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Disparition : François Itoua, un pionnier du journalisme

Disparition : François Itoua, un pionnier  du journalisme

Le monde de la communication a eu la tristesse de voir disparaitre un des siens. François Itoua, dit Franco, l’un des tout premiers journalistes congolais avec, entre autres, Jean Malonga. Sa mort, le mercredi 13 janvier dernier à son domicile, à Brazzaville, à 89 ans, sonne la disparition d’un «grand monsieur» du micro et de la plume.

Le défunt a marqué de «son empreinte le paysage médiatique congolais et au-delà», témoignent, d’emblée, ceux qui l’ont connu. «C’est un pionnier de la presse qui s’effondre», renchérissent-ils. Mais qui était François Itoua?
C’est un enfant de la citadelle Saint Benoît de Boundji, où il naît le 1er janvier 1932, fait ses études primaires et obtient son CEPE à l’école catholique. Il poursuit ses études secondaires à Brazzaville. Dans la capitale, il s’intéresse très tôt aux métiers de la communication.
François Itoua commence à travailler à Radio Inter-Equatoriale dans les années 1950, en plus d’exercer dans la presse écrite, notamment les revues Carrefour et Liaison, puis l’hebdomadaire La Semaine de l’AEF, devenue par la suite La Semaine Africaine. A l’orée de l’indépendance du pays, il bénéficie d’une formation en France, d’où il rentre pour intégrer Radio-Congo et en être le premier rédacteur-en-chef au début des années 1960. Par la suite, au début de la période dite révolutionnaire, en 1966 il quitte le pays pour Londres, en Angleterre, où il collabore à la radio BBC, pendant 3 ou 4 ans.
Quand il rentre au pays à partir de 1968, François Itoua est nommé successivement conseiller à l’information au cabinet d’Alfred Raoul, directeur du service de la presse présidentielle (de 1969 à 1970) sous le régime marxiste-léniniste de Marien Ngouabi (avec pour compagnons de route Jean Bruno Thiam et Christian Gilbert Bembet), puis directeur général de la Radiodiffusion-Télévision congolaise (RTC).
Changement de cap en 1975 : le journaliste François Itoua se retrouve dans le monde de la diplomatie, comme directeur des Organisations internationales au ministère des Affaires étrangères. Mais à partir de 1980, il renoue avec ses vieilles amours, cette fois à l’extérieur du pays. En effet, il devient secrétaire général de l’Union des radios et télévisions nationales d’afrique (URTNA), dont le siège est à Dakar (Sénégal), pendant près dix ans. Il a été aussi rédacteur en chef du magazine Famille et développement, toujours à Dakar.
Derrière le journaliste, l’homme politique et le fervent catholique
Mais ce n’est pas tout. François Itoua, est passé aussi par les bancs de l’université de Brazzaville (devenu université Marien Ngouabi) qu’il a quittée, la licence et la maîtrise en lettres en poche, fait une entrée dans le monde politique au sein du RDD (Rassemblement pour la démocratie et le développement), le parti fondé par Jacques Joachim Yhomby Opango, à la faveur de l’instauration du multipartisme à l’orée de la Conférence nationale souveraine de 1991. De 1995 à 1997, il est le tout premier maire de la commune urbaine de moyen exercice de Boudji. Il sera aussi élu sénateur du département de la Cuvette.
Fervent catholique, il a joué sa partition comme scout. En cette qualité, il a participé au Jamboree (rencontres internationales des scouts) du Canada au début des années 1960. Pour honorer sa mémoire, les scouts ont organisé, le 28 janvier, une messe de requiem à la cathédrale Sacré-Cœur. Il a eu droit aussi à des hommages nationaux au palais des Congrès pour services rendus au pays, en présence du Président de la République Denis Sassou Nguesso.
François Itoua repose depuis le dimanche 31 janvier au cimetière de Boundji, à côté de sa première épouse Monique Farbouriech, une Française, décédée en 1989 en France, dont il avait fait connaissance au Canada vers les années 60, et avec qui il a eu quatre enfants, deux filles et deux garçons. François Itoua laisse une veuve et quatre enfants.

Philippe BANZ

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Heure de Brazzaville

24 février 2021 21 h 59 min

Editorial

Un coup K.O. ?

Si les choses restent en l’état, la prochaine élection présidentielle, en mars, aura tout d’une consultation sans grand enjeu. La décision annoncée par l’UPADS, de ne présenter aucun candidat à cette échéance électorale et de n’en soutenir aucun, pourrait ôter tout son crédit à cette consultation majeure. Ce serait même pire qu’un boycott électoral. Car la plupart des grands leaders de l’opposition ont fait savoir leur refus d’aller au vote.

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