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ELECTION PRESIDENTIELLE : La contestation a désormais un nom au Congo: l’opposition

ELECTION PRESIDENTIELLE : La contestation a désormais un nom au Congo: l’opposition

Contrairement à 1992, année de la première période électorale au lendemain de la Conférence nationale souveraine où il y avait 18 candidats, la présidentielle de 2002 avait, quant à elle moins de candidats. Le scrutin référendaire du 20 janvier 2002 a été un pari gagné pour le président Denis Sassou-Nguesso, après sa victoire en 1997. Les appels au boycott lancés par une frange de l’opposition intérieure et par les anciens dirigeants en exil, notamment Pascal Lissouba, Bernard Kolélas et Jacques Joachim Yhombi-Opango, n’ont pas eu l’effet qu’ils en escomptaient.
Les Congolais sont allés aux urnes. André Milongo qui avait appelé au boycott et Côme Manckassa ont demandé la suspension du processus électoral lors d’une conférence de presse conjointe, organisée le 25 janvier 2009·. Tous deux candidats à l’élection présidentielle, ils avaient démontré les dysfonctionnements qu’ils ont constatés lors du déroulement du référendum constitutionnel.
Les six candidats déclarés pour affronter le premier tour de la présidentielle du 10 mars étaient: Angèle Bandou (2,32%), Bonaventure Mizidy (1%); Côme Manckassa, (1,25%), Jean Félix Demba Ntelo (1,68%), Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou (2,76%), Luc Daniel Adamo Matéta (1,59%) et Denis Sassou-Nguesso (89,41%). Cette élection qui devrait opposer le candidat de la majorité Denis Sassou-Nguesso et de l’opposant André Milongo aurait eu
le caractère d’un derby de taille entre les deux challengers. C’est autant dire que le président de l’UDR-Mwinda était le seul concurrent qui créait la peur dans le camp présidentiel. ,
Six candidats de l’opposition à cette élection, réunis dans un cartel des candidats de l’opposition dénoncent le caractère illégal de l’élection présidentielle. Contre toute attente, c’est au cours de son dernier meeting de campagne, devant le centre sportif de Makélékélé, le vendredi 8 mars, que M. André Milongo a annoncé le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle en dénonçant le manque de transparence dans l’organisation du scrutin. Pour cela, il avait appelé ses partisans à le boycotter.
Non partant, le président de l’UDR-Mwinda a, malgré tout, contesté la réélection de Denis Sassou-Nguesso qui, au terme du scrutin, a recueilli 89,41% des suffrages exprimés.
En 2009, le pays a connu la troisième élection présidentielle depuis la restauration de la démocratie pluraliste au Congo, et la deuxième après le terrible conflit armé de 1997.
Pour ce scrutin, treize candidats étaient sur le starting blocks: Anguios Nganguia Engambé (0,30%), Bertin Pandi Ngouari (0,20%), Bonaventure Mizidy (0,27%), Denis Sassou­ Nguesso (78,61%), Jean François Tchibinda Kouangou (0,41%), Joseph Kignoumbi Kia­ Mboungou (7,46%), Mathias Dzon (2,30%), Marion Mandzimba Ehouango (0,19%), Jean Ebina (0,13%), Joseph Hondjuila Miokono (2,02%), Nicéphore Antoine Thomas Fylla Saint-Eudes (6,98%), Clément Miérassa (0,25%), Guy Romain Kinfoussia (0,87%).
Six candidats de l’opposition ayant boycotté le scrutin ont appelé le 12 juillet à une reprise de l’élection. Il s’agit de Guy Romain Kinfoussia, Mathias Dzon, Marion Michel Malidzimba Ehouango, Clément Miérassa, Jean-François Tchibinda, Ernest Bonaventure Mizidy Bavoueza.
Scandalisé par le désordre et l’abstention, Anguios Nganguia-Engambé a aussi appelé à l’organisation d’un nouveau scrutin. Après la publication des résultats le 15 juillet, Clément Miérassa, Jean-François Tchibinda, Ernest Bonaventure Mizidy Bavoueza et Mathias Ozon, déposent des recours en annulation du scrutin devant la Cour constitutionnelle. Celle de Guy Romain Kinfoussia est introduite plus de cinq jours après la publication des résultats provisoires.
En 2014, les tenants du changement et les défenseurs de la Constitution du 20 janvier 2002 s’affrontent. Réunis le 15 janvier 2014 au palais des congrès, vingt-deux partis de la majorité présidentielle adoptent le projet de déclaration sur le changement de la Constitution.
Un front uni contre le changement de la Constitution est créé le 15 janvier 2015 par quarante-cinq partis, associations et personnalité3 indépendantes. Le 16 mai 2015, les leaders de l’opposition rejettent le référendum sur le changement de la Constitution. Le 20 mai, la présidence de la République lance une série de consultations avec mes dirigeants des partis politiques, les acteurs des organisations de la société civile, les responsables des confessions religieuses les dirigeants de certaines institutions constitutionnelles et des personnalités sur la vie de la Nation et de l’Etat.
Lors du dialogue national inclusif de Sibiti, tenu du 13 au 17 juillet 2015, le courant du changement de la Constitution l’emporte, sur fond de contestation. Les principaux leaders de l’opposition boycottent la rencontre.
En réplique au dialogue de Sibiti, l’opposition congolaise oppose un dialogue alternatif dont la vocation était de dénoncer la mise en œuvre du projet du changement de la Constitution.
Le scrutin référendaire s’est tenu le 25 octobre 2015. Le oui l’emporte à 92,96%,·malgré le boycott lancé par l’opposition qui rejette ces résultats et appelle à l’annulation du scrutin. La nouvelle Constitution est promulguée le 6 novembre 2015. L’opposition rejette la promulgation de cette nouvelle Constitution.
En 2016, précisément le 20 mars. Ils sont neuf candidats en lice: Denis Sassou-Nguesso (60,19%), Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou (0,25%), André Okombi Salissa (4,12%), Claudine Munari Mabondzo (1,54%), Michel Mboussi-Ngouari (0,24%), Anguios Nganguia-Engambé (0,21%), Pascal Tsaty-Mabiala (4,67%,), Jean-Marie Michel Mokoko (13,74%)et Guy Brice Parfait Kolélas (15,04%.)
Les candidats André Okombi Salissa, Jean-Marie Michel Mokoko et Claudine Munari Mabondzo, contestent les résultats de la présidentielle.
Enfin, en 2021, ils étaient sept candidats: Denis Sassou-Nguesso (89,40%), Guy Brice Parfait Kolélas (7,96%), Mathias Dzon (1,92%,) Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou (0,62%) , Dave Mafoula (0,52), Albert Gniangué (0,40%) et Anguios Nganguia-Engambé (0,18%).
Avant la validation des résultats provisoires de l’élection par la Cour constitutionnelle, l’opposant Mathias Dzon, 73 ans, les avait déjà contestés. Il s’est dit surpris par la vitesse avec laquelle ces résultats ont été compilés et a introduit un recours pour obtenir leur annulation. Il dénonce un scrutin «calamiteux». Dans l’organisation du vote. «C’est pas en un jour qu’on peut compiler /es résultats venus de tout le Congo, et c’est pas de cette façon qu’on peut /es donner. Il y a quelque chose qui étonne: dans la plupart des résultats, on suit l’ordre de présentation des candidats sur le bulletin de vote. Donc, c’est quelque chose de préconçu», a-t-il déclaré.
Il a aussi contesté les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle.
Pour Jean-Jacques Yhombi-Opango, allié de feu Guy-Brice Parfait Kolélas, la rapidité avec laquelle ces résultats ont été annoncés est douteuse. Il avait introduit un recours aux fins d’annulation et du report du scrutin.
A la lumière de toutes ces échéances, il y a lieu d’affirmer que les élections au Congo sont toujours source de contestation. L’opposition exige toujours du pouvoir la gouvernance électorale, la maîtrise du corps électoral, la carte biométrique, l’indépendance de la CNEI et un vrai dialogue politique.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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Heure de Brazzaville

17 mai 2021 11 h 08 min

Editorial

Nouveau

Les Congolais ont glosé sur le temps anormalement long depuis la prestation de serment du Président de la République. Sa victoire à l’élection du 21 mars a donné l’impression de choses rondement menées. Une campagne tambour battant, une élection paisible pour une affluence qui peine à convaincre, et un dépouillement rapide dans un pays où Internet avait été coupé…

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