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GOUVERNEMENT : Le nouveau Gouvernement est-il bien celui de la rupture?

GOUVERNEMENT : Le nouveau Gouvernement est-il bien celui de la rupture?

La page du quinquennat 2016-2021 est définitivement tournée. Depuis le 16 avril, jour de prise de fonction du Président élu, nous sommes entrés, de plain-pied, dans le deuxième quinquennat de la 5e République. Ainsi, samedi 15 mai, le Président de la République a rendu public son Gouvernement. C’est son directeur de cabinet Florent Ntsiba qui a lu le décret présidentiel portant nomination des membres du Gouvernement. Une équipe pas trop rajeunie et renouvelée seulement aux deux tiers mais qui n’a pas été formée sur des bases politiciennes. On y note cependant une prédominance du Parti congolais du travail. Ils sont au total 37 membres dont 25 anciens ministres et 12 nouveaux. En effet, le décret nommant Jean-Rosaire Ibarra, actuel recteur à la retraite de l’Université Marien Ngouabi, a été lu le lendemain de la publication de la nouvelle équipe gouvernementale. Il s’occupe du contrôle d’Etat, de la qualité du service public et de la lutte contre les antivaleurs dans l’administration publique.
A noter la suppression du poste de vice premier ministre et la nomination de quatre ministres d’Etat, puis de deux ministres délégués.
Ce Gouvernement a pour mission d’endiguer la crise et d’arracher les financements du FMI, dans le cadre de la facilité élargie de crédit. Denis Sassou-Nguesso, a-t-il voulu marquer une certaine rupture? Il a coupé la poire en deux. Certains caciques qui ont toujours symbolisé sa politique sont désormais à l’écart de l’exécutif. Il s’agit, par exemple, de Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, Yvonne Adélaïde Mougany. Les inamovibles ministres Henri Djombo et Gilbert Ondongo ont eux aussi rendu le tablier. Mais d’autres, comme Pierre Oba; Alphonse Claude N’Silou, Emile Ouosso, Firmin Ayessa, Pierre Mabiala, Thierry Lézin Moungalla, Jean-Jacques Bouya, Bruno Jean Richard Itoua demeurent fermement aux commandes.
Quatorze ministres ont conservé leurs portefeuilles. Firmin Ayessa, Pierre Oba, Pierre Mabiala, Jean-Jacques Bouya, Charles Richard Mondjo, Thierry Lézin Moungalla, Aimé Ange Wilfrid Bininga, Ghislaine Ingrid Olga Ebouka-Babackas, Josué Rodrigue Ngouonimba, Rosalie Matondo, Hugues Ngouélondélé, Léon Juste Ibombo, Dieudonné Moyongo et Ludovic Ngatsé. Alors que 12 ministres ont simplement changé de portefeuille: Emile Ouosso. (Il hérite des zones économiques et spéciales et de la diversification économique), Alphonse Claude N’Silou, président du RC (Commerce, des approvisionnements et de la consommation), Jean-Jacques Bouya (Aménagement du territoire, des infrastructures et de l’entretien routier), Raymond Zéphirin Mboulou (Sécurité et l’ordre public), Bruno Jean Richard Itoua (Hydrocarbures), Rosalie Matondo (économie forestière),
Par contre, cinq ont changé de départements ministériels. Jacqueline Lydia Mikolo (Petites et moyennes entreprises, artisanat et secteur informel), Gilbert Mokoki (Santé et population), Antoine Nicéphore Thomas Fylla Eudes, président du PRL (Développement industriel et promotion du secteur privé), Jean Marc Tchystere-Tchicaya (RDPS) aux Transports, aviation civile et marine marchande), Destinée Hermella Doukaga (Tourisme et loisirs).
Au compte des surprises, on peut citer l’entrée de Paul Valentin Ngobo au ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche; Guy Georges Mbaka au ministère de l’Administration du territoire, de la décentralisation et du développement local; Denis Christel Sassou-Nguesso au ministère nouvellement créé de la Coopération internationale et de la promotion du partenariat public-privé; Honoré Sayi, porte-parole de l’UPADS (ministère de l’Energie et de l’hydraulique); Edith Delphine Emmanuelle Adouki, au ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique; Jean Luc Moutou (ancien directeur de l’enseignement secondaire) au ministère de l’Enseignement pré-scolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation; Ghislain Thierry Manguessa Ebome (docteur en philosophie et ancien maire de Ouesso) au ministère de l’Enseignement technique et professionnel; Irène Mboukou-Kimbatsa au ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire; Luc Okio au ministère de la Réforme de l’Etat.
Sur les 37 ministres, deux ont fait leur retour au Gouvernement: Roger Rigobert Andely aux Finances et Inès Nefer Ingani à la Promotion de la femme.
Parmi les autres sortants, il y a Mme Antoinette Dinga Dzondo (Affaires sociales, l’action humanitaire et de la solidarité), Charles Ngafouomo (Décentralisation), Calixte Nganongo (Finances et du budget), Serge Blaise Zoniaba (Energie et hydraulique),
Il y a des ministères qui se sont vus émiettés ou ragaillardis. Tels le cas de l’Environnement qui perd le Tourisme et les loisirs au profit du développement durable et du Bassin du Congo; les Affaires étrangères qu’on a amputé de la Coopération; l’Enseignement technique et professionnel qui perd la formation qualifiante et l’emploi; le Plan qui se voit ajouter l’économie; le Développement local qui rejoint la Décentralisation; le ministère des Sports hérite de la jeunesse, de l’éducation civique, de l’emploi et de la formation qualifiante. Tout comme l’Enseignement supérieur qui récupère la recherche scientifique et l’innovation technologique.
Il y aurait eu des tractations intenses pour en arriver là. En effet, les conditions de formation de cette équipe gouvernementale, dont très peu d’informations ont filtré dans le public avant sa publication, laissent entrevoir que le Président de la République a voulu s’extraire des pressions de son entourage, pour parvenir à un résultat qui laisse certains Congolais dubitatifs. On prend les mêmes on recommence. Beaucoup de ceux qui croyaient figurer dans le Gouvernement ont été désagréablement surpris de ne pas y être.
L’une des caractéristiques de cette nouvelle équipe gouvernementale, c’est sa relative jeunesse par rapport à l’ancien. Les deux tiers de ses membres sont du Parti congolais du travail. Le nombre de femmes est de huit.
Denis Sassou-Nguesso vient de poser le premier acte qui témoigne de sa volonté de lutter contre les travers qui gangrènent l’administration publique et qui ruinent les efforts de développement du pays. Le nouveau cabinet a donc des objectifs clairs à atteindre. Les fruits attendus, c’est la lutte contre la pauvreté, l’emploi des chômeurs, le paiement des pensions des retraités, des bourses et des salaires des agents émergents dans les structures à budgets de transfert, la restauration de l’autorité de l’État, etc.
Si Sassou-Nguesso veut la dépolitisation de l’administration publique, il devra obtenir de ses ministres de ne pas nommer leurs collaborateurs sur la base de l’appartenance politique ou tribale. Or, bien souvent, les cabinets ministériels se transforment en siège de parti politique et en lieux ou brille surtout l’appartenance ethnique de celui qui le dirige.

Cyr Armel
YABBAT NGO

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Heure de Brazzaville

29 juillet 2021 19 h 42 min

Editorial

10 ou 40% ?

Avant, cela nous scandalisait. Puis, cela a étonné. Aujourd’hui que nous sommes blasés, on hausse les épaules et on passe à autre chose. La pratique de réclamer 10% d’un marché ou d’un service, du plus important au plus banal, s’est incrustée dans le paysage.

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