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IIIe Dimanche du temps ordinaire-B- «Les opposés à la “Parole de Dieu”, de qui sont-ils les appelés?» Textes: Jn. 3,1-5.10; Ps.; 1 Co 7,29-31; Mc 1,14-20

Bien-aimés! Les textes que nous méditons en ce Dimanche de la Parole de Dieu, institué par le Pape François in «Aperuit Illis» Muto proprio du 30 Septembre 2019; sont déterminants pour les gens de notre époque. C’est en quelque sorte la suite du cycle des Vocations. Aujourd’hui encore Jésus nous appelle et il nous faut s’engager ipso facto sans prétexte, car il en est d’un impératif. Il s’agit en premier d’un appel à se convertir, comme celui de Jonas et en second, comme Paul aux Corinthiens, celui de croire en la Bonne Nouvelle présente dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth, pour devenir un Apôtre.
Chers tous, si nous étions à la place de Jonas quand on lui dit d’aller dans la ville ennemie, annoncer le jugement de Dieu. Il s’agit là d’un prophète confronté à un message et une mission difficile, et c’est la raison de son mécontentement au début du livre. «Encore quarante jours, et Ninive sera détruite!» Il est difficile pour lui de s’imaginer en train d’accomplir une telle mission “commando”. En effet, à cause de l’hostilité du peuple destinataire et aussi, de la tâche qui semble très énorme à voir l’étendu du pays à évangéliser. Et donc, cette entreprise humainement parlant est d’avance déjà un échec ou mieux une utopie. Pourtant, une fois à la tâche le message très vite va inspirer une ville entière à se repentir, à enfiler des sacs et à jeûner. Aucun autre prophète de l’Ancien Testament n’a eu un “apostolat assez expéditif” mais positif. Jonas nous fait donc réfléchir à la manière dont nous devons faire face à un Dieu miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour. Cela souligne la capacité de Dieu à faire l’incompréhensible, à ouvrir la porte de sa misericorde, même à ce club de vieux dirigeants véreux et lessivés par leur “ folie politique ”. À rompre avec le cycle de violences et de blâmes qui sévit dans le monde, non pas par la force d’intelligence ou de stratégies humaines (opposants et vaccins)… mais avec l’unique autorité: la “Puissante Parole de Dieu”. La seule façon d’avancer pour chacun et chacune de nous est d’accepter, accueillir et travailler pour le compte de Dieu, dans la mission évangélisatrice.
Pour ce faire, loin de n’être qu’une rêverie poétique rythmée par des réflexions sur la nature de Dieu et la reconnaissance de la nature humaine, la problématique que dégage le psaume, oriente un peu plus vers la prière d’une personne cherchant un moyen de sortir de son malheur ou de ce qui masque sa vision de ce qui fait son bonheur.
Oui, frères et sœurs! Le monde avec sa souffrance (maladies, pauvreté), sa violence (conflits armés, abus) et sa cruauté (l’immigration, l’indifférence) semble parfois si sombre, et la lumière semble si chétive. Nous craignons que la lumière de Dieu ne brille pas vraiment dans les coins les plus sombres de notre monde ou de nous-mêmes. Et pourtant dans son amour, Dieu nous regarde et ne nous oublie pas. Dans cette perspective, il suscite parmis les hommes des disciples, des apôtres, des missionnaires… capables de l’aider à instaurer évidement ce règne de paix et de gaieté. Ainsi, quand les premiers disciples répondent à Jésus en se levant et en le suivant, ils rejoignent un mouvement qui a été lancé entre autres par Jean-Baptiste et Jonas. C’est ainsi que des hommes et des femmes vont devenir des témoins de l’Évangile et n’auront pas eu peur d’affronter l’indifférence et les persécutions.
Nous aussi, ne sommes-nous pas appelés à cette mission? Comment pourrons-nous répondre à cet appel? En ce 3e dimanche du temps ordinaire dorénavant consacré à la célébration de “la Parole de Dieu”, suivre Jésus, c’est être rejoint par son appel, un appel qui crée en nous tout ce qui est nécessaire à la mise en route: rendre chaque jour de notre vie, hommage au “Verbe” qui doit se faire chair en nous et en l’humanité, par nous.
Tout compte fait, «le temps est limité» et «il passe, ce monde tel que nous le voyons», nous indique la 2ème lecture. Cela souligne le caractère éphémère et non permanent de la vie et de notre monde. La vie heureuse ne consiste guère en une abondance de likes Facebook ou aux frissons qui nous tourmentent ces derniers jours quant à la sécurité de nos données privées suite au nouveau protocole mitigé des réseaux sociaux. Elle ne consisterait pas non plus en la quête d’être toujours plus beau, plus confiant et plus réussi; ou défini par son argent, son travail, ses vêtements, son apparence, sa maison, etc. Mais seulement, en la redécouverte et recentralisation du trésor incommensurable des Écritures Saintes. Sur ce, si dans un contraste saisissant et choquant, Paul conseille aux mariés d’être comme s’ils n’avaient pas de conjoint, aux personnes en deuil de ne pas pleurer, aux personnes heureuses de ne pas se réjouir, aux acheteurs d’agir comme s’ils n’avaient pas de biens… etc. Ce n’est pas pour déclencher une hysterie, le désespoir et au repli sur soi. Paul dit ces choses afin que dans tous ses contextes notre vie, soit dévouée et concentrée sur la réalité unique, vraie et ultime sur laquelle nous pouvons compter, “ad vitam æternam”: la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus. Aussitôt ! Tant Jonas que saint Marc répètent cet adverbe dans leurs récits. On est pressé on dirait! Oui, il n’y a pas de temps à perdre. Le temps est limité, dit saint Paul: demain, il risque d’être trop tard. La chance est à saisir, sans hésiter. Il faut aller en Galilée, qui est la terre des païens, et partout dans le monde, là où tant d’êtres humains sont prisonniers du mal et de la mort.

Abbé Cellot Primat NKOUNGA MABIKAS
Aumônier général de l’Association des Scouts et Guides du Congo.

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

23 avril 2021 18 h 13 min

Editorial

Dans l’attente

Dans quelques jours, ou dans quelques semaines». C’est ainsi que le Président de la République nous a annoncé la formation attendue du nouveau Gouvernement du pays. Dans son discours d’investiture le 16 avril dernier, au Palais du Parlement, le Président de la République s’est cru obligé de tempérer les attentes de tous ceux qui espèrent être ou rester ministres, sans se montrer plus précis dans les délais.

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