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Crise à Congo Telecom : Les travailleurs dénoncent le bradage de leurs infrastructures, le ministre des Postes s’explique!

Crise à Congo Telecom : Les travailleurs dénoncent le bradage de leurs infrastructures, le ministre des Postes s’explique! 

Sous la présidence de Crépin Itoua Olongo, l’intersyndicale des travailleurs de Congo Telecom s’est réunie en assemblée générale jeudi 10 décembre 2020 pour exprimer son refus catégorique aux manœuvres entreprises par le ministère des Postes, des télécommunications avec le soutien du ministère de l’Economie et du portefeuille public. Ils ont octroyé un contrat de concession à la société privée dénommée Yao Corp pour exploiter la fibre optique en lieu et place de Congo Telecom. Ils ont marqué leur indignation devant Ossebi Gouevou, secrétaire général de l’intersyndicale. A l’issue de cette assemblée générale, une déclaration a été rendue publique par Edgard Kanoha, délégué du personnel. En réponse, le ministre Léon Juste Ibombo a tenu un point de presse, lundi 14 décembre pour expliquer ce contrat de concession.

Edgard Kanoha lisant la déclaration

Les travailleurs de Congo Telecom ne se laisseront pas faire, disent-ils. Ils attirent l’attention des institutions de la République sur le fait que le contrat de concession octroyé à la société privée Yao Corp est un désastre pour l’opérateur historique et pour le pays. La fibre optique et bien d’autres équipements, ont-ils dit, génèrent à Congo Telecom plus de 80% de son chiffre d’affaires actuel. «Cet acte irréfléchi et irresponsable posé par la tutelle n’est purement et simplement qu’une forfaiture qui prépare un mouroir aux travailleurs de Congo Telecom et constitue une atteinte à la fierté nationale», soutiennent-ils.
L’assemblée générale des travailleurs de Congo Telecom n’est qu’un plaidoyer vers le Chef de l’Etat et le premier ministre. Considérant la vision clairement exprimée par le Président de la République dans son programme politique «La marche vers le développement», considérant les lourds investissements consentis par l’Etat pour doter le Congo d’un opérateur national fort et compétitif; considérant le plan stratégique savamment conçu par la nouvelle direction générale de Congo Telecom; considérant les signaux positifs perceptibles par les Congolais à Congo Telecom, les travailleurs exigent le retrait pur et simple de ce contrat de dupe signé avec la société Yao Corp en toute violation des lois et règlements de la République. Ils dénoncent fermement la politique de bradage de leurs infrastructures de télécommunications, instruments de souveraineté nationale. Ils appellent la tutelle à privilégier l’intérêt national dans un sursaut patriotique. Ils défendent avec la dernière énergie et par tous les moyens légaux l’intégrité de leur outil, gage de la satisfaction des intérêts physiques et moraux. Les travailleurs exigent que toutes les infrastructures de télécommunications financées ou cofinancées par l’Etat reviennent de droit à l’opérateur public.
Le collectif des travailleurs de Congo Telecom a d’abord rappelé que depuis la guerre du 5 juin, l’ONPT fleuron de l’industrie de télécommunications au Congo est entré dans une profonde hibernation, accentuée par une réforme hasardeuse qui a eu son épilogue avec le licenciement de plus de 1200 Congolais. Les conséquences de cette tragédie sont connues: plusieurs morts parmi le personnel licencié de l’ex ONPT de 2003 à 2006; une précarité très prononcée a gagné les foyers des ex-postiers; la désintégration de l’ensemble de l’entreprise: équipements obsolètes, effondrement total des parts du marché, dont une étude de l’union internationale des télécommunications, confirmée par l’autorité de régulation du Congo, relève que Congo Telecom ne détiendrait que 1% des parts du marché.

Les syndicalistes empêchant le directeur général d’accéder dans les locaux…

C’est alors que le président de la République va mettre sur pied le projet salvateur dénommé Projet de couverture nationale en télécommunications (PCN), dont l’objectif est de doter le Congo d’infrastructures à la pointe de la technologie. Ceci donnerait des marges de manœuvre à l’opérateur historique afin qu’il reprenne sa place dans le secteur dynamique et très concurrentiel des télécommunications.
Le ministre Léon Juste Ibombo, des Postes, des télécommunications devait s’entretenir lundi 14 décembre 2020 avec les travailleurs de Congo Telecom. Mais dans un élan de colère, ceux-ci ont empêché le ministre, le directeur général et les directeurs centraux de tenir leur réunion d’explication. Avec insistance, ils demandent au ministre d’arrêter de brader leur outil de travail. «Si le ministre et notre administration veulent venir s’entretenir avec nous; nous voulons que ce fameux contrat de concession signé par le ministre Léon Juste Ibombo en complicité avec le ministre Gilbert Ondongo soit retiré. Si ce contrat n’est pas retiré, nous n’allons recevoir aucune administration», a soutenu Emmanuel Bauzhyn, assistant manager qualité de service (Qos) à la direction technique de Congo Telecom.
Dans cette confusion, le ministre Léon Juste Ibombo a tenu son point de presse pour apporter l’éclairage sur le contrat de concession. Dans le cadre de la construction du boulevard énergétique, une forte ambition du président de la République, a-t-il dit, il a été adossé sur le réseau E2C ex SNE un câble de garde en fibre optique de 24 bruns et les travaux de cette infrastructure ont pris fin en 2011 et depuis 2012, une seule partie de ce réseau est exploité pour de si lourds investissements consentis par l’Etat. Congo Telecom utilise 4 bruns de ce réseau sur 24. Suite à une étude en 2015 par l’ancienne direction de la société SNE, il a été conclu sa mise en exploitation par les opérateurs privés. Aussi plusieurs opérateurs privés avaient-ils manifesté leur désir de gérer cette infrastructure, d’où la démarche du Gouvernement à travers un partenariat public-privé de concéder ce réseau pour maximiser les investissements de l’Etat, mais aussi pour que cette infrastructure ne tombe pas dans une obsolescence et booster le secteur de l’économie numérique.

… et manifestant leur mécontentement

«Le Gouvernement, lors de nos différentes négociations, a pris le soin de dédier 8 bruns de ce réseau. Cette concession n’entrave nullement et en rien l’évolution de Congo Telecom. On a libéralisé le secteur des télécommunications dans notre pays. Il n’y a plus de monopole, l’ex ONPT n’existe plus. Si Congo Télécom se sent lésé, c’est à lui de saisir le régulateur. Ce n’est pas le Projet de couverture nationale en télécommunications (PCN) qui a été concédé à un opérateur privé. C’est un câble de garde qui est sur le réseau de très haute tension (THT) de E2C qui est sous-exploité et ne rapporte pas de l’argent dans les caisses de l’Etat», a-t-il indiqué.
Le ministre déplore l’agitation des travailleurs: une instrumentalisation, une intoxication et une désinformation, selon lui. «Nous avons concédé à un jeune opérateur congolais qui assure la maintenance et l’exploitation de ce réseau qui est fonctionnel. C’est le ministre d’Etat qui nous a instruit de laisser ce jeune opérateur travailler», a-t-il indiqué.
Mais les arguments du ministre n’ont pas de prise sur les travailleurs déterminés à sauver leur outil de fierté nationale.

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Heure de Brazzaville

22 janvier 2021 14 h 13 min

Editorial

Des élections en Afrique Centrale

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