nous avons fait appel aux prêtres fidei donum de certains diocèses. Malheureusement ceux qui viennent et qui trouvent que c’est trop dur, repartent. Cette année, j’ai eu deux prêtres fidei donum de Brazzaville, ils sont tous rentrés, car c’était dur pour eux. Trop dur pour le manque de communication, et les problèmes de vie courante. Au départ, j’avais la possibilité de remettre quelque chose aux prêtres, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas.

*Quels projets envisager pour sortir de cette situation?
**Le premier projet est de rechercher des ressources afin de faire vivre le diocèse. On a quelques chambres de passage afin de faire rentrer de l’argent pour le diocèse mais les invités sont assez rares. Le grand projet qu’on a c’est d’acheter des terrains pour faire des plantations, car ça va rapporter peut-être quelque chose dans le diocèse. Un autre projet serait de créer encore d’autres paroisses. Mais pour tous ces projets, on cherche comment les réaliser.

*Père, y a-t-il encore des vocations dans le diocèse d’Impfondo?
**C’est une grande difficulté. Nous avons dix paroisses et treize prêtres uniquement pour s’occuper des services diocésains et des paroisses. Il y a des vocations, et aujourd’hui j’ai 17 grands séminaristes de propédeutique, jusqu’à la prêtrise. Le problème des séminaristes, c’est pas le manque de vocation des gens qui se disent appelés, mais le problème de payer la pension des séminaristes.

*Père évêque, un dernier mot?
**Mon dernier mot est d’essayer de vivre en solidarité entre les diocèses. La solidarité du personnel mais là ce n’est pas forcément l’évêque qui peut résoudre les problèmes, c’est l’ensemble des prêtres. Malheureusement, les prêtres actuellement formés au Congo sont plutôt des aspirants fonctionnaires, pas des missionnaires, des gens qui ont envie d’aller vers ceux qui ne connaissent pas encore la Parole de Dieu, et surtout des autochtones qui sont même méprisés par des prêtres. Il faut qu’il y ait plus de mentalité missionnaire et plus de solidarité financière.

Propos recueillis par
Madocie Déogratias MONGO

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Heure de Brazzaville

24 septembre 2020, 08: 18

Editorial

MUTATIONS?

Ni les quatre ans passés depuis les dernières élections, ni la période de confinement que nous venons de subir ne semblent avoir prise sur nous. Oui, nous nous plaignons bien des gênes occasionnées par les masques contre la COVID-19, dénonçons l’inutilité du couvre-feu nocturne, donnant à voir l’impossibilité à maintenir une distanciation dans les marchés, les guichets et les quartiers. Mais dans la réalité, l’impact profond que nous étions en droit d’attendre d’un tel chambardement du monde a du mal à se dessiner.

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