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DIOCÈSE DE DOLISIE : Les Etats généraux de l’Ecole catholique

DIOCÈSE DE DOLISIE : Les Etats généraux de l’Ecole catholique

Le diocèse de Dolisie, né du démembrement du diocèse de NKayi le 24 mai 2013, sur décision de Sa Sainteté le Pape François, a hérité, entre autres, de l’École. Sept ans plus tard, il est apparu impérieux de regrouper toutes les intelligences pour en faire l’autopsie et baliser l’avenir. Cela a été une volonté forte de son premier responsable, soutenu dans cette démarche par l’ensemble des acteurs, religieux et laïcs, œuvrant ou non au sein de l’Ecole catholique. Le thème retenu a été: «Ecole catholique de Dolisie: quel avenir?».

Les Etats généraux de l’Ecole catholique de Dolisie se sont déroulés du jeudi 30 juillet au samedi 1er août 2020 dans la salle de conférences de la cathédrale Saint Paul. Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été placées sous les auspices de Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, administrateur apostolique de Dolisie et archevêque coadjuteur de Brazzaville. Celles-ci ont été honorées par la présence des autorités départementales, préfectorales et de la C.E.EDU.C.
Ces assises, prévues initialement du 27 au 30 mars 2020, ont subi l’impact de la pandémie de la COVID-19, ce qui a entrainé leur report. Grâce à Dieu, les Etats généraux ont bel et bien eu lieu avec la participation de trente-trois (33) personnes.
Dans son mot de bienvenue et de circonscription de l’événement, le modérateur a retracé succinctement l’histoire de l’Ecole catholique de Dolisie. Il a présenté un tableau évolutif des effectifs des apprenants et du personnel enseignant dans la fourchette des années scolaires allant de 2013 à 2020. Un tableau qui a relevé une diminution des effectifs des apprenants et qui a épinglé quelques problèmes de gestion. Quand on croyait les avoir résolus, les problèmes ressurgissaient sous une autre forme, signe que ce n’était pas l’homme ou la femme qui était en question, mais la structure et l’organisation même de l’école. En effet, la jeune Ecole catholique de Dolisie souffre de difficultés dues moins aux personnes qui l’animent à tous les niveaux que davantage d’absence ou d’obsolescence des textes déterminant les cadres institutionnels, les fonctions et attributions de chacun, les droits et devoirs des uns et des autres, a-t-il conclu.
La leçon inaugurale, par M. l’abbé Philippe Mabiala, coordonnateur des Etats généraux, qui avait pour thème: «Place et ambition de l’Ecole catholique dans le système éducatif congolais». L’orateur a commencé par définir le concept Etats généraux, qui est perçu comme une assemblée qui se réunit pour débattre d’un sujet en profondeur. Il a ensuite survolé les quatre étapes par lesquelles l’école est passée: L’école traditionnelle ou empirique, qui enseignait à devenir un homme ou une femme à même de se prendre en charge; L’école coloniale, où l’élève s’efforçait à imiter son maître, être comme lui; L’école d’après les indépendances, avec un enseignement théorique, calqué sur celui de la métropole et donc coupé des réalités locales; L’école de la période post-démocratie survenue à la chute du mur de Berlin dans les années 90, avec le concept de l’Ecole Pour Tous. Quelle est la place de l’Ecole catholique dans le système éducatif actuel de notre pays? Quelle est notre ambition? Comment tourner le dos à la médiocrité pour atteindre l’excellence? Comment assumer cette mission contenue dans le triptyque «enseigner-éduquer-évangéliser»? Autant de questions que l’orateur s’est posées, avant de proposer des solutions.
L’allocution d’ouverture des travaux a été prononcée par Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, administrateur apostolique de Dolisie. L’Ecole catholique au Congo n’a pas de quoi être fière, car elle a été sérieusement déstabilisée par la cadence générale, a-t-il dit d’entrée de jeu. Notre école, qui se situe dans la perspective de l’éducation nationale, doit en même temps préserver sa spécificité ou son âme chrétienne catholique. En d’autres termes, il faut des infrastructures spéciales, des annexes et matériels particuliers et un plus dans la conception des programmes et la formation des enseignants pour atteindre l’enseignement, l’éducation et l’évangélisation.
Les chantiers ouverts par ces Etats généraux inaugurent certes des changements substantiels, mais ils dévoilent aussi deux risques, a indiqué l’évêque: Le premier, c’est celui de l’appréhension, car l’état des finances est défavorable. Considérer les besoins en matière d’éducation sans tenir compte de notre capacité de payer, contribuerait à nous enfoncer; le deuxième risque est celui de l’enlisement. Dans un débat démocratique, il peut se créer des alliances tactiques susceptibles d’engourdir un changement qualitatif.
En conclusion, l’évêque a invité l’auditoire à être vigilant sans rêver de voir toutes les solutions qui sortiraient comme par magie de ces assisses, mais en croyant humblement qu’à la fin de ce cheminement, notre Ecole aura une vue plus claire de sa situation et de sa mission qui fabrique un meilleur avenir. Comme on peut le constater, il s’est agi d’orientations claires et précises.
Conformément au calendrier de travail préétabli, les participants ont examiné et adopté dans l’ordre, les documents de travail ci-après.
Au titre de la journée du jeudi 30 juillet 2020, en matinée, un seul dossier a été examiné et adopté, celui des «Affaires administratives et juridiques ». Il s’est agi d’une batterie de textes présentés dans la matinée par M. Gabriel Makita, vice-président de la Commission diocésaine de l’Education catholique, en lieu et place de l’abbé Fidèle Sathud Bazola, empêché.
Dans l’après-midi, les représentants de la Commission épiscopale de l’Education catholique (C.E.EDU.C.) ont planché sur la nature du «Partenariat éducatif entre le Gouvernement et l’Eglise catholique qui est au Congo, selon l’optique de la Convention du 5 janvier 2000 et de l’Accord-cadre entre l’Etat du Vatican et la République du Congo, du 2 juillet 2019».
M. Raoul Sika, en charge du personnel et des affaires administratives et juridiques de la C.E.EDU.C. a présenté ces deux textes. Après avoir défini les concepts partenariat, convention et accord-cadre, l’orateur a rappelé à l’auditoire qu’il est du devoir régalien de l’Etat d’éduquer ses citoyens. Dans la situation actuelle, l’Etat ne pouvant plus gérer seul le système éducatif a eu recours aux partenaires en signant des conventions avec ceux-ci. Au nombre des conventions, figure en bonne place celle signée entre le Gouvernement de la République et l’Eglise catholique qui est au Congo, le 5 janvier 2000. A ce jour, une mutation s’est opérée avec la signature de l’Accord-cadre du 2 juillet 2019. M. Raoul Sika a informé les participants de l’avantage qu’on peut tirer de l’Accord-cadre: le règlement par voie diplomatique de tout conflit qui naitrait de l’application dudit Accord-cadre.
Avant cette intervention, la révérende sœur Agnès Clarisse Nkourissa, secrétaire générale de la CEEDUC, a remercié l’évêque d’avoir bien voulu les associer à cette grande réflexion sur l’avenir de l’Ecole catholique diocésaine.
En ce qui concerne la journée du vendredi 31 juillet 2020, deux dossiers portant sur: les infrastructures scolaires, les finances et matériel et sur la pastorale scolaire, ont été débattus.
Dans la matinée, l’abbé Misère Birangui Nzoulou, en sa qualité d’économe diocésain, a soumis à l’attention des participants une série de textes sur les modalités d’embauche du personnel de l’enseignement catholique, l’économat et le modèle économique de l’école catholique.
Le dossier sur la pastorale scolaire a été présenté par l’aumônier de l’école, l’abbé Cédric Alix Gaël Bitemo. Le fil conducteur de ce document était l’âme, la spécificité de l’Ecole catholique. A travers l’éducation catholique, notre école vise le développement intégral de l’homme et tout l’homme par la mise en exergue des valeurs humaines et chrétiennes qui prennent en compte le social, le culturel, l’éducatif et le spirituel.
Le cours de culture religieuse d’une part, l’introduction de la catéchèse préparatoire aux sacrements d’autre part, sont la spécificité de l’Ecole catholique.
Le dernier dossier intitulé: «Qualité de l’enseignement» a été examiné dans l’après-midi. M. Bonaventure Ngoma-Ibinga, directeur diocésain de l’Ecole catholique, a eu le privilège de présenter ce document. Après avoir défini les concepts, il a passé en revue les critères d’un enseignement de qualité, présenté la situation actuelle assortie d’approches de solutions. Tous les aspects de la vie de l’école ont été épinglés: les structures, les problèmes administratifs, pédagogiques, matériels, culturels, sportifs, religieux, tous les acteurs étant pris en compte.
Les débats ayant ponctué cet exposé ont permis un échange large et constructif, à même d’apporter des améliorations à notre enseignement à court, moyen et long terme. L’Ecole catholique doit rayonner et retrouver son lustre d’antan à travers les résultats aux examens d’Etat.
Au terme de trois jours d’échanges, les participants aux Etats généraux ont adopté des résolutions (voir ci-contre)regroupées en cinq rubriques, pour rendre visibles les grandes orientations qui ont été prises.

Abbé Philippe MABIALA/Coordonnateur des Etats généraux et Raoul SIKA/CEEDUC

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Heure de Brazzaville

25 septembre 2020, 04: 39

Editorial

MUTATIONS?

Ni les quatre ans passés depuis les dernières élections, ni la période de confinement que nous venons de subir ne semblent avoir prise sur nous. Oui, nous nous plaignons bien des gênes occasionnées par les masques contre la COVID-19, dénonçons l’inutilité du couvre-feu nocturne, donnant à voir l’impossibilité à maintenir une distanciation dans les marchés, les guichets et les quartiers. Mais dans la réalité, l’impact profond que nous étions en droit d’attendre d’un tel chambardement du monde a du mal à se dessiner.

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