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Clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : Mgr Anatole Milandou a invité les chrétiens à préserver l’environnement 

Clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : Mgr Anatole Milandou a invité les chrétiens à préserver l’environnement 

La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui a coïncidé avec le lancement cette année du jubilé d’or du Mouvement œcuménique congolais s’est déroulée du 16 au 25 janvier 2020 dans la ville de Brazzaville, les zones périphériques et sur toute l’étendue du territoire national sur le thème: «Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire» (Actes 28: 2). Le culte d’ouverture consacré aux ouvriers apostoliques a eu lieu le jeudi 16 janvier en la cathédrale Sacré-Cœur.

Il a été présidé par Mgr Panteleimon Arathymos, archevêque orthodoxe métropolitain du Congo Brazzaville et Gabon, président sortant du Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes du Congo. A cette occasion, Mgr Panteleimon Arathymos a passé le témoin à Mgr Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville, président entrant du Conseil œcuménique.

Pendant une semaine, les fidèles chrétiens des Eglises membres du Conseil œcuménique se sont mobilisés dans les différents secteurs pour des cultes d’ensemble. Le programme de la Semaine de prière prévoyait des cultes pour les mamans le vendredi 17 et pour les jeunes le samedi 18 janvier.
Le clou des activités a été marqué par le culte de clôture à la Basilique Sainte-Anne du Congo samedi 25 janvier 2020, placé sous la direction de Mgr Anatole Milandou. Tous les responsables des Eglises membres du Conseil œcuménique étaient présents à ce culte: Mgr Panteleimon Arathymos; colonel Eugène Bamanabio, chef de territoire de l’Armée du Salut du Congo Brazzaville et Gabon; pasteur Edouard Moukala, président de l’Eglise évangélique du Congo; pasteur Albert Koutia, président de l’Eglise évangélique luthérienne au Congo. Sous l’animation de la chorale œcuménique, la fanfare évangélique, le groupe Sila Nlenvo et le Kilombo centre de Potopoto. Etait présent aussi, Mgr Yves Marie Monot, évêque de Ouesso, l’un des anciens du Conseil œcuménique.
Cette semaine de prière universelle qui s’est déroulée du 20 au 24 janvier dans tous les secteurs et zones périphériques a coïncidé avec le lancement officiel des festivités du jubilé d’or cette année du Mouvement œcuménique congolais dont la clôture interviendra au mois de juillet prochain.
A cette occasion, Mgr Anatole Milandou, président en exercice du Conseil œcuménique s’est adressé à la chrétienté dans un message ainsi libellé: «Nous voici réunis pour la clôture de cette semaine où, comme chaque année, nous avons prié pour l’unité des chrétiens. En ce dernier jour, nous voulons proclamer de façon solennelle aux yeux du monde, que ce que nous avons en commun, la croyance en un Dieu Trinitaire, est plus fort que nos manières différentes de confesser et de célébrer cette même foi chrétienne. Commençons par dire toute notre gratitude à Dieu qui nous a gardés et accompagnés dans nos différentes paroisses et postes où nous nous sommes retrouvés, du 17 au 24 janvier 2020, pour célébrer notre joie et notre bonheur de croire au Christ Jésus, la joie et le bonheur de prier de bouche et de cœur. Le thème de cette année, extrait du livre des Actes des Apôtres 28, 2: «Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire», évoque l’histoire de l’Apôtre Paul et de ses compagnons, qui avaient fait naufrage sur les côtes de l’Ile de Malte, mais que le Seigneur avait préservés du péril, avant d’être accueillis par les populations locales. Ce thème a été justement préparé et proposé par les Eglises chrétiennes de Malte et de Gozo, deux des iles qui forment le petit Etat de Malte, au sud de l’Europe. Chaque année, au mois de février, les chrétiens Maltais se souviennent de l’arrivée de la foi chrétienne chez eux. Selon la tradition, en effet, Saint Paul, l’Apôtre des Gentils, aurait accosté à Malte vers l’an 60 après Jésus Christ. Situé à mi-chemin entre la pointe sud de la Sicile et l’Afrique du Nord, ce territoire est une sorte de nouvelle Galilée, véritable carrefour des civilisations, des religions, du commerce et des migrations. Pas étonnant donc si ses habitants, les Maltais, sont connus pour être des gens ouverts aux autres et particulièrement accueillants. Leur hospitalité et leur attitude d’ouverture les ont prédisposés en quelque sorte à apprécier les richesses propres à chacune de leurs Eglises, membres du Mouvement œcuménique. C’est en nous inspirant de leur exemple que nos prières, et nos réflexions cette année ont été centrées sur l’hospitalité et la tolérance. Y aurait-il eu, en effet, un meilleur thème que celui-là pour nous introduire et nous accompagner tout au long de cette année où nous voulons commémorer le jubilé d’or de l’œcuménisme dans notre pays? Une meilleure thématique pour nous aider à tourner définitivement le dos à nos turpitudes réciproques, à cette cargaison de défiances mutuelles, d’amertumes et de suspicions accumulées au long des siècles, pour rendre grâce au Seigneur de la croissance du Mouvement œcuménique congolais?
Au cours de cette année jubilaire, nous voulons cultiver les vertus de tolérance, de pardon mutuel, de réconciliation et de l’acceptation de l’autre, afin que jamais plus notre passé ne fasse obstacle à notre désir de rapprochement. Telle est aussi la volonté du Seigneur qui a souhaité que nous soyons «Un» comme Lui-même est «Un» avec son Père et Notre Père. Cette année doit aussi être l’occasion de redonner vigueur et ferveur à tous ceux et celles qui semblent découragés devant la lenteur, voire l’apparente absence de progrès vers l’unité, à tous ceux et celles d’entre nous qui ont abandonné tout effort, parce qu’ils voient cette unité comme un idéal illusoire hors d’atteinte. Il nous faut redonner confiance à ceux qui ne considèrent même plus l’unité comme une exigence de leur foi chrétienne! Nous voulons implorer le don de l’unité avec une foi ferme, une patience constante et une espérance inlassable, confiants dans la providence aimante de Dieu. Alors que la tempête faisait rage sur la mer, les encouragements et l’espérance de Paul étaient en contraste avec la peur et le désespoir de ses compagnons de traversée. Disciples du Christ à la suite de Paul, nous sommes appelés à notre tour à être un signe d’espérance en contradiction avec le désespoir ambiant. Dans notre monde déchiré par l’anxiété et l’incertitude du lendemain, nous sommes appelés à être des témoins de l’espérance, confiants dans la providence aimante de Dieu. L’expérience de tant de chrétiens qui nous ont précédés nous montre, en effet, que Dieu écrit droit sur des lignes courbes, et que l’homme continue à compter sur lui, espérer contre toute espérance, parce que la fidélité de Dieu envers nous dure de toujours à toujours. En invitant ses compagnons dans la tempête à prendre de la nourriture, Paul les exhortait à reprendre des forces en vue des épreuves plus grandes encore qui les attendaient. Ce repas, ce pain de la route, provoqua un changement d’attitude parmi les passagers du bateau, qui cessèrent de désespérer et reprirent courage. Oui, la fraction du pain est au cœur de la vie et de la prière de la communauté chrétienne depuis les origines. C’est pourquoi nous aspirons nous aussi à voir le jour où tous les chrétiens partageront le repas du Seigneur à la même table, rompant le même pain et buvant à la même coupe. Après les angoisses et les conflits de la tempête en mer, les soins attentionnés des habitants de Malte apparurent à ces naufrages comme un témoignage d’attention peu ordinaire, qui mit en lumière l’humanité commune, des rescapés et des accueillants. Au demeurant, l’Evangile ne nous enseigne-t-il pas qu’en prenant soin de ceux qui sont dans la détresse, c’est de l’amour de Christ lui-même dont nous témoignons (Matthieu 25, 40)? Et qu’en nous montrant prévenants envers les plus faibles et les plus démunis, nous accordons notre cœur à celui de Dieu, en qui les pauvres ont une place de choix? Par conséquent, en accueillant les étrangers, issus d’une autre culture, d’une autre religion, migrants ou réfugiés, n’est-ce pas aimer le Christ et aimer comme Dieu aime? Nous sommes donc appelés à revoir la manière dont nous percevons les autres traditions et cultures. Cela passe par une conversion permanente de nos Eglises au Christ, pour qu’elles apprennent à ne plus voir l’autre comme une menace. Alors notre vision négative de l’autre se dissipera et nous progresserons vers l’unité véritable. On peut donc dire qu’avec la célébration de la Semaine de prière universelle pour l’unité des chrétiens de cette année, Dieu nous invite à faire preuve d’humanité en prenant l’exemple des habitants de Malte. Au regard de l’actualité nationale, ce thème répond bien aux besoins actuels de notre pays dont les populations sont victimes des érosions, des inondations, des effondrements de terrains et forcées à quitter leur domicile, qui font appel à notre sens de l’humanité et donc à notre devoir de solidarité avec ceux qui sont dans la détresse. Mais ces catastrophes naturelles provoquées par les changements climatiques doivent aussi nous interpeller sur notre responsabilité vis-à-vis de l’environnement et du respect de nos écosystèmes.
Nous exhortons donc les chrétiens à adhérer à toutes les initiatives visant à protéger l’environnement de la pollution et à rompre avec les habitudes et pratiques coupables qui concourent à la destruction de l’environnement. Réunis en œcuménisme, notre foi de chrétiens congolais doit être profondément ancrée dans la culture de générosité et de compassion pour les autres, pour ceux qui sont en détresse, en particulier les pauvres. Alors que nous ouvrons l’année du cinquantenaire de notre Mouvement œcuménique au Congo, nous sommes invités à comprendre que nous ne pouvons pas affronter seuls les tempêtes de la vie si nous sommes divisés. Le bateau avance vite quand tous rament ensemble. Face aux difficultés communes que connaissent nos populations urbaines et rurales, et donc aussi les membres de nos différentes Eglises, reconnaissons notre besoin de ramer ensemble, d’unir nos efforts.
Prions donc pour que Dieu très bon et compatissant guérisse les souvenirs douloureux du passé qui ont blessé nos Eglises et continuent de nous tenir séparés. Qu’il nous apprenne à suivre les pas du Christ et de son serviteur Paul, l’Apôtre des gentils, qui a redonné courage à ses compagnons. Que Dieu ouvre nos yeux pour que nous puissions voir, à l’instar des Maltais, tous ces périls qui affectent la création de Dieu, et que nos mains comme les leurs soient promptes à aider pour partager avec équité les fruits de la terre dans un esprit de solidarité et d’humanité peu ordinaires. Tout en vous souhaitant un bon retour dans vos familles respectives, nous formons en votre endroit les vœux de santé, de bonheur, de prospérité, de paix et pleins de bénédictions pour cette année 2020. Puisse l’œcuménisme de la prière si populaire chez nous, nous conduire à porter ensemble le témoignage du Christ Sauveur. Puisse l’œcuménisme devenir dans notre pays le ferment de notre devise nationale qui n’est autre que: Unité, travail, progrès. Qui d’autres que les chrétiens doivent faire l’unité des Congolais si nous, membres du Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes du Congo, devions échouer sur la mer de nos tempêtes de la division et de la haine? Que le Seigneur bénisse le Mouvement œcuménique au Congo. Qu’il bénisse le jubilé des cinquante ans de l’œcuménisme dans notre pays. Et puisse Dieu bénir et unir notre pays».

Pour l’Eglise Catholique
+Mgr Anatole MILANDOU, Archevêque Métropolitain
de Brazzaville, président
du Conseil

Pour l’Eglise Orthodoxe
+ Mgr Panteleimon
Arathymos,
Archevêque Métropolitain
du Congo-Brazzaville et Gabon

Pour l’Eglise Evangélique
du Congo
Pasteur Edouard MOUKALA,
président

Pour l’Eglise Evangélique Luthérienne au Congo
Pasteur Albert KOUTIA, président

Pour l’Armée du Salut
Colonel Eugène
BAMANABIO,
chef de territoire du Congo
Brazzaville et Gabon

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Heure de Brazzaville

29 septembre 2020, 17: 43

Editorial

UNE PRESSE LIBRE ?

A l’approche des échéances électorales, nous avons été rappelés à l’ordre : que les médias ne servent pas de porte-voix aux ambitions de haine et aux antagonismes des partis politiques. Le Conseil supérieur de la liberté de communication de qui émane ce rappel semble sincère. Son interpellation semble partir du désir de bien faire. Dans la salle où il avait réuni les journalistes mardi dernier, aucun confrère n’a voulu poser de question à la fin de l’exposé.

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