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ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC THÉRÉSA PASSI, ARCHITECTE PAYSAGISTE : «Rendre plus sains les endroits de vie»

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC THÉRÉSA PASSI, ARCHITECTE PAYSAGISTE : «Rendre plus sains les endroits de vie»

Thérésa Passi, architecte paysagiste, est une Congolaise née en Côte d’Ivoire de parents congolais. Basée à Londres, elle séjourne actuellement à Brazzaville. Nous l’avons rencontré et dans l’entretien exclusif qu’elle nous a accordé, elle parle de sa profession, de ses ambitions et perspectives.

*Que peut-on succinctement retenir de vous ?
**Je suis Congolaise, j’ai fait toutes mes études préscolaires, primaires et secondaires en Côte d’Ivoire. Après mon Bac français, mes parents m’ont inscrit à Central university au Ghana où j’ai obtenu mon diplôme en architecture après cinq ans de formation et devenue la première Congolaise diplômée en architecture de cette université. Avec l’appui de mes parents et bénéficiant des passerelles entre cette université et celles de Londres, je me suis inscrite au Greennwich university pour un Master en architecture paysagère. Après mon succès à ce master, j’ai enchaîné avec un master en animation spécialisé dans les visualisations architecturales et travaillant comme architecte paysagiste à plein temps à Londres.
*A quel moment avez-vous décidé de devenir architecte paysagiste ?
**Tout a commencé depuis la classe de 3è. J’étais intéressée et passionnée de faire quelque chose en ce qui concerne le dessin. Il faut dire que mon grand-père a été un bâtisseur, un constructeur. Et mes parents n’ont cessé de m’encourager. Pendant que je terminais mes études en langue au Ghana, j’ai effectué de nombreux stages dans une étude d’architecture d’un ami de mon père. Un grand architecte bien connu en Côte d’Ivoire et en Afrique. Pendant ma formation, j’ai décidé que c’était cela que je voulais faire. J’ai donc été attirée vers la conception extérieure car c’est l’une des premières choses que vous percevez quand vous vous approchez d’un bâtiment ou d’un espace public.
*Quel est le rôle d’un architecte paysagiste ?
**L’architecture paysagère est surtout associée aux espaces verts, mais elle est bien plus vaste. En tant qu’architecte paysagiste, nous concevons et créons des espaces extérieurs. Nous créons la relation entre l’intérieur et l’extérieur, tout en concevant comment les gens vont utiliser l’espace. Notre objectif principal est d’améliorer la vie des gens et de votre espace, un endroit plus sain à vivre et aussi vous amener à apprécier de plus en plus votre espace extérieur. C’est aussi concevoir et structurer un espace qui s’intègre facilement avec ses alentours et qui évoluera avec le temps aux besoins de ses occupants. Le rôle d’un architecte paysagiste est aussi de réhabiliter et réaménager des espaces.
*Que concevez-vous concrètement ?
**Nous concevons à partir d’un petit jardin de maison a un parc de quartier ou même un terrain de golf à des projets environnementaux. Nous faisons également des détails techniques pour les canalisations, les matériaux, les finitions ainsi que des aspects critiques du contexte d’un site. Nous travaillons avec d’autres corps de métiers comme des architectes, urbanistes, environnementales, bureaux d’études, etc., pour nous aider dans la réalisation d’un projet.
*Que pensez-vous de l’architecture paysagère en Afrique?
*Tout d’abord, ce n’est pas une profession bien connue en Afrique. Beaucoup de gens aiment se référer aux jardiniers au lieu d’architectes paysagistes pour concevoir des jardins ou n’importe quel espace public. Nous avons donc besoin de sensibiliser et d’éduquer les gens sur la profession et ce qu’elle implique. Et en raison du fait que la profession n’est pas bien connue, personne ne sait quels avantages et valeurs qu’un architecte paysagiste peut apporter dans les communautés. Je pense que l’Afrique pourrait énormément bénéficier de cette profession et il y a de plus en plus d’opportunités pour nous d’influencer l’environnement et amener une toute autre manière de vivre. De nombreux projets en Afrique sont conceptualisés et en construction qui pourraient tirer parti de l’amélioration environnementale, sociale, économique et sanitaire que cette profession accompagne.
*Pensez-vous que cette profession a de l’avenir ?
**Il y a surtout des urbanistes, des planificateurs, c’est eux qui restent avec la tâche de planifier et de concevoir nos villes sans aucune consultation d’un architecte paysagiste et je ne peux pas les reprocher. A ce que je sais, il n’y a pas d’organisation ou toute autre structure équivoque à l’architecture paysagère, la profession est encore sous-développée, et même inexistante. Je ne pense pas que la plupart des gens savent ce qu’un architecte paysagiste et s’ils savent il n’y a personne pour s’y référer s’ils ont un projet qui en nécessitera un. Nous avons un long chemin à parcourir, mais c’est une profession d’avenir.
*Travailler avec un architecte paysagiste doit coûter cher ?
**Je vais dire que cela dépend du projet. Nous travaillons avec le budget du client afin de nous assurer que les services que nous fournissons sont dans ses capacités financières.

Propos recueillis par Alain-Patrick
MASSAMBA

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Heure de Brazzaville

23 octobre 2020 1 h 14 min

Editorial

PROCHES DE DIEU, PROCHES DES HOMMES

Nos Evêques viennent de boucler leur 49è assemblé plénière. Pendant une semaine, à Brazzaville, ils ont réfléchi à un thème qui mériterait d’autres sessions de travail, d’autres analyses, d’autres recherches: la formation du futur prêtre. Une Eglise est ce que ses fidèle sont, mais elle est aussi ce que sont ses prêtres. Elle tient par la solidité de leur fidélité à la Parole, par la solidité de leurs connaissances de sacerdotes au service de l’Homme.

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