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ENTRETIEN…‘’Coach Mananga’’: «Pour que le football avance au Congo, il faut de la formation »

ENTRETIEN…‘’Coach Mananga’’: «Pour que le football avance au Congo, il faut de la formation »

Les centres d’encadrement des footballeurs sont de mode en Afrique. Au Congo, l’ancien footballeur André Mananga Masséo, ‘’Coach Mananga’’ pour les intimes, est le promoteur d’un centre dénommé Ntiri multiservices (NMS), reconnu par la FECOFOOT et par la FIFA. Il l’a lancé en 2013 à Dolisie. Dans cette interview, il donne son avis sur l’émergence des centres de formation et les raisons qui l’ont poussé à créer le sien.

*Pourquoi avoir créé un centre d’encadrement et de formation des footballeurs?
**Je suis un passionné de football depuis mon enfance. Quand vous encadrez les grandes personnes, vous êtes parfois obligé de vous occuper de son foyer, de ses ordonnances, de sa nutrition journalière, bref tout est à votre charge. Les adultes sont trop farceurs et très exigeant. Constatant qu’il n’y a presque plus de football des jeunes dans le pays, j’ai préféré repartir à la base pour former les enfants à partir de 8 ans. Pour que le football avance au Congo, il faut de la formation.

*Quels sont les critères pour intégrer le centre?
**En raison de la crise sanitaire actuelle, l’accès est gratuit. Il suffit de nous fournir des renseignements, des photos et une modique somme d’argent, uniquement pour confectionner le badge de l’enfant. C’est tout ce que nous demandons.

*Avez-vous déjà pris part à une compétition organisée par la Lifoni (ligue de football du Niari)?
**En 2014, le centre a pris part au championnat de première division. Pour un essai, ce fut une réussite. Nous avions occupé la première place sur 14 équipes. A l’issue de ce championnat, j’ai eu en 2015 six joueurs sélectionnés dans les Diables-rouges cadets U 15. Aujourd’hui, ces enfants ont grandi. Malheureusment, l’équipe de Flamengo de Brazzaville nous a fauché six joueurs sans nous verser un seul franc. Les grandes équipes de Brazzaville, de Pointe Noire et même de Dolisie viennent nous piocher les enfants sans une contre partie financière. Cette année, on avait l’ambition de jouer le championnat de ligue 2, mais étant dépourvu d’argent (un million cent) pour les frais de participation, on a renoncé. Pour ne pas pénaliser les enfants, nous les avons prêtés gratuitement dans les équipes plus nanties.

*Avez-vous des difficultés particulières dans l’encadrement de ces bambins?
**Pour parler franc, il nous manque de tout. Nous avons en charge cinq catégories: minimes, juniors, cadets, seniors et les dames. Nous n’avons que deux ballons au total pour toutes ces catégories. Il n’y a pas assez de maillots, de filets ni de plots pour mener à bien notre activité. Notre centre est situé au numéro 41 de la rue Nkayi et nos entrainements se déroulent dans l’enceinte de l’école primaire Gabriel Mboukou, sur la route de Kimongo.

*Quel appel à l’endroit des parents?
**Notre football devient moribond parce qu’il n’y a pas eu une bonne politique de relève. Le football pelote, véritable moule de préparation des enfants, n’existe plus. La plupart des espaces de terrain, jadis libres, sont occupés par des maisons. Nous demandons aux personnes de bonne foi de nous venir en aide. Il ne faut pas seulement attendre l’approche des élections pour le faire. Aux parents, qu’ils n’hésitent pas à nous envoyer les enfants dont l’âge oscille entre huit et dix sept ans avec leur dossier. La pratique du sport commence dès le bas âge, sans que cela empiète sur la vie scolaire de l’enfant.

*Et pour terminer?
**Je remercie La Semaine Africaine, l’ancêtre des journaux congolais qui ne cesse de faire la promotion du sport congolais, d’être venu vers nous pour vulgariser nos ambitions.

Propos recueillis par Equateur
Denis NGUIMBI

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Heure de Brazzaville

29 juillet 2021 20 h 30 min

Editorial

10 ou 40% ?

Avant, cela nous scandalisait. Puis, cela a étonné. Aujourd’hui que nous sommes blasés, on hausse les épaules et on passe à autre chose. La pratique de réclamer 10% d’un marché ou d’un service, du plus important au plus banal, s’est incrustée dans le paysage.

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