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Et le Sahara Occidental ?

Il fut une époque dans ce pays, où les causes des peuples étaient au centre d’un activisme certain. Pour le Congo «communiste», les luttes de libération relevaient du devoir sacré d’une Nation en construction. La guerre de libération en Angola nous a vus dans l’implication aux côtés du MPLA, la Namibie avec la Swapo, le Zimbabwe de Robert Mugabe et sa Zanu PF. De même avec le Mozambique ou la Guinée-Bissau. La lutte contre l’apartheid, en Afrique du Sud, s’est traduite par une série d’initiatives qui ont abouti à la libération de Nelson Mandela. Il en est ainsi aussi pour des causes plus lointaines : le Timor oriental (Indonésie) ou la Palestine, par exemple.
Ces causes avaient un caractère plus clair à la lumière de l’idéologie que le Congo tentait d’embrasser. Le choix était de s’engager tête baissée aux côtés de nos frères de lait, et de ne s’accorder aucun répit ni une hésitation. C’était la belle époque où tout devait être ou noir ou blanc, si l’on peut dire, alors que dominait le rouge des radicalités sanglantes contre nos « ennemis ». Le monde était vu comme capitaliste ou communiste, réactionnaire ou progressiste, et il n’y avait pas de teinte médiane.
Puis les soubresauts consécutifs à la chute du Mur de Berlin, en 1989, ont brouillé les lignes de fracture. On a vu les « rouges » purs et durs aller à la messe ou, pire, s’instituer pasteurs de communautés priantes, tandis que le Parti congolais du travail, d’inspiration marxiste-léniniste, se mettait à applaudir ses dirigeants aux hymnes mobutistes, champion d’un capitalisme qui n’a pas hésité à écraser des figures aussi emblématiques que celle de Patrice Emery Lumumba. Les causes commençaient à ne plus se présenter avec la netteté de naguère. Les proclamations se faisaient au cas par cas.
Aujourd’hui, qu’en est-il du Sahara Occidental ? Qu’en est-il de notre alignement aux côtés de la lutte du Front Polisario? Notre ligne de lecture se fait moins transparente, même en soutien au Maroc, alors que le peuple saharaoui existe toujours et que ses aspirations, jusqu’à plus ample informé, restent toujours intactes. Sont-ce les proportions d’adhésion qui ont changé ? La lassitude qui a gagné les combattants, leurs soutiens qui se sont faits à une realpolitik invasive et moins basée sur des choix de cœur, d’enthousiasme et «d’internationalisme prolétarien»?
Même au sein de celle qui fut l’Organisation de l’unité africaine, ancêtre de l’actuelle Union africaine qui avait embrassé ces causes, la tiédeur d’aujourd’hui confine à de l’hésitation. Elle confine à une indifférence, alors que la noblesse des aspirations reste, en principe, intacte. Nos Etats semblent se donner des choix à la carte, comme si la fin d’un Robert Mugabe au Zimbabwe avait aussi essuyé d’un trait l’âpreté des violences infligées aux Zimbabwéens et qui justifiaient leur lutte d’indépendance. Et notre soutien. Comme si les principes et les règles vacillaient avec les bourrasques qui ont balayé la planète à son entrée dans le troisième millénaire.
Comme si l’irruption de personnages aussi clivants qu’un Donald Trump aux Etats-Unis à qui nous disons aurevoir en ce mois, avait apporté des titubances admises comme normes de partages des amis et des autres. Donald Trump a proclamé la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental, que dit l’Afrique? Pour ou contre? C’est notre continent qui est concerné, nos engagements qui sont interrogés.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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A propos de l'auteur

Heure de Brazzaville

22 janvier 2021 13 h 40 min

Editorial

Des élections en Afrique Centrale

En Centrafrique, la victoire du Président Faustin Archange Touadéra a été confirmée par la Cour Constitutionnelle. Avec un peu plus de 53% de voix, mais sur seulement 35% des ayants-droit au vote, cette victoire a été entérinée par la communauté internationale. Certains des opposants -une première en Afrique Centrale – se sont même inclinés devant le vainqueur.

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